Yves Boutin était en train de regarder le match entre le Canada et les États-Unis pour la médaille d’or dimanche à Puerto Vallarta, au Mexique, quand tout à coup, il a vu de la fumée s’élever de la ville.
Le Québécois à la retraite s’est éloigné du match de hockey à enjeux élevés et a pris sa moto avec un ami pour aller voir ce qui se passait.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Une fois arrivé sur les lieux, il dit avoir vu plusieurs véhicules en feu et s’être arrêté pour filmer le carnage avec son téléphone portable. Il ne le savait pas à ce moment-là, mais l’armée mexicaine avait tué dimanche le chef d’un important cartel de la drogue, Nemesio Ruben Oseguera Cervantes, connu sous le nom de «El Mencho».
Des violences ont éclaté dans les rues de Puerto Vallarta et d’autres villes mexicaines à la suite de cette opération.
«C’était comme une zone de guerre», a raconté M. Boutin lors d’une entrevue lundi.

Quelques instants plus tard, il s’est retrouvé face à face avec des personnes qu’il pensait être des membres du cartel, et les choses ont pris une tournure violente.
M. Boutin dit qu’il a été poursuivi pendant environ un kilomètre dans les rues avant d’être rattrapé, puis agressé.
«Il m’a attrapé, m’a frappé au visage, puis ils m’ont mis à terre et se sont montrés très agressifs», explique le Québécois.
Il dit que les agresseurs ont ensuite incendié sa moto au milieu de la rue.

Une famille vivant à proximité lui a proposé de s’abriter chez eux, où il a passé la nuit, les habitants étant soumis à une consigne de confinement.
«Je n’ai pas dormi de la nuit parce que cela me trottait dans la tête et que je repensais à ce que j’avais fait.»
— Yves Boutin
M. Boutin est un ancien producteur de CBC News à la retraite, habitué à courir après l’actualité, mais il affirme n’avoir jamais eu l’intention de se laisser emporter par elle.

«Je tiens à dire que les Mexicains sont vraiment très gentils. Ils ne sont pas dangereux. Seule une partie du cartel est dangereuse», a-t-il déclaré.
Il affirme que la situation s’était calmée lundi.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué que son ministère avait reçu 440 appels, dont deux pour des blessures ne mettant pas la vie en danger.
Plusieurs compagnies aériennes canadiennes ont également annulé leurs vols au départ de cette région pour des raisons de sécurité.
Avec des informations provenant de Matt Grillo, de CTV News.
