Science et nature

L'Agence spatiale canadienne accueille l'équipage d'Artemis II

Jeremy Hansen a déclaré devant une foule en liesse à Longueuil que bon nombre des personnes présentes dans la salle avaient contribué au succès de la mission.

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Les astronautes de la mission Artemis II, de gauche à droite: Jenni Gibbons, Jeremy Hansen, Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman participent à une séance de questions-réponses au Centre national des Arts à Ottawa, le 13 mai 2026. LA PRESSE C... Les astronautes de la mission Artemis II, de gauche à droite: Jenni Gibbons, Jeremy Hansen, Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman participent à une séance de questions-réponses au Centre national des Arts à Ottawa, le 13 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

L’astronaute canadien Jeremy Hansen et le reste de l’équipage d’Artemis II ont reçu un accueil triomphal au siège de l’Agence spatiale canadienne à leur retour de leur voyage vers la face cachée de la Lune.

Cette mission de dix jours a emmené Jeremy Hansen et ses trois coéquipiers américains — le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et la spécialiste de mission Christina Koch — plus loin de la Terre que n’importe quel être humain avant eux. M. Hansen était également spécialiste de mission.

Les astronautes ont déclaré à La Presse Canadienne, lors d’une entrevue au siège de l’Agence spatiale canadienne à Longueuil, que les leçons qu’ils avaient tirées concernaient autant les relations humaines que la science.

M. Hansen, qui a également occupé le poste de spécialiste de mission, a déclaré avoir été époustouflé tout au long du voyage par la façon dont les gens se sont manifestés d’une manière qu’il n’aurait jamais imaginée. Cela allait de l’artiste anichinabé qui a créé un écusson sur sa combinaison de vol à l’équipe de scientifiques contribuant à la mission, a-t-il précisé.

M. Hansen a expliqué qu’avant le lancement, l’équipe scientifique avait réalisé que les astronautes, lors de leur survol de la Lune, seraient les seuls humains capables d’observer une éclipse solaire en raison de leur position unique.

Le travail de l’équipe au sol, a-t-il dit, leur a donné, à lui et à ses trois coéquipiers, «cette occasion de saisir des données scientifiques auxquelles nous n’avions même pas pensé à l’avance».

«La réalité chez les humains, c’est que tant que vous ouvrez la porte et que vous êtes prêt à (…) déléguer, ou simplement à mettre les autres en valeur pour qu’ils apportent leur contribution, le résultat sera bien plus magnifique que vous ne l’auriez imaginé.»

M. Wiseman a raconté avoir été surpris par l’émotion qu’il a ressentie en voyant la Lune grossir et la Terre s’éloigner.

«Nous avons pris conscience de notre place dans le système solaire, nous pouvions sentir où nous nous trouvions entre la Terre et la Lune, simplement en observant la façon dont le Soleil éclairait ces deux corps célestes, a-t-il expliqué. L’aspect humain m’a vraiment pris au dépourvu. C’était bien plus que ce à quoi je m’attendais.»

L’équipage d’Artemis II a reçu un accueil triomphal jeudi au siège de l’Agence spatiale canadienne, sur la Rive-Sud de Montréal. M. Hansen a déclaré devant une foule en liesse que bon nombre des personnes présentes dans la salle avaient contribué au succès de la mission.

«Notre équipe a fait le tour de la Lune, et le Canada est devenu le deuxième pays au monde à envoyer un être humain dans l’espace lointain. Je dirai simplement: nous l’avons fait», a-t-il déclaré sous les acclamations du public.

Mme Koch a raconté à la foule que M. Glover et elle-même étaient déjà venus au Canada pour s’entraîner sur le bras canadien — un bras robotique fixé à la Station spatiale internationale — et a salué l’expertise du pays en matière de matériel spatial.

«Je peux vous dire sincèrement que je me sens ici comme chez moi», a-t-elle déclaré.

L’équipage a ensuite répondu aux questions de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, des cadets de l’Air et de jeunes élèves. Les quatre membres d’équipage ont été rejoints par l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne Jenni Gibbons, qui faisait partie de l’équipe du Centre de contrôle de mission de la NASA pendant la mission Artemis, et qui s’était également entraînée avec l’équipage comme astronaute de réserve.

Mme Gibbons a déclaré à La Presse Canadienne que le fait d’avoir soutenu M. Hansen lors de cette mission avait été un moment fort de sa carrière et une source de fierté pour le Canada. «Quelle immense réussite d’avoir une astronaute dans l’espace lointain, parlant français autour de la Lune», a-t-elle célébré lors d’une entrevue.

Elle a ajouté qu’il était essentiel pour le Canada de continuer à investir dans l’espace, d’autant plus que la NASA s’apprête à établir une base lunaire. «La logistique et la robotique ont un rôle crucial à jouer à la surface de la Lune, et le Canada est très bien placé pour apporter ces contributions», a-t-elle déclaré.

Avant la séance de questions-réponses, M. Wiseman a exhorté le personnel de l’agence spatiale à garder le rythme et à continuer de travailler sur des technologies qui contribueront aux futures missions spatiales.

«Nous avons besoin de vous aujourd’hui et nous aurons besoin de vous à l’avenir, car vous faites partie de tout cela, a-t-il affirmé. Ce drapeau (canadien) sera sur la Lune et il fera avancer la robotique partout.»

Il a ajouté que la composition internationale de l’équipage d’Artemis II avait apporté une diversité de perspectives qui a renforcé la mission et uni le monde.

«C’est une équipe internationale, et c’est une équipe internationale qui apporte une richesse à tous les niveaux, en mélangeant les cultures, en mélangeant les personnes, en mélangeant l’amusement, en mélangeant la joie lunaire, et en rassemblant le monde entier. Et nous avons tous fait ça. Merci.»

Morgan Lowrie

Morgan Lowrie

Journaliste