Même si le trajet ne dure qu’environ 16 minutes entre le moment où l’équipage d’Artemis II entame sa rentrée dans l’atmosphère terrestre et celui où il touche l’océan Pacifique, cette phase, largement considérée comme la plus risquée de la mission, comporte de nombreux éléments à prendre en compte.
Voici un guide de CTV News pour tout comprendre.
Séparation du module de service
Avant de pénétrer dans l’atmosphère terrestre, la capsule transportant l’équipage doit se séparer du module de service européen, ce qui signifie que tous les panneaux solaires, les moteurs, les radiateurs et même les réservoirs d’oxygène et d’eau seront retirés.
En effet, ce module ne dispose pas de bouclier thermique. Seule la capsule de l’équipage offre une protection suffisante pour résister à la chaleur intense lors de la traversée de l’atmosphère terrestre.
Douze propulseurs aident à orienter Orion pour s’assurer qu’il se trouve à environ 120 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre.
Entrée dans l’atmosphère terrestre
Une fois le module de service laissé derrière elle, la capsule habitée commence alors à pénétrer dans l’atmosphère terrestre à une vitesse d’environ 40 000 km/h.
Lorsque l’air se comprime devant la capsule, il crée une boule de feu de plasma où les températures peuvent atteindre 2700 °C, soit environ la moitié de la température à la surface du Soleil.
Orion utilise un bouclier thermique ablatif qui absorbe l’impact de l’air condensé s’accumulant devant lui. En brûlant, en se carbonisant et en s’écaillant, il évacue la chaleur avec le matériau lui-même.
Alors que la capsule Orion fonce vers la Terre, le plasma bloque également toutes les communications avec l’équipage.
C’est alors que commence la phase la plus dangereuse.
«Ce qui m’empêche de dormir, c’est que ma tension artérielle restera élevée jusqu’à ce qu’ils soient sous leurs parachutes dans les eaux au large de la côte ouest. Il n’y a pas de plan B. Tout repose sur le système de protection thermique. Le bouclier thermique doit fonctionner», a déclaré mardi l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, lors d’une conférence de presse.
Alors que la capsule de l’équipage plonge à travers l’atmosphère, l’air continue de s’accumuler devant elle, créant une traînée et ralentissant le vaisseau spatial avec une force équivalente à quatre fois celle de la gravité — c’est pourquoi les membres d’équipage se sentiront également quatre fois plus lourds qu’ils ne le sont sur Terre.
Déploiement des parachutes
Alors qu’Orion se déplace encore à des centaines de kilomètres à l’heure, il entamera alors une séquence de déploiement précise de 11 parachutes.
Trois sont d’abord largués pour retirer la voilure de protection qui recouvre les parachutes principaux.
Puis, à environ 7600 mètres au-dessus de la surface de la Terre, deux parachutes-freins sont largués pour ralentir et stabiliser le module d’équipage, avant d’être largués à leur tour.
Enfin, à près de 3000 mètres avant l’amerrissage, trois parachutes pilotes sont largués, déployant les trois parachutes principaux, qui ralentissent alors le vaisseau spatial à environ 30 km/h et lui permettent de se stabiliser et de se redresser pour l’atterrissage.
Amerrissage dans le Pacifique
Orion devrait amerrir dans l’océan Pacifique à près de 30 kilomètres au large des côtes californiennes, environ 16 minutes après son entrée dans l’atmosphère terrestre.
Une fois dans l’eau, des systèmes de flottaison seront déployés pour maintenir la capsule à la verticale, tandis que les équipes de récupération, composées de membres de la Marine, de l’Armée de l’air et de la NASA, se mettront en place.
Des plongeurs aideront les astronautes à passer d’une plate-forme gonflable à des hélicoptères qui les emmèneront ensuite vers un navire de récupération. Orion sera ensuite remorqué jusqu’au navire de récupération pour être transporté au Centre spatial Kennedy, en Floride.
Le lieu de l’amerrissage dépend des conditions météorologiques
Les conditions météorologiques sont surveillées de près, car la NASA précise qu’il ne doit y avoir ni forte pluie ni orage à plusieurs kilomètres du site d’atterrissage.
Paul Delaney, professeur émérite de physique et d’astronomie à l’Université York, a rappelé qu’il fallait une mer relativement calme, des vents modérés et l’absence de fortes averses ou d’éclairs.
«Il est plus probable qu’ils ajustent la zone d’atterrissage», a affirmé M. Delaney lors d’une entrevue jeudi avec CTV Your Morning sur ce qui se passerait si ces conditions n’étaient pas réunies.
«Pour l’instant, les conditions semblent plutôt bonnes, mais il y a un système relativement proche qu’ils surveillent de près», a ajouté M. Delaney. «Ils peuvent ajuster leur point d’entrée pour qu’il se situe soit un peu en deçà de la zone principale, soit un peu plus loin.»
«Il faudrait vraiment que la situation au sol soit catastrophique pour qu’ils envisagent ne serait-ce que de les mettre en orbite.»

