Un nouveau rapport sur les inégalités de richesse révèle le nombre exact de personnes ultra-riches au Québec et dans l’ensemble du Canada.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Sans surprise, la province la plus peuplée du Canada arrive en tête du classement des provinces comptant le plus grand nombre de familles milliardaires, avec 38 familles en Ontario en 2023.
Le Québec occupe la deuxième place, avec 27 familles milliardaires, selon Canadiens pour une fiscalité équitable, un organisme sans but lucratif et non partisan.
La Colombie-Britannique compte neuf familles milliardaires, tandis qu’on en dénombre six en Alberta, quatre dans les provinces de l’Atlantique et deux dans les Prairies.
Le rapport, intitulé Inégalités de richesse au Canada: perspectives comparatives entre provinces, paraît à un moment où les inégalités de richesse ne cessent de s’accentuer, et le Québec ne fait pas exception.
«Alors que près de 668 000 Québécois vivent dans la pauvreté, 590 familles possèdent une fortune de plus de 100 millions de dollars», a affirmé Jared A. Walker, directeur général de Canadiens pour une fiscalité équitable, lors d’une entrevue vendredi.
Le rapport montre que le Québec affiche les parts les plus élevées de richesse détenues par les 1 % et les 0,1 % les plus riches de la province, les 1 % les plus riches disposant en moyenne de 18 millions de dollars.
Contrairement à l’Ontario et à la Colombie-Britannique, où le prix des maisons fait grimper la richesse d’une famille typique, les faibles taux d’accession à la propriété au Québec font baisser la richesse moyenne des familles.
La famille médiane au Québec dispose de 286 000 $, contre 500 000 $ en Ontario et 632 000 $ en Colombie-Britannique.
Imposer les riches
Selon le rapport, la part de la richesse détenue par les familles les plus riches a augmenté entre 1999 et 2023, et alors que seulement 3 380 familles ont accumulé au moins 100 millions de dollars de richesse dans chaque province, 4,4 millions de personnes vivaient dans des familles sous le seuil de pauvreté.
«La concentration de la richesse entre quelques mains est une conséquence directe de la crise du pouvoir d’achat à laquelle sont confrontés tant de Canadiens — plus la richesse est accaparée par une poignée de personnes, moins il y en a pour le reste d’entre nous sous forme de sécurité financière, de fonds de retraite ou pour aider à payer une mise de fonds sur un marché immobilier de moins en moins abordable», ont écrit les auteurs.
«De plus, la concentration extrême de la richesse s’accompagne d’une concentration extrême du pouvoir politique. En effet, la richesse ne se limite pas à l’achat d’une aisance personnelle; elle s’accompagne d’un contrôle sur les emplois et les investissements, ainsi que d’une influence accrue sur les politiciens et les politiques.»
Le rapport explore également des moyens de mettre en œuvre des impôts sur la fortune, notamment une proposition de Québec Solidaire visant à imposer un impôt de 1 % sur les fortunes supérieures à 25 millions de dollars et un impôt de 2 % sur celles supérieures à 100 millions de dollars. Ces mesures, si elles étaient mises en œuvre à l’échelle nationale, généreraient plus de 19 milliards de dollars dès la première année.
M. Walker a soutenu que cet argent pourrait être mieux utilisé au profit de tous les Québécois pour réparer des infrastructures telles que les routes, les écoles et le transport en commun.
«Un groupe si restreint de personnes détient un pouvoir économique tellement disproportionné que si nous en récupérons ne serait-ce qu’une petite partie — si nous leur demandons de payer juste un peu plus pour que leur part se rapproche un peu plus de l’équité —, nous pourrons faire tant de choses pour tant de gens qui en ont besoin, et nous pourrons améliorer la vie de tous les habitants de la province», a dit M. Walker.
Le rapport a été coécrit par Silas Xuereb, économiste et analyste des politiques chez Canadiens pour une fiscalité équitable, et Geoffroy Boucher, économiste et responsable des relations gouvernementales à l’Observatoire québécois des inégalités.


