Politique

Voici ce qu’il faut savoir sur le budget fédéral 2026

Les libéraux présentent ce budget comme la prochaine étape du gouvernement pour trouver des solutions aux problèmes persistants auxquels est confrontée l’économie canadienne.

Publié le 

Le gouvernement fédéral dépose son budget jeudi Le gouvernement de Mark Carney doit déposer son budget fédéral jeudi, à Ottawa. L’analyse d’Alain Rayes.

Le gouvernement fédéral déposera jeudi après-midi son budget 2026, le deuxième présenté sous la gouverne du premier ministre Mark Carney.

Les libéraux présentent ce budget comme la prochaine étape du gouvernement pour trouver des solutions aux problèmes persistants auxquels est confrontée l’économie canadienne.

Les budgets détaillent les prévisions du gouvernement en matière de croissance économique ainsi que le rythme prévu des dépenses et des emprunts.

Ce sont également des documents politiques qui peuvent servir de tremplin à l’adoption de lois et à la mise en œuvre d’initiatives gouvernementales.

Outre de nouveaux postes de dépenses, le budget de jeudi comprendra une mise à jour du plan du gouvernement fédéral concernant les niveaux d’immigration.

Une fois le budget déposé à la Chambre des communes, jeudi après-midi, les députés débattront du texte pendant plusieurs semaines et pourront proposer des amendements.

Disposant d’un gouvernement majoritaire, les libéraux sont en position de force pour faire adopter leur budget.

Sous la houlette de M. Carney, les libéraux se sont engagés à stimuler la productivité, à encourager l’investissement privé et à développer les infrastructures afin d’aider les entreprises canadiennes à conquérir de nouveaux marchés.

Ottawa a présenté l’augmentation de ses dépenses en matière de défense et d’infrastructures comme une réponse à l’agressivité commerciale du président américain, Donald Trump, et à d’autres sources d’instabilité géopolitique.

Il s’agit avant tout de garantir la souveraineté économique, affirme le gouvernement. C’est ce qui explique le titre de ce budget: «Maîtres chez nous.»

Gestion du déficit

Les analystes s’attendent à ce que le gouvernement fédéral continue d’emprunter et d’enregistrer des déficits relativement importants, alors qu’il tente de réduire la dépendance économique du Canada vis-à-vis des États-Unis, tout en offrant un soutien aux secteurs touchés par les droits de douane.

Le déficit annuel correspond au montant de la dette supplémentaire contractée par un gouvernement au cours d’un exercice budgétaire donné pour couvrir ses engagements de dépenses. À long terme, des déficits croissants, sans plan de réduction de la dette, peuvent affecter la notation de crédit d’un pays, rendant ainsi l’emprunt encore plus coûteux.

D’ores et déjà, la directrice parlementaire du budget prévoit que les coûts liés au service de la dette constitueront les dépenses dont la croissance sera la plus rapide dans le bilan du gouvernement.

Budget fédéral : les demandes du gouvernement péquiste Le nouveau ministre des Finances, Nicolas Marceau, a adressé une lettre à son homologue fédéral faisant part des demandes du Québec en vue du budget fédéral. Parmi celles-ci, une hausse des transferts en santé et un transfert en bloc des fonds fédéraux en infrastructures pour que Québec puisse gérer ses projets.

Les détracteurs avertissent que des coûts d’endettement élevés, s’ils sont laissés à l’abandon, risquent d’évincer d’autres priorités de dépenses publiques et de limiter la capacité du Canada à faire face à de futurs chocs.

Le gouvernement libéral invoque régulièrement la solide notation de crédit du Canada par rapport à celle de plusieurs autres pays du G7 pour justifier ses projets d’emprunt.

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, qui critique ouvertement les déficits du gouvernement, appelle M. Carney à freiner les «dépenses incontrôlées» prévues dans le budget.

Les libéraux se sont engagés à réduire les dépenses liées au fonctionnement courant de l’État afin que, à terme, les emprunts fédéraux soient exclusivement consacrés à des investissements, tels que les grands projets. Ils se sont également engagés à réduire les déficits en pourcentage du PIB.

La plupart des experts budgétaires prévoient qu’Ottawa affichera, dans les années à venir, des déficits légèrement inférieurs à ceux prévus dans la dernière mise à jour économique, publiée en avril. Même après une série d’annonces de dépenses au cours de l’été, la hausse des cours mondiaux du pétrole due à la guerre en Iran a entraîné une augmentation des recettes fédérales qui compense ces dépenses.

Malgré ces améliorations à court terme, les observateurs chercheront à s’assurer que le gouvernement n’intègre pas de coûts durablement plus élevés dans ses perspectives budgétaires.

Encourager les investissements

Dans le budget 2026, Ottawa devra expliquer en quoi une augmentation de l’endettement public produira des résultats économiques mesurables, ont fait valoir les analystes de l’Institut des finances publiques et de la démocratie de l’Université d’Ottawa.

L’un des principaux objectifs des libéraux est d’attirer davantage d’investissements privés, tant au Canada qu’à l’étranger. De nombreux chefs d’entreprise ont multiplié les appels en faveur d’une réforme fiscale visant à encourager ce type d’investissements.

L’un des principaux postes de dépenses du budget présenté jeudi avait déjà été annoncé en septembre: la «mégadéduction» pour la productivité. Cette mesure encourage les entreprises à investir dans de nouveaux équipements en échange de déductions fiscales immédiates. Son coût est estimé à 36 milliards $ sur 5 ans.

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a indiqué lundi, lors d’un discours devant des chefs d’entreprise, que le gouvernement prévoyait d’alléger certaines contraintes fiscales pesant sur les petites et moyennes entreprises.

Mercredi, il a ajouté que le budget tiendra compte des préoccupations des Canadiens quant au coût de la vie.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste