La hausse du taux directeur décidée mercredi par la Banque du Canada devrait se traduire par une augmentation des coûts d’emprunt pour les acheteurs de propriétés. Cette pression risque de s’ajouter à un secteur immobilier déjà confronté à la hausse des prix des matériaux de construction.
Le dernier rapport de politique monétaire de la banque centrale indique que l’inflation dans le secteur du logement devrait passer d’un peu plus de 1% à la fin de 2026 à environ 2% l’année prochaine, et se maintenir à ce niveau en 2028.
La Banque du Canada a relevé son taux directeur d’un quart de point, le portant à 2,5%, ce qui constitue la première hausse depuis plus de trois ans, tout en avertissant que l’inflation alimentée par la guerre au Moyen-Orient risquait de s’étendre.
Dans sa décision, la banque centrale a brossé un tableau plus modéré des perspectives du marché immobilier, car les contraintes liées à l’abordabilité, le ralentissement de la croissance démographique et la hausse des coûts d’emprunt — alimentée en partie par la hausse des taux de la Banque du Canada elle-même — devraient tous peser sur l’achat de propriétés et la construction au cours des prochaines années.
Phil Soper, président et chef de la direction de l’agence immobilière Royal LePage, estime que la grande question pour le secteur est de savoir si la mesure prise par la banque centrale constitue un ajustement ponctuel ou le début d’un cycle de resserrement durable.
Il ajoute que «la faiblesse prolongée du secteur pèse déjà sur la croissance économique, et la hausse des coûts d’emprunt ne fera qu’aggraver ce problème».

