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Batteries au lithium-ion: le plus grand risque pour la sécurité incendie à Toronto, selon les pompiers

Partout en Amérique du Nord, les villes sont aux prises avec une forte augmentation des incendies causés par ces batteries.

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Batteries au lithium-ion: un avertissement lancé Une famille en Alberta et des pompiers lancent un avertissement concernant les batteries au lithium-ion alors que les incendies liées à ces batteries se multiplient au pays.

Les incendies causés par les batteries au lithium-ion sont violents, toxiques et, selon le chef des pompiers de Toronto, ils représentent le plus grand risque pour la sécurité incendie dans la plus grande ville du Canada.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Depuis 2022… la ville de Toronto a vu le nombre d’incendies impliquant des batteries au lithium-ion grimper de bien plus de 200 %», a déclaré le chef des pompiers Jim Jessop.

On trouve des batteries au lithium-ion dans une multitude de produits, mais M. Jessop affirme que ce sont les vélos électriques et les trottinettes électriques qui prennent feu à un rythme alarmant. Le chef explique que ça s’explique en partie par le fait que ces batteries ne sont pas soumises aux mêmes règlements que celles des téléphones cellulaires, des ordinateurs ou des véhicules électriques.

«D’après les données de nos enquêtes, ce sont surtout les batteries non réglementées, qui ne respectent aucune norme, que n’importe qui peut commander sur n’importe quel site Internet pour les faire entrer au pays et les utiliser, souvent à des fins ou avec des appareils pour lesquels elles n’ont pas été conçues à l’origine», a expliqué M. Jessop.

Il a ajouté que les incendies causés par ces batteries sont imprévisibles et difficiles à éteindre.

«On a eu des cas, par exemple, où on a éteint des feux de batteries au lithium-ion, mais où celles-ci ont repris littéralement 24 ou 36 heures après qu’on ait cru que le feu était éteint.»

—  Jim Jessop, chef des pompiers de Toronto

M. Jessop ajoute que ces feux sont tellement toxiques que les services d’incendie de Toronto ont dû mettre au point une toute nouvelle approche pour les combattre.

«Les équipes chargées des matières dangereuses et nos techniciens spécialisés interviennent désormais pour chaque incident impliquant des batteries au lithium-ion», dit-il. «Elles sont tellement instables une fois qu’elles entrent en emballement thermique, par exemple, qu’on ne peut pas les évacuer par une cage d’escalier.»

Il précise aussi que l’équipement des pompiers exposé à la fumée d’un incendie de batterie au lithium-ion doit faire l’objet d’un nettoyage spécial.

«Les équipes qui arrivent les premières sur les lieux et qui sont exposées à cette fumée toxique doivent maintenant envoyer leur équipement pour qu’il soit nettoyé encore plus en profondeur», a-t-il expliqué.

«C’est du jamais vu. On n’a jamais eu à faire ça avant avec un simple incendie de pièce et de son contenu.»

Même si le manque de réglementation est un problème, les experts disent que les batteries au lithium-ion utilisées dans les vélos électriques et les trottinettes électriques sont aussi plus susceptibles de s’abîmer, ce qui peut les rendre instables et plus enclines à prendre feu.

«Une batterie qui gonfle, même juste un tout petit peu, c’est pas bon», soutient Randy Narine, président de Clean Core Research, qui mène des recherches à grande échelle sur la destruction. Il explique que les gens continuent d’utiliser des batteries endommagées parce qu’elles fonctionnent encore, mais qu’elles présentent un risque accru de prendre feu.

«Une batterie endommagée… présente un risque encore plus élevé d’entrer en emballement thermique, de prendre feu, parce que tu utilises maintenant un appareil qui est endommagé», a précisé M. Narine.

«La question, c’est de savoir combien de temps elle va continuer à fonctionner comme ça. Et personne n’a vraiment de réponse infaillible à ça.»

—  Randy Narine, président de Clean Core Research

Partout en Amérique du Nord, les villes sont aux prises avec une forte augmentation des incendies causés par les batteries au lithium-ion, et beaucoup demandent aux provinces et au gouvernement fédéral de modifier la façon dont ces batteries sont réglementées.

«On a demandé au gouvernement fédéral d’envisager des changements réglementaires pour exiger une sorte de norme… pour ces batteries qui arrivent sur le marché», a déclaré Jim Jessop. «On a aussi demandé au gouvernement provincial d’étudier des modifications possibles au Code de prévention des incendies de l’Ontario. Par exemple, faudrait-il limiter le nombre d’appareils de micromobilité ou de vélos électriques dans un même appartement?»

Santé Canada affirme qu’il examine des possibilités de réglementation, tandis que le commissaire aux incendies de l’Ontario explore également des changements.

«Des modifications potentielles au Code de prévention des incendies de l’Ontario sont à l’étude dans le cadre d’une première phase d’efforts plus larges visant à améliorer la sécurité-incendie dans toute la province», a indiqué Jim Demetriou, porte-parole du Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario.

M. Jessop espère que des changements seront apportés rapidement, soulignant les dangers que ces batteries peuvent représenter pour les communautés et les équipes de pompiers.

«Nos pompiers interviennent dans des bâtiments de plus en plus imprévisibles et dangereux, et les incendies sont bien plus intenses et toxiques qu’ils ne l’ont jamais été», a-t-il exprimé.

Jessop explique qu’il y a 50 ans, il fallait 20 à 25 minutes pour qu’une pièce soit entièrement en proie aux flammes; avec les meubles modernes, ce délai est désormais réduit à cinq minutes. Ajoutez-y une batterie au lithium-ion, et les gens n’ont plus qu’environ 90 secondes pour se mettre à l’abri.

«Ça projette un jet de flammes qui est littéralement un chalumeau à 500 degrés», a dit M. Narine. «Ça veut dire que ça va enflammer tout ce qui se trouve autour. Et comme beaucoup de meubles de nos jours sont faits de produits en polyuréthane, ils s’enflamment très facilement».