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ANALYSE | Vos conseils financiers proviennent-ils d’une source peu fiable?

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Une personne utilise l’application de calculatrice de son téléphone, à Toronto, le lundi 22 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan Une personne utilise l’application de calculatrice de son téléphone, à Toronto, le lundi 22 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan (Sammy Kogan)

Il suffit de faire défiler l’écran de votre téléphone pendant cinq minutes pour recevoir plus de conseils financiers que vos grands-parents n’en ont entendus au cours de toute leur vie. Certains sont utiles. Mais bon nombre d’entre eux proviennent de personnes qui n’ont aucune obligation de rendre des comptes, qui cherchent à vendre un produit ou, dans certains cas, ne sont même pas de vraies personnes.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

J’adore le fait que les Canadiens soient plus curieux que jamais au sujet de leur argent. Ce qui m’inquiète, c’est d’où provient une grande partie de cette curiosité. Ci-dessous, je vais vous expliquer comment déterminer si vos conseils financiers proviennent d’une source peu fiable, et où chercher plutôt.

Plus de conseils, moins de responsabilité

En tant que créateur de contenu comptant un grand nombre d’abonnés sur YouTube, j’ai suivi cette question de très près. En décembre 2025, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières et l’Organisme canadien de réglementation du placement ont publié conjointement de nouvelles lignes directrices sur l’application des lois sur les valeurs mobilières aux finfluencers des médias sociaux et aux entreprises qui les rémunèrent. Les organismes de réglementation ne rédigent pas d’avis de 13 pages sur des tendances qu’ils jugent inoffensives.

Et cette préoccupation s’appuie sur des données concrètes. Une enquête de la CVMO a révélé qu’environ 35 % des investisseurs particuliers canadiens avaient pris une décision financière en se fondant sur les conseils d’un «finfluencer», et que ceux qui l’avaient fait étaient 12 fois plus susceptibles d’avoir été victimes d’une arnaque en ligne.

Selon une enquête de l’Agence fédérale de la consommation en matière financière du Canada, environ un Canadien sur dix obtient désormais des conseils financiers sur les médias sociaux, et ce pourcentage grimpe à 18 % chez les 18 à 34 ans. Bon nombre de ces personnes font des choix financiers judicieux, tandis que beaucoup d’autres suivent des inconnus droit dans le précipice.

Demandez-leur s’ils sont autorisés à donner des conseils

Au Canada, pour donner des conseils personnalisés en matière de placement ou vendre des produits de placement, il faut généralement être inscrit ou titulaire d’un permis délivré par un organisme de réglementation des valeurs mobilières. Un conseiller inscrit ou un planificateur financier agréé est soumis à un organisme de réglementation et à un code de déontologie. Un compte aléatoire publiant quotidiennement des recommandations boursières n’est souvent soumis à aucun contrôle.

Et certains recoins du monde financier ne font l’objet d’aucune surveillance. Les promoteurs de cryptomonnaies, les marchés prédictifs et les offres similaires ont tendance à fonctionner avec beaucoup moins de surveillance, ce qui est précisément ce qui me rend le plus sceptique.

Protégez-vous donc en vérifiant les antécédents de la personne. Si quelqu’un revendique un titre comme celui de CFP ou de CFA, assurez-vous qu’il est bel et bien en règle auprès de l’organisme qui l’a délivré.

Suivez la trace de l’argent avant de suivre les conseils

Chaque fois que je tombe sur un conseil «à ne pas manquer» en ligne, ma première question est simple : comment cette personne est-elle rémunérée? Les conseils «gratuits» le sont rarement.

Certains créateurs tirent des revenus de promotions payantes non divulguées, de liens d’affiliation ou en vous orientant vers un cours payant ou une communauté privée. C’est exactement le type de comportement que les organismes de réglementation visent actuellement. En 2025, la Commission des valeurs mobilières de l’Alberta a interdit à un «finfluencer» et à son entreprise l’accès aux marchés financiers de la province pendant deux ans et leur a infligé une amende de 30 000 $ pour avoir fait la promotion d’actions sans indiquer clairement que les publications étaient des publicités payantes.

Une mention de mise en garde vague comme «Je pourrais avoir un intérêt financier» ne suffit plus. Si vous ne pouvez pas facilement déterminer qui paie pour le message que vous regardez, le plus prudent est de supposer que quelqu’un le fait, et que ses intérêts ne correspondent peut-être pas aux vôtres.

Soyez particulièrement prudents avec le contenu généré par l’IA et le contenu «garanti»

Ce problème est plus récent, et il prend rapidement de l’ampleur. On voit désormais apparaître des vidéos «deepfake» mettant en scène de véritables personnalités publiques, ainsi que des «conseillers» entièrement synthétiques, qui vantent des stratagèmes d’investissement promettant des rendements garantis ou exorbitants.

Je vais être franc : aucun professionnel légitime ne promet de rendements garantis. Les marchés ne fonctionnent tout simplement pas ainsi, et quiconque prétend le contraire est soit mal informé, soit très probablement à l’origine d’une arnaque. La fraude en matière d’investissement est désormais la catégorie de fraude la plus coûteuse au pays. Les Canadiens ont déclaré un montant record de 704 millions de dollars en pertes totales liées à la fraude en 2025, la fraude en matière d’investissement constituant la catégorie la plus importante en termes de pertes financières, et une grande partie de ces démarchages commence sur les médias sociaux.

Si une vidéo vous pousse à agir immédiatement ou vous fait miroiter un rendement qui semble trop beau pour être vrai, c’est presque toujours le cas.

Adaptez les conseils à votre situation, et non aux moments forts de la vie de quelqu’un d’autre

Même un bon conseil peut ne pas vous convenir. Une stratégie qui convient à un locataire de 25 ans peut s’avérer une erreur coûteuse pour une personne de 55 ans approchant de la retraite, et la plupart des contenus viraux sont conçus pour générer des clics, et non pour répondre à votre situation particulière.

C’est là le plus grand écart que je constate. Avant d’agir, vous devez avoir une image claire de votre situation réelle : vos revenus, vos dettes, vos impôts, votre horizon temporel et vos objectifs. J’ai analysé la situation financière des Canadiens dans une récente vidéo de Blueprint Financial sur les sept niveaux de richesse, ce qui constitue un outil utile pour déterminer à quelle étape vous vous situez réellement avant de suivre des conseils destinés à quelqu’un d’autre. La véritable liberté financière commence par vos propres chiffres, et non par un copier-coller du plan de quelqu’un d’autre.

Réflexions

Internet a rendu les connaissances financières plus accessibles que jamais, et c’est une bonne chose. Le véritable problème ne réside pas dans les médias sociaux en soi, mais dans le fait de confier vos décisions à des inconnus qui n’en subissent aucune des conséquences. Utilisez le contenu gratuit pour susciter des questions, puis vérifiez tout ce qui compte auprès d’une source qualifiée et agréée avant d’agir. Quelques minutes supplémentaires de recherche peuvent vous épargner des années de regrets.

Christopher Liew est titulaire des certifications CFP® et CFA, et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en finances personnelles pour des milliers de lecteurs canadiens quotidiens sur Blueprint Financial.