Un jugement très sévère du Tribunal administratif du logement (TAL) à l’endroit d’un propriétaire de Salaberry-de-Valleyfield n’empêche pas ce dernier de procrastiner sur les travaux, laissant une mère de 75 ans et sa fille vivre dans un appartement moisi et contaminé d’amiante.
Selon le jugement du TAL en février dernier, Denis Bourbonnais avait un délai d’un mois pour entamer les rénovations et indemniser ses locataires.
Or, au cours des six derniers mois, la situation s’est d’ailleurs détériorée; une baignoire s’est mise à couler dans la salle de bain du rez-de-chaussée, causant des infiltrations d’eau. L’odeur de moisi y est si forte que le port de masque N95 est nécessaire, mentionne la mère.
La septuagénaire a par ailleurs fait un infarctus tellement le stress est trop élevé, a confirmé sa psychiatre.
Alors que la situation est critique, la Direction de santé publique a déclaré l’immeuble insalubre et demande à la Ville de Salaberry-de-Valleyfield de mettre les locataires en sécurité.

Le propriétaire Denis Boubonnais a envoyé son beau-frère réaliser des travaux sans réellement se soucier de la présence d’amiante dans l’établissement.
«(Le plafond de la salle de bain) est ouvert depuis une semaine, il y a des débris et une firme de décontamination m’a confirmé que c’est de l’amiante», a déploré la locataire.

Joint au téléphone par Noovo Info, M. Bourbonnais se défend et soutient ne pas être au courant de toute la situation. Avant de mettre fin abruptement à l’appel, il affirme que les travaux de plomberie ne sont pas dangereux, car il n’y a pas d’amiante.
«Ça n’a pas de bon sens. Je ne sais pas pourquoi il agit de même avec toutes les preuves qu’il y a», a déploré la septuagénaire.
La fille de cette dernière se dit épuisée, alors que cette saga perdure depuis 2022.
«Il serait temps qu’une instance bouge, car ça n’a pas de bon sens de vivre là-dedans. On se demande à quoi sert le TAL.»
De son côté, la Ville dit être en réflexion par rapport au dossier.
À voir dans la vidéo.

