Certaines familles canadiennes qui espéraient que le nouveau budget leur apporterait un peu de répit estiment que peu de mesures leur permettront de récupérer directement de l’argent dans leur budget.
Jamillah Jean espérait bénéficier d’une aide pour les courses et l’essence. Cette mère de deux enfants vit dans l’Ouest-de-l’Île, à Montréal.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
«Nous sommes peut-être un foyer à deux revenus, mais les loisirs coûtent cher, les courses coûtent cher, l’essence coûte cher», explique Mme Jean. «Je ressens vraiment un serrement de ceinture quand il s’agit de faire les courses.»
Ottawa a prolongé une majoration de la Prestation canadienne pour les produits d’épicerie et les produits de première nécessité, grâce à laquelle un couple avec deux enfants recevra jusqu’à 2570$ par an. Mais le revenu de sa famille dépasse le seuil fixé pour l’année de référence 2025, qui est de 73 592$ pour un couple avec deux enfants.
«Je comprends parfaitement que nous sommes dans une situation privilégiée à cet égard», convient Mme Jean. «On veut s’assurer que ces aides profitent aux personnes aux revenus modestes. Et en même temps, les dépenses alimentaires nous pèsent lourdement. Ce qui nous aurait coûté 800$ par mois il y a seulement quelques années nous revient désormais à plus de 1000$.»
Elle constate un décalage entre ce qui est considéré aujourd’hui comme un revenu de classe moyenne et la réalité de la hausse des coûts de la vie pour les familles, et son salaire n’a pas suivi cette évolution.
Sa fille de 15 ans, Nahyma, sait bien gérer son budget et trouve des bons de réduction pour réduire le prix de ses déjeuners. Mais elle trouve de moins en moins de bonnes affaires. Elle et sa sœur de neuf ans, Jayha, pratiquent assidûment le volley-ball, l’athlétisme et le football. Le prix de l’essence a fait grimper le coût des trajets pour les emmener et les ramener.
«Nous devons bien réfléchir à ce pour quoi nous sortons de chez nous», confie Mme Jean. «Nous devons vraiment planifier nos déplacements de manière stratégique pour faire durer un plein d’essence le plus longtemps possible.»
Une suspension de la taxe fédérale sur l’essence, qui permet aux automobilistes d’économiser environ 10 centimes par litre, est en vigueur depuis le 20 avril, et Mme Jean aurait souhaité qu’elle se poursuive. Mais le budget prévoit la réintroduction progressive de cette taxe.
Shilpa Matade espérait que les familles confrontées à la hausse des prix de l’essence bénéficieraient d’une aide encore plus importante. Cette mère de deux jeunes filles explique qu’elle laisse souvent sa voiture au garage pour faire des économies.
«Je l’utilise le moins possible», dit-elle. «Ou alors, on fait du covoiturage. Mon amie et moi, on partage une voiture pour aller faire les courses.»
Pour un plein hebdomadaire d’une monospace dotée d’un réservoir de 70 litres, les familles ont économisé environ 364$ par an grâce à la suspension de la taxe, mais celle-ci sera de nouveau pleinement en vigueur à compter du 1er avril.
Parmi les autres mesures susceptibles d’avoir un impact sur le budget des familles, citons un investissement de 1,5 milliard de dollars sur neuf ans destiné à la construction, à l’agrandissement et à la rénovation d’installations de loisirs communautaires et de patinoires à travers le Canada. Le budget prévoit également la gratuité de l’entrée dans les musées nationaux du Canada pour les moins de 25 ans.
