Société

Autoroute 50: deux coroners plaident pour une séparation des voies de circulation

Au moins neuf personnes sont décédées à la suite de collisions survenues sur l’autoroute 50 dans les dernières années.

Publié le 

Autoroute Guy-Lafleur L'autoroute 50 a été rebaptisée «Autoroute Guy-Lafleur ». (Natalie van Rooy/CTV News Ottawa)

Il y a urgence de sécuriser plusieurs tronçons de l’autoroute 50 pour prévenir les collisions, soutiennent mardi deux coroners du Québec qui recommandent notamment au ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) de séparer les voies de circulation en direction est et ouest.

Les coroners Me Denyse Langelier et Me Julie A. Blondin rappellent que l’autoroute 50, qui relie Gatineau à l’autoroute 15 dans les Laurentides, a depuis plusieurs années été le site de nombreuses collisions frontales mortelles.

En ce sens, elles recommandent au MTMD de prendre les moyens requis pour sécuriser l’autoroute 50 - qui porte désormais le nom d’autoroute Guy-Lafleur - afin d’éviter des collisions frontales «par la pose de glissière de sécurité médiane».

À LIRE | Autoroute 50: un accident mortel remet en question la sécurité du secteur

Les coroners suggèrent également au ministère des Transports et de la Mobilité durable de s’assurer de procéder aux travaux planifiés d’élargissement et de réaménagement à quatre voies de l’autoroute 50.

Selon les informations dévoilées dans le rapport des coroners Langelier et A. Blondin, dans les dernières années, neuf personnes sont décédées de polytraumatismes causés par des collisions survenues sur l’autoroute 50, notamment dans les secteurs de Mirabel, Grenville-sur-la-Rouge et Lachute.

«Dans la majorité des cas, un véhicule a dévié de sa voie et percuté un autre véhicule sur une chaussée non divisée», explique-t-on dans le rapport en précisant que certains événements sont survenus en contexte de dépassement, de chaussée mouillée, de facultés affaiblies ou d’acte volontaire.

Une route peu sécuritaire

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de la dangerosité de l’autoroute 50.

Dans l’un de ses rapports, la coroner A. Blondin souligne qu’une enquête du ministère des Transports du Québec (aujourd’hui le MTMD) indiquait en 2008 que la configuration de l’autoroute 50 sur les tronçons où les voies sont contiguës «contribue à la gravité des accidents».

Des élus(es) des Laurentides ont aussi adopté différentes résolutions dans les dernières années afin de presser le gouvernement du Québec à agir dans le dossier de l’autoroute 50.

S’ajoutent à ceci les recommandations de plusieurs coroners, au cours des 10 dernières années, qui plaident pour l’élargissement de l’autoroute 50 à quatre voies ou encore pour l’installation des glissières médianes «afin d’accroître la sécurité».

«Bien que le ministère ait procédé à certains travaux de réaménagement visant à améliorer la sécurité de l’autoroute sur un tronçon en particulier, les événements analysés démontrent que des risques persistent, particulièrement sur les segments à chaussée contiguë», ont souligné les coroners Me Denyse Langelier et Me Julie A. Blondin.

C’est par ailleurs en 2022 que le gouvernement du Québec promettait l’élargissement de l’autoroute 50 qui devrait compter quatre voies avec chaussées séparées sur toute sa longueur d’ici 2032.

Construite par tronçons entre 1995 et 2012, l’autoroute 50 s’échelonne sur 158 kilomètres. Selon le gouvernement du Québec, entre 9 800 et 102 000 véhicules y circulent chaque jour, selon les secteurs.