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Interdire la vente de cigarettes et de tabac: Ottawa contemple l’idée

«Je me penche sur la question en ce moment même», dit la ministre de la Santé.

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Cigarette (Grafvision/Banque d'images Envato)

La ministre fédérale de la Santé a indiqué qu’elle étudiait la possibilité d’adopter une loi qui interdirait définitivement la vente de produits du tabac à toute personne née après 2008.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

S’exprimant mardi sur la Colline du Parlement, Marjorie Michel a été interrogée sur la question de savoir si le Canada envisagerait une législation similaire au projet de loi récemment proposé au Royaume-Uni, qui vise à réduire la consommation de cigarettes et de cigarettes électroniques chez les jeunes.

«Je me penche sur la question en ce moment même», a-t-elle déclaré aux journalistes.

«Nous avons vu ce que le Royaume-Uni a fait, mais pour l’instant, j’étudie la question avec tous les partenaires.»

—  Marjorie Michel, ministre fédérale de la Santé

La semaine dernière, les deux chambres du Parlement britannique ont adopté ce qu’on appelle le «projet de loi sur le tabac et les vapoteuses», visant à empêcher toute personne née après le 1er janvier 2009, aujourd’hui âgée de 17 ans, de commencer à fumer. Le projet de loi doit encore recevoir la sanction royale.

Interrogé sur la question de savoir si Santé Canada avait été chargé d’étudier une interdiction à la britannique, un porte-parole du ministère a affirmé qu’il n’avait rien à ajouter à la déclaration faite à CTV News la semaine dernière.

Le 22 avril, Santé Canada a affirmé à CTV News que le gouvernement du Canada investissait 66 millions de dollars par an depuis 2018 pour aider les Canadiens à cesser de fumer et à réduire les méfaits de la dépendance à la nicotine.

Le ministère n’a pas précisé s’il envisageait sérieusement, ou avait déjà envisagé, une interdiction à vie pour les personnes âgées de 17 ans et moins.

«Le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec ses partenaires et les principaux intervenants pour protéger les Canadiens, en particulier les jeunes, contre les méfaits du tabagisme en s’appuyant sur les meilleures données et preuves disponibles», a écrit Mark Johnson, porte-parole de Santé Canada.

Le Canada s’est fixé pour objectif de réduire la consommation de tabac à moins de 5 % d’ici 2035. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2024 estime que 11 % des Canadiens âgés de 18 ans et plus ont déclaré fumer.

En ce qui concerne la vapotage, les données de Statistique Canada suggèrent qu’un Canadien sur dix âgé de 20 à 24 ans, et un sur 50 âgé de 25 ans et plus, utilise une cigarette électronique tous les jours.

Une étude publiée sur le site Web du gouvernement du Canada, qui visait à évaluer les répercussions potentielles d’une «génération sans tabac» (GST), avec une interdiction permanente de la vente de cigarettes à toute personne née après 2009, a révélé qu’après 50 ans, cette politique entraînerait une réduction de 2,3 milliards de dollars des coûts de soins de santé.

Selon le rapport, cette politique permettrait également de gagner près de 480 000 années de vie ajustées en fonction de la qualité, une mesure utilisée en économie pour quantifier les bénéfices des traitements médicaux.

«La mise en œuvre d’une PGST procurera des avantages considérables pour la santé de la population canadienne. Bien que les économies réalisées sur les coûts des soins de santé soient inférieures à la combinaison des pertes de recettes fiscales et de la baisse du PIB généré par l’industrie canadienne du tabac, la valeur des avantages pour la santé l’emporte sur les effets négatifs», conclut le rapport.

Le ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, a indiqué mardi aux journalistes qu’il n’avait pas discuté avec le ministre de la Santé d’une quelconque interdiction des produits du tabac pour les jeunes.

«Je pense évidemment qu’il est extrêmement important de faire tout ce que nous pouvons pour réduire la consommation de produits du tabac chez les jeunes», a dit M. Fraser.

Il a soutenu qu’il comptait s’entretenir avec Mme Michel, son collègue à la Chambre des communes, plus tard dans la journée de mardi.

«J’ai une opinion personnelle à ce sujet, mais je n’ai pas été officiellement impliqué dans le processus d’élaboration de la politique», a ajouté le ministre.

Correction

Note de la rédaction: La version initiale de cet article titrait qu'une loi est à l'étude. Or, le gouvernement fédéral étudie la question, mais aucun projet de loi n'est sur la table.