De plus en plus d’Américains en ont assez et «cherchent refuge» au Canada depuis le début de 2026. En raison de l’incertitude actuelle aux États-Unis, un nombre croissant de résidents du pays de l’Oncle Sam envisageraient d’acheter une propriété au nord de la frontière.
C’est du moins ce que constate Royal LePage. Dans un rapport publié mercredi, l’entreprise immobilière dit avoir enregistré «des pics de plus en plus marqués» de visiteurs provenant des États-Unis lors du premier semestre de 2026. Les visites augmentent lors de périodes «de grande incertitude économique et géopolitique», écrit la firme immobilière.
On a d’ailleurs constaté un record de visites lors de la semaine du 5 au 11 avril. «Cette tendance à la hausse coïncide avec l’intensification des tensions géopolitiques liées au conflit avec l’Iran», indique-t-on.
Des événements qui ont un impact
Le 7 avril 2026, le président américain Donald Trump avait notamment donné un ultimatum à l’Iran, promettant de détruire le pays si la République islamique ne procédait pas à la réouverture du détroit d’Ormuz.
«Au cours de cette semaine, le trafic en provenance des États-Unis vers royallepage.ca a bondi de 125% par rapport à la semaine précédente, soit une augmentation de 233% par rapport à la même période en 2025», souligne Royal LePage.
On mentionne que la hausse record du trafic en provenance des États-Unis a commencé à compter de la semaine du 11 janvier, à la suite du décès de Renée Good, cette dame du Minnesota abattue par un agent de la police de l’immigration américaine (ICE).
«Au cours de cette période, le trafic vers royallepage.ca a augmenté de 78 % par rapport à la semaine précédente et de 65 % par rapport à la même période de l’année précédente.»
Et lors de la semaine du 26 avril 2026, on a rapporté une hausse du trafic de 542% par rapport à l’année précédente. Au même moment, la Cour d’appel venait de suspendre l’accès à la pilule abortive mifépristone par voie postale pour l’ensemble des États-Unis.
«Les pics de trafic en provenance des États-Unis vers le site royallepage.ca ont déjà coïncidé avec des événements politiques majeurs aux États-Unis, et ce depuis le début du premier mandat de Trump en 2017», rappelle l’entreprise immobilière par voie de communiqué.
En 2024, l’entreprise avait également rapporté que le trafic avait bondi à la suite du premier débat présidentiel entre le président sortant Joe Biden et le candidat républicain présumé Donald Trump, «puis à nouveau immédiatement après la réélection de Trump plus tard dans l’année».
Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage mentionne que ces données parlent beaucoup.
«Dans des périodes comme celles-ci, on constate souvent que les Américains envisagent à nouveau de s’installer au Canada afin de prendre leurs distances par rapport aux turbulences qui agitent la politique et la vie publique américaines», a déclaré M. Soper. «Nous avons observé des tendances similaires à l’approche de l’élection présidentielle de 2024, puis à nouveau au lendemain de celle-ci.»
Noovo Info a d’ailleurs rencontré une Américaine vivant au Québec depuis 2019.
«Les choses se sont empirées dans le pays, c’est aussi pourquoi j’ai décidé de venir ici», a confié Brielle Dos Santos.
Elle tente par ailleurs de convaincre sa famille de la rejoindre.

Plus facile d’obtenir la citoyenneté canadienne
Et depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi le 15 décembre 2025, les avocats spécialisés en droit de l’immigration aux États-Unis et au Canada affirment être submergés par les clients qui sollicitent leur aide pour déposer des demandes de preuve de citoyenneté.
«À l’instar des citoyens britanniques qui ont cherché à obtenir un passeport irlandais lors du Brexit, des milliers d’Américains ayant des liens familiaux au Canada envisagent de plus en plus la double nationalité comme une forme de planification d’urgence à long terme face à l’incertitude politique et économique croissante aux États-Unis», conclut Royal LePage.

