Alors que le Salon de l’emploi et de la formation continue bat son plein cette semaine au Palais des congrès, des centaines de personnes se promenaient entre les kiosques des exposants à la recherche d’un poste. Révolue, l’époque pas si lointaine où la pénurie de main-d’œuvre faisait les manchettes, forçant les employeurs à faire des opérations de charme pour attirer des candidats chez eux.
«J’ai donné une vingtaine [de curriculum vitæ] et on va en donner jusqu’à temps qu’on trouve», lance un jeune homme qui participait à l’événement accompagné de sa sœur.
«C’est quand même difficile, parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui vont t’accepter. Il y a beaucoup de compétition», lance d’ailleurs cette dernière.
Les conditions du marché du travail se détériorent au Canada, particulièrement pour les jeunes, chez qui le taux de chômage dépasse largement la moyenne nationale, selon le plus récent rapport de Statistique Canada.Le taux de chômage des 15-24 ans au Canada a atteint 14,1 % en février, contre 13,3 % à la fin de 2025.
Le taux de chômage des jeunes est ainsi plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale de 6,7 % enregistrée en février, qui affichait une légère baisse de 0,1 % par rapport à décembre 2025.
Selon le rapport, ce sont les jeunes qui ont «fait les frais» d’un marché du travail difficile en 2025.
«Après huit mois consécutifs sans augmentation d’un mois à l’autre, l’emploi des jeunes a augmenté en octobre et novembre 2025 avant de diminuer légèrement en décembre», explique le rapport.
Un constat auquel ont fait écho des participants rencontrés au Palais des congrès, mercredi. «C’est difficile, il y a beaucoup de compétition», a confié une dame.
Des barrières pour les personnes racisées
Le problème est particulièrement criant chez les jeunes issus de certaines communautés ethniques. Chez les jeunes Noirs, le taux de chômage s’élevait à 23,2 % en février, en hausse de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Pour les jeunes d’origine chinoise au cours du même mois, le taux de chômage était de 17,4 %.
Le taux de chômage des jeunes d’origine sud-asiatique s’élevait à 13 % en février, tandis que celui des jeunes Blancs s’établissait à 11,2 %.
Selon les dernières données de Statistique Canada, le pays a perdu 109 000 emplois au cours des deux premiers mois de 2026, un peu plus de la moitié étant des emplois à temps plein, et la plupart des pertes se concentrant en Ontario et au Québec. Au cours de la même période, l’emploi des jeunes a reculé de 64 000 postes.
Le directeur général de l’Événement Carrières, Patrick Rouillard, se veut toutefois rassurant. Il dit constater que les besoins en emploi sont toujours présents, comme en témoigne l’affluence au Palais des congrès. «On a parlé de pénurie de main-d’œuvre, on dit que c’est derrière nous, mais finalement pas tant que ça», note-t-il.
Le taux de chômage au Canada est d’ailleurs loin d’atteindre les tristes sommets observés dans les années 1980 ou au début de la pandémie de COVID-19. À 14,1 %, le taux de chômage des jeunes reste d’ailleurs inférieur aux 14,6 % enregistrés en septembre 2025, le taux le plus élevé en 15 ans, hors pandémie.
-Avec Daniel Otis, CTV News


