Les répercussions se poursuivent suite à l’enquête sur les allégations de racisme et de profilage discriminatoire commises par des agents du Service de police de Montréal (SPVM) dans l’arrondissement de Montréal-Nord.
Lundi, la Coalition rouge a organisé une assemblée publique afin de donner la parole aux personnes ayant été victimes de profilage racial.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’un après l’autre, des hommes ont partagé leurs expériences personnelles, ainsi que leurs craintes et leurs frustrations.
Cette initiative survient alors qu’une douzaine d’agents de Montréal-Nord font l’objet d’une enquête pour des actes présumés de racisme, notamment des allégations selon lesquelles certains d’entre eux auraient coupé ou arraché les tresses des personnes interpellées afin de les conserver comme trophées.
Le fondateur de la Coalition rouge, Joel Debellefeuille, a notamment remporté une bataille juridique de huit ans contre la police de Longueuil (SPAL), sur la Rive-Sud de Montréal, après que des agents l’aient suivi, lui et sa conjointe, alors qu’ils déposaient leur enfant à la garderie.
«Les gens, le public, les élus et les forces de l’ordre [doivent] prendre conscience de ce qui se passe et pourront peut-être éprouver de la sympathie pour certaines de ces victimes», a-t-il déclaré.
M. DeBellefeuille estime qu’il est important que les victimes de profilage racial racontent leur histoire – et nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que ces problèmes dépassent largement les limites du Grand Montréal.
Turell Daye a déclaré à CTV News qu’il attendait toujours que justice soit faite après avoir affirmé avoir été pris à partie par plusieurs policiers à Longueuil alors qu’il se rendait à pied chez un ami.
«Les policiers m’ont saisi et m’ont plaqué contre la voiture de police. Ils ne m’ont jamais dit pourquoi ils m’avaient interpellé», a-t-il déclaré. «Ils ne m’ont jamais lu mes droits.»


Kenrick McRae affirme également avoir été interpellé par la police à des dizaines de reprises dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.
Il affirme avoir remporté toutes ses affaires devant les tribunaux et la Commission des droits de la personne, mais ajoute qu’il ne comprend pas pourquoi la police n’ouvre pas d’enquête sur les agissements observés dans son quartier.
«Je gagne ces causes, et ça fait la une des médias, vous savez, mais ils n’ont pas jugé urgent d’enquêter sur les policiers du poste 9», a-t-il déclaré.
La Coalition rouge a déposé des plaintes auprès des commissions de déontologie policière et des droits de la personne concernant le poste 39 de Montréal-Nord.
Elle affirme avoir également déposé une plainte auprès de l’ombudsman provincial, l’invitant à enquêter sur le racisme systémique au sein de l’ensemble du corps policier.

