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Des Gripen et des F-35 en service en Islande

Pour la première fois depuis son adhésion en 2024, la Suède dirige une mission de police aérienne pour l’OTAN dans la région.

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U.S. F-35 Des Gripen, fabriqués par le géant suédois de l'aérospatiale SAAB, sont aperçus volant en formation. (CTV News)

Un avion de chasse JAS 39 Gripen roule près d’un hangar à la base aérienne de Keflavik en Islande, tandis que des vents violents balayent la neige sur une piste glacée.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Une équipe de six membres de l’armée de l’air suédoise accueille l’avion et commence les procédures de retournement, enchaînant une série de manœuvres pour préparer le prochain départ.

«Notre objectif est de réarmer, de ravitailler en carburant et d’effectuer toutes les vérifications nécessaires pour redécoller régulièrement en 15 à 20 minutes environ», explique Emil Lindgren, technicien de maintenance aéronautique.

Il ajoute que le Gripen, fabriqué par le géant suédois de l’aérospatiale SAAB, est facile à entretenir et adapté au climat rigoureux de l’Arctique et du Grand Nord.

«Nous nous entraînons régulièrement chez nous dans ces conditions», souligne M. Lindgren. «Je dirais que c’est une combinaison parfaite.»

Ce sont là quelques-unes des caractéristiques mises en avant par SAAB dans son argumentaire commercial pour décrocher un contrat de vente de Gripen au Canada.

Pour la première fois depuis son adhésion à l’OTAN en 2024, la Suède dirige une mission de police aérienne pour l’OTAN dans la région. Mais d’autres alliés participeront également à cette mission, notamment le Danemark et quatre de ses avions de combat F-35. L’armée de l’air danoise affirme que ses avions sont également performants dans les régions glaciales.

«Ils sont bien équipés pour ce type d’environnement», soutient le commandant de l’armée de l’air danoise, Jan Dam.

Ces avions de fabrication américaine sont des chasseurs furtifs monomoteurs de pointe. Le Canada s’est engagé à acheter 16 F-35, mais le projet d’acquérir une flotte totale de 88 avions pour remplacer la flotte vieillissante de CF-18 Hornet est actuellement en cours de révision. Ottawa n’a pas encore décidé s’il allait opter pour une flotte entièrement composée de F-35 ou pour une flotte mixte comprenant à la fois des F-35 et des Gripen. Jan Dam a refusé de donner des détails spécifiques sur l’interopérabilité des deux avions.

Les deux avions de combat sont engagés dans une mission dans la région hautement stratégique de l’espace aérien islandais, dans le couloir entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Les principales missions de la Suède interviennent à un moment critique.

«Notre grande préoccupation est que la Russie considère l’Arctique comme la clé de sa grande ambition polaire», déclare le major général Frode Arnfinn Kristoffersen, chef d’état-major adjoint des opérations du Commandement des forces interarmées de l’OTAN à Norfolk.

«Ils construisent des bases dans l’Arctique depuis plusieurs années et rien n’indique que la Russie ait l’intention de revoir ses ambitions à la baisse. Et maintenant, la Chine s’intéresse également de plus en plus à la région. La coopération entre la Chine et la Russie est bien sûr source d’inquiétude.»

Depuis le début de la rotation de la Suède, aucune présence russe n’a été signalée. La mission est axée sur la dissuasion, mais aussi sur la formation afin de garantir que les alliés de l’OTAN soient prêts à unir leurs forces et à répondre aux menaces.

Ce déploiement fait également suite aux demandes du président américain Donald Trump, qui souhaite que le Danemark cède le Groenland aux États-Unis.

Lors d’une conférence de presse à la base aérienne de Keflavik, le directeur de la défense des affaires étrangères islandais a été interrogé sur l’impact de la menace de Donald Trump d’acquérir le Groenland « d’une manière ou d’une autre » sur la mission de protection de l’espace aérien islandais.

«Je dois dire que nos relations avec les États-Unis ont toujours été très bonnes», a indiqué le directeur général Jonas G. Allansson. Il a ensuite décrit la collaboration entre les alliés de l’OTAN, axée sur la protection de la région contre les ennemis communs.

Pour la Suède, cela s’est également traduit par un réchauffement des relations avec le Canada, qui, selon certains experts, partage la même vision des problèmes auxquels sont confrontés l’Arctique et le Nord.