Les quelque 150 personnes à bord d’un navire de croisière au large des côtes du Cap-Vert ont été pour la plupart confinées dans leurs cabines, selon des images obtenues par l’Associated Press, après le décès de trois passagers et l’infection d’au moins quatre autres dans le cadre d’une épidémie présumée d’hantavirus.
Le MV Hondius, un navire néerlandais effectuant une croisière polaire de plusieurs semaines entre l’Argentine et l’Antarctique ainsi que plusieurs îles isolées de l’Atlantique Sud, attendait des secours après que les autorités de l’île du Cap-Vert, au large des côtes ouest-africaines, eurent refusé de laisser les passagers débarquer pour des raisons de santé publique.
Les images montraient les ponts du navire presque déserts, avec seulement quelques personnes portant des masques médicaux qui se déplaçaient. Les salles communes étaient vides, les passagers étant confinés dans leurs cabines. Au moins cinq personnes équipées d’une tenue de protection complète, comprenant une combinaison blanche, des bottes et des masques faciaux, ont été vues en train de débarquer du navire pour monter à bord d’une petite embarcation.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé lundi que les passagers avaient été invités à rester dans leurs cabines et à «limiter les risques pendant que des mesures de désinfection et autres sont mises en œuvre».

Pas de plans d’évacuation pour le moment
Les autorités du Cap-Vert ont envoyé des équipes de médecins, de chirurgiens, d’infirmiers et de techniciens de laboratoire pour apporter un soutien médical au navire.
Les responsables de Praia, la capitale du Cap-Vert, une ville de moins de 200 000 habitants, ont déclaré avoir renforcé les protocoles de sécurité, en particulier près du port, par mesure de précaution contre cette maladie transmise par les rongeurs qui, selon l’OMS, peut se transmettre d’une personne à l’autre, bien que cela soit rare.
On ignore encore quand les personnes malades à bord seront évacuées. L’OMS a confirmé lundi soir qu’elles seraient bientôt évacuées vers les Pays-Bas pour y recevoir des soins médicaux. L’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, basé aux Pays-Bas, a déclaré qu’il envisagerait de déplacer le navire vers l’une des îles espagnoles, Tenerife ou le port de Las Palmas, s’il ne pouvait pas évacuer les passagers vers le Cap-Vert.
La Dre Maria Van Kerkhove, directrice de la préparation aux épidémies et pandémies à l’OMS, a précisé mardi aux journalistes à Genève que le plan pour l’instant était que le navire «poursuive sa route vers les îles Canaries».
«Nous travaillons avec les autorités espagnoles, qui accueilleront le navire», a-t-elle dit.
Elle a également souligné qu’il n’y avait pas d’autres personnes présentant des symptômes à bord et qu’«une fois que les deux personnes malades à bord auront été évacuées pour raisons médicales, le navire pourra alors partir». Plus tôt, les autorités du Cap-Vert avaient indiqué que trois personnes à bord du navire avaient signalé des symptômes légers.

Toutefois, le ministère espagnol de la Santé a indiqué mardi dans un communiqué qu’il «surveillait de près, en collaboration avec l’OMS et les autres pays concernés, la situation à bord du navire… (et) que le port d’escale le plus approprié serait déterminé. D’ici là, le ministère de la Santé ne prendra aucune décision, comme nous en avons informé l’Organisation mondiale de la Santé».
Par ailleurs, Oceanwide Expeditions a ajouté dans un communiqué publié lundi soir que l’atmosphère à bord «restait calme, les passagers étant globalement sereins» et que le plan d’intervention mis en place à bord était au niveau maximal, soit le niveau 3, et comprenait des mesures d’isolement, des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale.
Surveillance accrue
Le navire a quitté Ushuaia, dans le sud de l’Argentine, le 1er avril, selon les autorités provinciales argentines.
Bien que les responsables sanitaires d’Ushuaia n’ont confirmé aucun symptôme d’hantavirus chez les passagers au moment du départ du navire, les symptômes peuvent apparaître jusqu’à huit semaines après l’exposition, selon Juan Facundo Petrina, directeur de l’épidémiologie de la province de la Terre de Feu, lors d’un entretien avec l’AP depuis Ushuaia.

Selon une déclaration de l’OMS lundi soir, aucune nouvelle personne à bord du navire ne présentait de symptômes du virus, mais la situation est «surveillée» pour suivre l’évolution. «L’épidémie est gérée grâce à une réponse internationale coordonnée, qui comprend des enquêtes approfondies, l’isolement et la prise en charge des cas, l’évacuation médicale et des analyses en laboratoire», a-t-on également précisé.
La directrice nationale de la santé du Cap-Vert, Angela Gomes, a affirmé à la radio publique Radiotelevisao Caboverdiana que les autorités s’attachaient à garantir «le niveau de sécurité maximal» pour la population locale.
«C’est pourquoi toute l’assistance est fournie avec des équipements de protection individuelle, offrant une protection maximale, tant à notre équipe médicale qu’à l’ensemble de l’équipe qui aide l’équipe médicale à transporter le matériel jusqu’au navire», a-t-elle dit.
