Si l’on demande aux Canadiens qui font le plein de leur voiture en quoi la suspension de la taxe d’accise par le gouvernement fédéral les a aidés à la pompe, une réponse revient souvent : «Quel allègement fiscal?»
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Pourtant, un coup d’œil aux chiffres montre que, alors que les prix continuent d’augmenter partout dans le monde, cette suspension temporaire a permis de réduire les coûts, d’au moins quelques centimes par litre.
Phil Gingues, de Sherbrooke, au Québec, se trouvait dans la région de Montréal lorsque la jauge de son camionnette a indiqué que le réservoir était vide.
«Bon, ça va me coûter 200 $», a-t-il dit en regardant les chiffres grimper à la pompe.
«Je m’y suis habitué à ce stade.»
— Phil Gingues,
Lorsqu’on lui a demandé en quoi, selon lui, l’exonération fiscale, entrée en vigueur le 20 avril, aidait, M. Gingues a répondu: «Il est censé y avoir un congé fiscal?»
Le 14 avril, le premier ministre Mark Carney a dévoilé le plan visant à suspendre la taxe sur l’essence et le diesel, ce qui, selon le gouvernement, devrait permettre aux Canadiens d’économiser environ 10 cents par litre sur l’essence ordinaire.
Ce jour-là, le prix moyen de l’essence au Canada était de 176,2 cents le litre. Lorsque la suspension de la taxe est entrée en vigueur le 20 avril, le prix était de 169 cents le litre. Un jour plus tard, le prix a atteint son niveau le plus bas à la pompe ce mois-ci, soit 164,2 cents le litre.
Mais mardi, la moyenne nationale était remontée à 175 cents le litre.
Moyenne nationale du prix de l’essence
14 avril : 176 cents le litre
20 avril : 169 cents le litre
21 avril : 164 cents le litre
28 avril : 175 cents le litre
Les prix du pétrole ont augmenté régulièrement au cours de la semaine dernière, annulant les économies réalisées grâce à la suspension de la taxe, alors que les négociations sur la réouverture du détroit d’Ormuz sont dans l’impasse.
De l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, les Américains paient actuellement le prix le plus élevé à la pompe depuis quatre ans, soit depuis avril 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
De nombreux automobilistes affirment qu’avec la hausse générale des coûts, toute économie est la bienvenue. La réduction de la taxe est une petite aide, mais elle n’apporte qu’un maigre réconfort.
«Dix cents le litre, ce n’est pas grand-chose», a soutenu la chauffeuse de taxi Nouradina Hassan.
Mais la voie vers une baisse significative des prix n’est pas claire.
Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi qu’ils se retiraient de l’OPEP, l’organisation des pays exportateurs de pétrole, et ont exprimé leur volonté de pomper davantage de pétrole. Mais les analystes estiment qu’il est difficile pour l’instant d’évaluer ce que cela pourrait signifier pour les prix. Gitane De Silva, ancienne PDG de l’Office de régulation de l’énergie du Canada, affirme qu’il faudra du temps avant que cette décision n’ait un impact.
«Il s’agit simplement d’une décision de se retirer d’une organisation qui fixe des quotas», a dit Mme De Silva. «Les Émirats arabes unis veulent augmenter leur production, mais cela va prendre du temps. Bien sûr, accéder au marché reste un véritable défi en raison du blocus du détroit d’Ormuz. La volatilité et, malheureusement, le niveau élevé des prix vont donc perdurer pendant un certain temps.»

