Société

Elle découvre que sa voiture d’occasion achetée sur Marketplace ne vaut rien

«Je n’ai même pas pu aller jusqu’au coin de la rue.»

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Maria Tucci Maria Tucci a acheté une Nissan Versa d'occasion à un vendeur sur Facebook Marketplace, mais le véhicule s'est avéré être un citron. (CTV News)

Maria Tucci, une consultante à la retraite de la région de Montréal, voulait aider sa fille étudiante en lui achetant une voiture d’occasion.

Elle a vu sur Facebook Marketplace une annonce pour une Nissan Versa 2018 qui avait peu roulé, semblait très propre et était censée être bien entretenue.

«Elle roulait bien quand je l’ai essayée. Donc... une voiture parfaite pour ma fille», a exliqué Mme Tucci depuis son domicile.

Elle a payé 8 400$ en argent comptant au vendeur, qui prétendait que la voiture appartenait à sa mère âgée, qui ne la conduisait presque jamais. Mais lorsque Mme Tucci est rentrée chez elle avec la voiture, celle-ci ne fonctionnait plus très bien.

«Je n’ai même pas pu aller jusqu’au coin de la rue. J’ai dû faire demi-tour parce qu’elle faisait un bruit bizarre.»

—  Maria Tucci

Elle a immédiatement appelé le vendeur.

«Il m’a raccroché au nez... J’ai essayé trois ou quatre fois. Je lui ai envoyé des messages textes. Rien», a-t-elle dit.

Elle a amené sa voiture chez un concessionnaire Nissan voisin, qui a confirmé que la transmission devait être remplacée. Le coût de la réparation s’élevait à 6000$.

Selon George Iny de l’Association pour la protection des automobilistes, Mme Tucci a probablement été victime d’un vendeur dit «de trottoir», une forme de concessionnaire automobile travaillant sans permis.

«Ils vendent souvent des voitures depuis leur allée ou proposent de vous rencontrer dans un lieu public», a précisé ce défenseur chevronné des consommateurs.

Nissan Versa (CTV News)

«Ils achètent des épaves à des concessionnaires qui ne veulent souvent pas leur vendre leurs véhicules. Ils ne les vendent pas eux-mêmes, puis ils les nettoient un peu, cachent peut-être quelques défauts et vous attirent en vous disant qu’il s’agit de leur véhicule personnel», a poursuivi M. Iny.

Maria Tucci admet que le vendeur, qui se fait appeler Sean Ricardo, était convaincant. Elle n’a pas pris la peine de faire inspecter le véhicule et a déclaré avoir vu le rapport Carfax confirmant que la voiture était légitime, mais s’est rapidement rendu compte que le document fourni par le vendeur comportait des pages manquantes.

Mme Tucci s’est rendue au poste de police, où on lui a conseillé de se renseigner sur le véritable passé de la voiture en vérifiant toutes les transactions antérieures sur le site web SAAQClic, un service proposé moyennant 15$.

En entrant le numéro de série de la voiture, toutes les transactions passées concernant la voiture s’affichent. Mme Tucci a découvert que la voiture avait en fait eu neuf propriétaires précédents.

Le dernier était un parc à ferraille de la région de Montréal, ce qui, selon M. Iny, indique que la voiture n’avait probablement aucune valeur.

George Iny explique que les voitures Nissan de cette époque ont des antécédents de pannes de transmission. La réparation est si coûteuse que les propriétaires se contentent de s’en débarrasser.

«Avec une voiture comme celle-ci, le coût de la réparation équivaut presque à la valeur de la voiture», a-t-il mentionné, soulignant que les nouvelles transmissions coûtent en moyenne 6000$, soit à peine moins que ce que Mme Tucci a payé pour la voiture.

CTV News a effectué une recherche sur Marketplace et a découvert que l’homme qui a vendu la voiture à Maria Tucci propose toujours à la vente une Nissan similaire de la même année.

Lorsque CTV News a contacté le vendeur, qui prétend vivre à Rawdon, au Québec, celui-ci a raccroché le téléphone. Dans un message texte, il a affirmé à propos de Mme Tucci : «Si elle a des problèmes, elle est la bienvenue pour me poursuivre devant le tribunal des petites créances.»

Mme Tucci dit qu’elle compte bien le faire et a décidé de rendre son histoire publique afin d’avertir les autres.