Un Canadien au centre d’une affaire de meurtre mystérieux au Mexique fait sa première déclaration publique au sujet du meurtre de sa copine de 23 ans.
Kiara Agnew a été battue à mort dans un hôtel cinq étoiles à Playa del Carmen, au Mexique, le 3 mars 2023.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News. Voici la deuxième partie d’une série en trois volets consacrée à l’enquête sur le meurtre de Kiara Agnew.
Son copain, Ryan Friesen, a été retrouvé endormi à côté de son corps dans la buanderie de l’hôtel, les poings, les pieds et le visage tuméfiés et couverts de sang.
Ryan a été accusé du meurtre de Kiara et déclaré non coupable en septembre 2024 après un procès sans jury au Mexique.
Au milieu des protestations à l’échelle nationale contre ce verdict, un magistrat mexicain réexamine actuellement l’affaire, et le verdict pourrait être annulé, modifié ou confirmé. Une décision est attendue d’un jour à l’autre.
Déclaration de Ryan Friesen
Au cours de l’enquête de plusieurs mois menée par W5 sur le meurtre de Kiara Agnew, Ryan Friesen a été invité à plusieurs reprises à donner sa version des faits et à fournir tout document prouvant son innocence. Ces demandes sont restées sans réponse jusqu’à il y a quatre jours.
«Les deux dernières années ont été extrêmement difficiles et éprouvantes sur le plan émotionnel, et je continue de ressentir de la douleur et une profonde tristesse pour nous tous qui avons perdu Kiara, y compris sa famille», a-t-il confié dans une déclaration à W5, transmise par l’intermédiaire de son avocat canadien.

En plus de sa déclaration, l’avocat de Ryan Friesen a fourni une copie d’un rapport montrant que son ADN n’avait pas été trouvé sous les ongles de Kiara, alors que la présence de l’ADN d’un homme inconnu avait été identifiée. Ryan et son avocat invoquent cette preuve pour démontrer son innocence.
La décision du juge mexicain s’appuyait en partie sur ce rapport d’analyse ADN.
Analyse du rapport
W5 a fait analyser le rapport par des biologistes légistes du Wyndham Forensic Group à Guelph, en Ontario.
Sur la base de ce rapport, ils ont confirmé que l’ADN de Ryan n’avait pas été retrouvé sous les ongles de Kiara Agnew et qu’un profil masculin inconnu était présent sous ses ongles.
Cependant, la présence ou l’absence d’ADN sous les ongles ne prouve ni ne réfute l’innocence, ont-ils ajouté, et il n’est pas rare que des personnes aient de l’ADN étranger sous leurs ongles, qu’elles ont potentiellement récupéré lors d’activités quotidiennes anodines.
Ils ont également précisé que si Kiara Agnew n’avait pas pu se défendre, elle n’aurait pas eu l’ADN de son agresseur sous ses ongles.
Dans sa déclaration à W5, Ryan Friesen a affirmé : «Les poursuites judiciaires engagées contre moi ont malheureusement entravé l’enquête visant à trouver les véritables auteurs du crime.»
Le récit des événements par Ryan Friesen
Le beau-père de Kiara, Ricky Matchett, a raconté une rencontre avec Ryan, son père Grant, la mère de Kiara, Michele, et sa tante Kaitlyn, à Dawson Creek, en Colombie-Britannique, l’été dernier.
«Grant et Ryan voulaient essentiellement plaider leur cause parce que tout le monde le harcelait et il voulait essentiellement nous convaincre qu’il était innocent et qu’il voulait retrouver sa vie», a raconté Ricky dans une entrevue exclusive accordée à W5.

Il a soutenu que l’avocat de Ryan, venu du Mexique, s’était rendu à la réunion et avait fourni le rapport d’ADN, affirmant qu’il s’agissait d’une preuve de son innocence.
Et, selon Ricky Matchett, Ryan Friesen a révélé ce qui, selon lui, s’était passé cette nuit-là: qu’il avait bu avec Kiara au bar de l’hôtel, qu’ils étaient retournés dans leur chambre, qu’ils s’étaient disputés et qu’il s’était endormi.
«Puis il s’est réveillé quelques heures plus tard et a dit que Kiara avait disparu... puis il a dit qu’il avait quitté la chambre d’hôtel et qu’il l’avait entendue crier», a poursuivi Ricky Matchett.
Plusieurs agresseurs
Selon le beau-père de Kiara, Ryan a affirmé avoir suivi les cris de Kiara jusqu’à la buanderie, avoir frappé à la porte verrouillée et que quelqu’un l’avait ouverte.
«Il a dit qu’elle était assise par terre... et qu’elle disait avoir été violée. Et il a dit qu’il y avait trois ou quatre personnes dans la pièce», a-t-il ajouté.
M. Matchett a demandé trois fois à Ryan comment il s’était retrouvé par terre à côté de Kiara, mais celui-ci n’a pas su répondre.
Dans sa déclaration à W5, Ryan a expliqué que plusieurs tiers étaient responsables de la mort de Kiara et qu’il existait «des preuves crédibles démontrant que ses blessures n’avaient pas pu être causées par une seule personne».

C’est un argument que le juge mexicain a accepté dans le cadre de sa décision de déclarer Ryan non coupable.
La mère de Kiara, Michele, et sa tante Kaitlyn, ont également accepté cette version des faits. Alors qu’elles pensaient auparavant que Ryan était responsable du meurtre de Kiara, sur la base des preuves ADN et de sa version des faits, elles le croient désormais innocent.
Dans sa déclaration à W5, Ryan a écrit qu’il souhaitait «remercier la mère et la tante de Kiara qui ont suivi l’affaire de près et croient en mon innocence. J’encourage tous ceux qui s’intéressent à cette affaire à écouter leur point de vue».
La pire violence jamais vue
W5 a demandé à Dave Perry, président du réseau Investigative Solutions Network et ancien enquêteur de la brigade criminelle de la police de Toronto, d’examiner les photos des blessures de Ryan et de Kiara.
«Toutes ses blessures correspondent à celles d’une personne qui a été sauvagement battue. Et ses blessures correspondent à ce type d’agression», a-t-il expliqué.
«Le niveau de violence infligé par un partenaire en colère est probablement l’un des pires que j’ai jamais vu. Et cela ne me surprend pas en termes de niveau de violence. Cela correspond en fait à de nombreux homicides domestiques que j’ai vus au fil des ans», a-t-il précisé.
Bien que M. Perry ne dispose pas du dossier complet, il dit comprendre pourquoi le verdict de non-culpabilité est actuellement en cours de révision.
«C’est ce qui me choque, qu’un juge puisse examiner toutes ces preuves et accepter le fait que deux personnes aient dû être présentes pour commettre le crime en raison du niveau de violence. Absolument pas», a-t-il affirmé.


