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Crise à Cuba: des destinations touristiques populaires pourraient coûter plus cher

En raison de la forte demande.

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Des passagers internationaux arrivent à l'aéroport international Pearson de Toronto, en Ontario, le mercredi 11 février 2026. Des passagers internationaux arrivent à l'aéroport international Pearson de Toronto, en Ontario, le mercredi 11 février 2026. (Jon Blacker/The Canadian Press)

Alors que Cuba traverse une crise d’approvisionnement énergétique qui a conduit toutes les grandes compagnies aériennes canadiennes à suspendre leurs vols vers l’île des Caraïbes, les experts en voyages estiment que d’autres destinations touristiques populaires pourraient augmenter considérablement leurs prix.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Si la situation à Cuba ne s’améliore pas d’ici la prochaine saison des fêtes, Noël [et] l’hiver, alors [les autres stations balnéaires] pourront fixer les prix qu’elles veulent», a affirmé Martin Firestone, expert en voyages et président de Travel Secure, lors d’une entrevue accordée dimanche à CTV News via Zoom. «Et... ils vont probablement y parvenir, car Cuba est un acteur majeur qui sera absent du marché si le pays ne se remet pas en route, au moins d’ici l’année prochaine, espérons-le.»

M. Firestone estime que certaines stations balnéaires et destinations pourraient même doubler leurs prix actuels.

«Même si la situation à Cuba ne s’était pas produite, ces destinations sont généralement plus chères que Cuba au départ», a-t-il dit. «Maintenant, ajoutez à cela le fait qu’il n’y a plus de Cuba où voyager, ils peuvent donc fixer leurs prix comme ils le souhaitent et en profiter.»

Bien que les effets à long terme soient difficiles à prévoir pour les Canadiens en vacances, les effets à court terme ont également conduit les Canadiens à payer beaucoup plus cher pour modifier leurs projets de voyage après que toutes les grandes compagnies aériennes canadiennes aient suspendu leurs vols vers Cuba.

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«Comme nous entrons dans les vacances de mars, la demande pour d’autres propriétés était très forte et c’est de dernière minute», a soutenu Reese Morash, copropriétaire de TravelBug Travel Group, lors d’une interview Zoom avec CTV News dimanche. «Les prix vont être élevés... ce qui augmente la demande pour ces autres propriétés.»

M. Morash explique que ses clients qui ont dû renoncer à leur voyage à Cuba à la dernière minute et se tourner vers d’autres destinations en Amérique centrale paient des milliers de dollars de plus.

«Alors que les personnes qui se rendaient à Cuba auraient probablement dépensé environ 2000$ ou 2500$, pour aller ailleurs, il faut compter beaucoup plus que cela», a-t-il indiqué. «Cela a donc certainement été un choc pour eux. Pour chaque personne, il faut compter environ 1000$ de plus par rapport à ce qu’ils auraient dépensé à Cuba.»

Au cours de la semaine dernière, Cuba a sombré dans une crise énergétique sans précédent, avec des pénuries généralisées de kérosène et d’électricité qui ont contraint les grandes compagnies aériennes à suspendre leurs vols et ont poussé le gouvernement à prendre des mesures d’urgence.

Les aéroports de l’île ont signalé une pénurie de carburant aviation, et des coupures de courant affectent une grande partie de la population, privant d’électricité les foyers, les hôpitaux et les services publics.

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Ces pénuries aiguës font suite à l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien après l’intensification des mesures américaines visant à bloquer les exportations vénézuéliennes, notamment l’interception de pétroliers et les menaces de droits de douane sur les fournisseurs — une stratégie que le gouvernement cubain et certains observateurs internationaux qualifient de blocus énergétique qui a étouffé une source essentielle de carburant.

En réponse, le Mexique a envoyé deux navires de la marine transportant des centaines de tonnes d’aide humanitaire, notamment de la nourriture et des produits de première nécessité, et la Russie a fait part de son intention d’envoyer du pétrole brut et du carburant raffiné à titre d’«aide humanitaire», malgré les menaces de droits de douane des États-Unis.

Air Canada a indiqué à CTV News dimanche que ses derniers vols à destination de Cuba reviendraient cette semaine.

«Nous avons également ajouté des vols supplémentaires vers d’autres destinations de vacances populaires, notamment Cancún, Montego Bay et Punta Cana, pour le reste de la saison hivernale», a raporté l’équipe des relations avec les médias d’Air Canada dans un courriel adressé à CTV News.

Air Transat a également annoncé que ses derniers voyageurs à Cuba rentreraient mardi à bord de vols de rapatriement.

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«Lorsque la suspension des vols a été annoncée lundi dernier, environ 6500 voyageurs se trouvaient à Cuba. Plus de 4000 d’entre eux sont maintenant arrivés sains et saufs au Canada, et les cinq vols d’aujourd’hui en ramèneront 1500 autres. Les voyageurs restants devraient rentrer lundi et mardi», a souligné Marie-Eve Vallieres, porte-parole d’Air Transat, dans un courriel adressé à CTV News.

SunWing et WestJet ont également mentionné à CTV News qu’elles progressaient vers le rapatriement de tous les Canadiens actuellement à Cuba d’ici mardi.

Steve Chapman, originaire d’Aylmer, en Ontario, se trouve à bord de l’un des derniers vols de rapatriement assurés par WestJet et devrait partir mardi.

«Nous devions initialement rentrer chez nous le 28 février, mais ce vol a été annulé. Nous devons maintenant rentrer le 17, ce qui, d’après notre représentant WestJet ici, sera l’un des derniers vols, je pense», a-t-il confié.

M. Chapman ne sait pas encore s’il voudra dépenser plus d’argent pour passer le reste de ses vacances ailleurs, dans un avenir proche ou même plus tard dans l’année.

«Nous allons réfléchir à la planification de nos vacances... et il est évident que les prix vont augmenter. Je pense qu’ils vont profiter de la situation actuelle, Cuba étant indisponible, pour augmenter considérablement les prix des destinations Punta Cana et Mexique en raison de l’offre et de la demande», a-t-il dit.