Le taux de chômage chez les jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale, selon le plus récent rapport de Statistique Canada. Et à l’approche de l’été, plusieurs affirment avoir de la difficulté à trouver un emploi.
Pourtant, des employeurs disent avoir du mal à trouver de la main-d’œuvre.
C’est le cas d’Annie Clavette, propriétaire de trois restaurants et de quatre foodtrucks.
«Ce n’est pas facile de trouver du monde», a-t-elle lancé au micro de Noovo Info.
Elle affirme d’ailleurs que les emplois qu’elle offre ont de «très beaux salaires» qui commencent autour de 19$ de l’heure.
Selon la restauratrice, les difficultés, qu’elle partage avec certains employeurs, viendraient probablement de la popularité du télétravail.
«Peut être l’image d’avoir des parents qui travaillent à la maison donne plus envie d’être cocooné, de pouvoir avoir quelque chose qui vient à nous et un salaire qui vient à nous sans nécessairement faire l’effort qui va avec», explique-t-elle.
Toutefois, plusieurs jeunes rencontrés par Noovo Info soutiennent avoir envoyé des vingtaines de curriculums vitæ (CV) en présentiel et en ligne, sans avoir de retours.
«J’en ai envoyé des dizaines et des vingtaines. Et je pense que c’est pareil pour tout le monde», a affirmé une jeune cégépienne.
«J’ai fait beaucoup de centres commerciaux et je revenais souvent. Je pense que j’en ai déposé une bonne cinquantaine», soutient une autre étudiante.
Mais selon Mme Clavette, le problème ne s’arrête pas uniquement à la difficulté de recevoir des candidatures, mais aussi au fait que la plupart ne se présentent pas lors des entrevues.
«Quand on reçoit des candidatures, puis qu’on fixe des entrevues, on arrive dans un festival des “no-show”. Les gens ne se présentent même pas pour faire leurs entrevues», soutient la restauratrice.
La hausse taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans a commencé à être remarqué en 2023, selon María Eugenia Longo, cotitulaire de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec. Elle explique que le ralentissement de l’économie canadienne a contribué à la montée.
Notons aussi que les jeunes ont, bien souvent, moins d’expérience que les autres travailleurs, ils occupent donc des emplois plus précaires et sont les premiers à être coupé lorsque le marché du travail ralentit.
Voyez le reportage d’Eliot Tremblay dans la vidéo.

