Un incendie dévastateur qui s’est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi modifiera de façon permanente, voire détruire, un bâtiment emblématique de Montréal.
Le bâtiment en briques situé au 1600 avenue De Lorimier, est bien connu de tous les automobilistes qui entrent dans la ville par le pont Jacques-Cartier, car celui-ci le contourne.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Selon l’Écomusée du fier monde, l’ancienne usine Barsalou/Familex a été construite en 1910 et était autrefois occupée par le fabricant de savon Joseph Barsalou.
La construction du pont Jacques-Cartier a nécessité l’ajout d’un virage pour contourner le bâtiment.
Le pont Jacques-Cartier a été inauguré en 1931. Pendant la phase des travaux, il a fallu exproprier des terrains afin de permettre la réalisation du projet.
L’un des propriétaires visés s’est toutefois opposé... Barsalou. «M. Barsalou a refusé que son usine, qui était une installation importante et productive, soit expropriée et démolie et il a eu gain de cause. C’est ainsi que le pont a été courbé pour contourner l’usine», a expliqué Dinu Bumbaru, spécialiste de l’historique architectural de Montréal, en entrevue avec Noovo Info.
La bâtisse a été rachetée par Procter & Gamble en 1935, puis par la société pharmaceutique Familex en 1943.
Né à Saint-Elphège avant de déménager à Montréal, Roméo Parent était propriétaire d’une entreprise spécialisée dans la vente de produits pharmaceutiques et ménagers qui vendait ses produits au porte-à-porte.
L’entreprise a été vendue à Pierre Valcourt en 1983, puis la famille Valcourt a vendu le bâtiment à la société Cosoltec en 2019.
La Bertone Development Corporation a acheté le bâtiment en octobre 2020.
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«Nous avions prévu de lancer prochainement un projet sur ce site, qui prévoyait notamment d’intégrer ce bâtiment d’intérêt historique pour le quartier», a déclaré Brianna Bertone, directrice des affaires juridiques.
«Cependant, le projet a été temporairement suspendu pendant que la situation est en cours d’évaluation. L’enquête étant toujours en cours et plusieurs éléments restant inconnus, nous n’avons pas d’autres informations à communiquer pour le moment.»
Selon la Ville de Montréal, le bâtiment de plus de 3700 mètres carrés comprend 70 unités non résidentielles.
Une perte pour Montréal?
Dinu Bumbaru est d’avis que chacun des bâtiments patrimoniaux du grand Montréal a une personnalité particulière et que lorsqu’on le perd, «c’est un peu de cette diversité que l’on perd». «Ce sont des histoires, des éléments du paysage», dit-il.
Concernant les bâtiments inoccupés, M. Bumbaru croit qu’ils devraient être utilisés de façon «transitoire» afin d’éviter qu’ils restent vides ou abandonnés à 100%.
«S’il y a des usagers dans les bâtiments, ce sont des anges gardiens même si leur présence ne dure le temps qu’on trouve un projet permanent.»

