Un ralentissement de la croissance démographique et une augmentation de l’offre de logements à Montréal pourraient faire grimper le taux d’inoccupation à 4,8 % d’ici 2028, selon de nouvelles données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
Ce taux s’établit actuellement à 3,1 %, soit le seuil d’équilibre théorique.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Francis Cortellino, économiste à la SCHL, a expliqué que la région du Grand Montréal devrait connaître une croissance démographique nulle au cours des deux prochaines années en raison d’une réduction importante de l’immigration internationale, ce qui ralentira la demande locative.
Cette situation, combinée à la construction de près de 30 000 logements locatifs actuellement en cours et dont la mise sur le marché est prévue au cours des deux prochaines années, pourrait donner davantage de pouvoir à certains locataires sur le marché des logements neufs, ce qui entraînerait un ralentissement de la hausse des loyers.
«On va voir apparaître de nombreuses mesures incitatives pour tenter d’attirer des locataires. Vous n’aurez donc pas à payer un, deux ou trois mois de loyer», a dit M. Cortellino lors d’une entrevue.
«Espérons que, si la croissance des revenus dépasse celle des loyers, l’accessibilité au logement cessera de se détériorer et pourrait même s’améliorer légèrement au cours des prochaines années.»
— Francis Cortellino, économiste à la SCHL
Toutefois, l’accessibilité financière restera probablement un enjeu, surtout pour les locataires à faible revenu, en raison des hausses substantielles des loyers et des faibles taux d’inoccupation observés au cours des dernières années.
M. Cortellino a ajouté qu’un taux d’inoccupation équilibré ne signifie pas pour autant que le marché devienne soudainement abordable.
«Nous constatons toujours que le taux d’inoccupation est assez faible dans la tranche la plus basse, disons en dessous de 800 $ par mois», a-t-il précisé.
«Cependant, nous avons constaté l’année dernière que le taux d’inoccupation avait légèrement augmenté. Ainsi, l’année dernière, le taux d’inoccupation pour les loyers les plus bas était peut-être de 1,5 %. C’est encore assez faible, mais l’année précédente, il était proche de zéro pour cent.»
Pour contribuer réellement à atténuer la crise du logement actuelle, il faut construire davantage de logements abordables, selon l’économiste.
«Il faut également diversifier l’offre de logements mis sur le marché. Nous savons tous qu’il y a des personnes à faible revenu qui ne sont pas en mesure d’acheter ou de louer ces logements coûteux qui sont en cours de construction. Mais si l’on peut proposer des logements plus abordables pour ces personnes, ainsi que des logements destinés à celles qui ont les moyens d’accéder à ces logements coûteux, si l’on augmente l’offre pour différents types de ménages, cela profitera à tout le monde en fin de compte», a mentionné M. Cortellino.

