Société

Fusillade mortelle dans Côte-des-Neiges: le tireur prônait l’idéologie «incel»

Regard sur les extrémistes avec David Morin, professeur à l’Université de Sherbrooke et cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation.

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Fusillade mortelle dans Côte-des-Neiges: le tireur prônait l’idéologie «incel» Regard sur les extrémistes avec David Morin, professeur à l’Université de Sherbrooke et cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation.

Le tireur à l’origine de la fusillade mortelle survenue lundi dans Côte-des-Neiges prônait notamment l’idéologie «incel», selon un manifeste retrouvé par la police dans sa chambre d’hôtel.

L’homme semblait aussi avoir des idéologies empruntées à la logique antisystème et anticapitaliste.

«Il était très en colère contre les multimillionnaires, les plateformes pornographiques et, d’un autre côté, le mouvement masculiniste, dont la haine des femmes qu’on rend responsables de tous les maux de la société, etc.», a expliqué à Noovo Info David Morin, professeur à l’Université de Sherbrooke et cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation.

Une fusillade à Montréal fait trois morts, dont un policier Une fusillade a éclaté lundi dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Un policier et un citoyen ont tragiquement perdu la vie, alors qu’un autre agent a été blessé. Le suspect a été maîtrisé.

Le mouvement masculiniste et la manosphère, c’est-à-dire les tendances misogynes motivées par la haine des femmes en ligne, ont tendance à s’accroître, selon David Morin. «Ce n’est pas nouveau [...], l’important c’est de se rappeler que toute la communauté incel n’est pas en soi nécessairement violente, mais il y a effectivement des franges qui sont beaucoup plus radicales qui appellent à la violence contre les femmes.»

David Morin souligne que le tireur de la fusillade de lundi appelait aussi à s’en prendre aux leaders masculinistes en ligne.

Selon David Morin, il est fréquent de nos jours qu’un extrémiste qui passe à l’acte laisse derrière lui un manifeste.

«On le voit de plus en plus. [...] C’est en général pour répandre leur idéologie, faire de la propagande», a-t-il expliqué en entrevue avec Noovo Info.

Si la présence d’un manifeste peut aider à cerner «un peu» l’état d’esprit d’un extrémiste, M. Morin rappelle qu’il ne raconte pas «toute l’histoire». «L’enquête finira par déterminer, par exemple, pourquoi l’individu s’est déplacé de l’Alberta vers Montréal, pourquoi il a choisi ce lieu, quelles étaient ses motivations exactes, etc.»

David Morin a précisé qu’il faut toujours être prudent lorsqu’il est question de manifeste, et surtout de son contenu.

«Aujourd’hui, on voit beaucoup d’extrémistes qui se servent des idéologies comme d’un bar à salade : on prend des idées dans telle idéologie, des concepts dans une autre et on se construit sa propre vision du monde », a-t-il souligné.

Mais qu’est-ce qui fait qu’un extrémiste passe des idées aux actes ?

S’il n’existe pas de profil type, il peut y avoir des facteurs déclencheurs, a expliqué M. Morin. «Parfois des contacts, des gens qui poussent les personnes à passer à l’acte violent, parfois c’est simplement une trajectoire de vie, une crise particulière, comme une rupture sentimentale, de la détresse psychologique, et vous passez à la violence.»

La classe politique réagit à la fusillade à Montréal Des membres de la classe politique de Montréal, du Québec et du Canada réagissent à la fusillade survenue lundi à Côte-des-Neiges.

Une fusillade a éclaté lundi dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Un policier et un citoyen ont tragiquement perdu la vie, alors qu’un autre agent a été blessé. Le suspect est aussi décédé.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été déployé un peu avant midi sur les lieux de la fusillade, près de l’intersection de l’avenue de Courtrai et l’avenue Trans Island.