La détresse chez les médecins de notre réseau de santé touche aussi les étudiants en médecine, qui vivent avec beaucoup de stress. Il y a d’ailleurs eu des cas de suicides dans les facultés de médecine du Québec.
Maxence Pelletier-Lebrun, président de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), soutient qu’il y a eu deux à trois suicides dans les dix dernières années.
«C’est quelque chose qui est extrêmement triste et qu’on continue de suivre», dit-il.

Il indique que la FMEQ réalise des sondages chaque année pour évaluer le bien-être des étudiants et que les données sont «très inquiétantes».
«On voit que c’est 10 % des étudiants au préclinique qui ont des idées suicidaires et 25 % du moment qu’on commence l’externat», explique le président de la FMEQ, soulignant que les idées suicidaires chez les étudiants en médecine ne sont pas un «phénomène isolé».
Un rapport de coroner datant de 2011 sur le suicide d’une étudiante fait d’ailleurs état de la pression et le stress que la résidente vivait. La jeune femme, qui étudiait en anesthésiologie, était à la fin de son entraînement. Elle n’avait toutefois pas réussi un de ses examens l’année précédente.

On apprend dans le rapport que les dirigeants de l’université lui ont indiqué qu’elle devrait peut-être songer à réorienter sa carrière. Une rencontre qui l’avait complètement bouleversée.
Maxence Pelletier-Lebrun confirme que le climat de compétition et de stress est omniprésent dans les facultés de médecine, et ce, dès le début de la formation.
«Il y a une culture de performance en médecine où on veut toujours être le meilleur. On se bat pour les mêmes postes à la résidence et, parfois, ça peut créer un milieu un peu toxique où les gens vont vouloir toujours surperformer», explique le président de la FMEQ.
Une résidente en médecine, qui avait d’ailleurs eu Dre Karina Poliquin comme professeur à l’hôpital de Trois-Rivières, soutient également qu’il y a une grande pression sur les étudiants.

«On a toujours l’impression d’être scruté à la loupe par notre patron superviseur. Parce qu’à la fin de la journée, on a toujours une évaluation», dit-elle.
Elle croit qu’une diminution du nombre d’évaluations permettrait de réduire le stress des étudiants.
«Ça pourrait aider les étudiants à se mettre plus en situation de “je veux être un meilleur médecin” et non “un meilleur élève”», explique l’ancienne étudiante de la Dre Poliquin, qui s’est enlevée la vie en avril dernier.
Cette même étudiante relate que de l’aide et du soutien sont offerts aux étudiants qui en manifestent le besoin, mais qu’il y a encore beaucoup de tabous.
À voir dans la vidéo.
| Si vous êtes en crise ou si vous connaissez quelqu’un qui l’est, voici quelques ressources disponibles. |
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| Association québécoise de prévention du suicide: https://aqps.info/, 1866 APPELLE (1 866 277-3553) et 535-353 par texto |
| Programme d’aide aux médecins du Québec: 1 800 387-4166 ou 514 397-0888 |

