Santé

Une bactérie «mangeuse de chair» sévit aux États-Unis

La Louisiane a confirmé neuf cas d’infection à vibrio vulnificus cette année. Toutes les personnes concernées ont été hospitalisées et cinq d’entre elles sont décédées.

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Cette image prise au microscope électronique en 2005, fournie par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, montre la bactérie Vibrio vulnificus. Janice Haney Carr/Centres pour le contrôle et la prévention des maladies via AP, Archi... Cette image prise au microscope électronique en 2005, fournie par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, montre la bactérie «vibrio vulnificus». Centres pour le contrôle et la prévention des maladies via AP, Archive (Janice Haney Carr)

Les autorités sanitaires de la Louisiane, aux États-Unis, exhortent les baigneurs à prendre des précautions face à la recrudescence estivale des infections causées par une bactérie «mangeuse de chair» présente dans les eaux côtières.

La Louisiane a confirmé neuf cas d’infection à vibrio vulnificus cette année, a indiqué la semaine dernière le ministère de la Santé de l’État dans un communiqué. Toutes les personnes concernées ont été hospitalisées et cinq d’entre elles sont décédées.

Au cours de la même période lors de la dernière décennie, la Louisiane avait signalé en moyenne sept cas et un décès.

«Consultez immédiatement un médecin si une plaie exposée à l’eau saumâtre ou salée devient rouge, enflée, douloureuse, chaude ou décolorée, ont indiqué les autorités dans le communiqué. Informez le professionnel de santé de cette exposition à l’eau.»

Les bactéries de l’espèce vibrio se développent dans l’eau de mer ainsi que dans le mélange saumâtre d’eau douce et d’eau salée que l’on trouve dans les estuaires et les lagunes. La plupart des infections sont signalées entre mai et octobre. La majorité survient dans les États situés le long de la côte du golfe du Mexique. Selon les médecins, le golfe du Mexique offre un environnement idéal, avec des taux de salinité et de chaleur propices à la prolifération de cet organisme.

Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la souche la plus mortelle est vibrio vulnificus. Jusqu’à une infection sur cinq est fatale, un taux bien plus élevé que pour les autres types de bactéries vibrio.

La Floride, qui enregistre généralement plus d’infections que les autres États, a signalé 14 cas de vibrio vulnificus et deux décès depuis le début de l’année, contre 33 cas et cinq décès pour l’ensemble de l’année dernière. Les statistiques montrent que le nombre de cas augmente les années où la Floride est frappée par des tempêtes tropicales et des ouragans.

Certaines personnes sont infectées en consommant des crustacés crus ou insuffisamment cuits, en particulier des huîtres. Toutefois, une grande partie des cas survient lorsque la personne se trouve dans l’océan ou dans des eaux saumâtres et que la bactérie pénètre dans l’organisme par de petites lésions cutanées.

Les médecins indiquent que les cas graves sont plus fréquents chez les patients âgés, les personnes dont le système immunitaire est affaibli, ainsi que celles souffrant d’une maladie hépatique, de diabète ou de certaines maladies chroniques.

Les scientifiques affirment que le changement climatique favorise la prolifération des germes et leur propagation vers le nord. Une étude de 2023 a révélé que le cas le plus septentrional se déplaçait d’environ 48 kilomètres chaque année, et que le nombre total de cas était en hausse.

Comment se protéger?

Vibrio vulnificus peut pénétrer dans l’organisme par des coupures et des écorchures non cicatrisées, des perçages et tatouages récents, ainsi que des incisions chirurgicales récentes.

Le CDC recommande de laver immédiatement et soigneusement les coupures et écorchures à l’eau courante et au savon après tout contact avec les eaux côtières ou des fruits de mer crus. Il est conseillé de consulter un médecin dès l’apparition de symptômes, tels que de la fièvre, des frissons et des zones rouges et chaudes sur la peau qui commencent à s’assombrir et à former des cloques.

Les huîtres présentent un risque particulier, et il est impossible de savoir si une huître est contaminée simplement en la regardant. Il est recommandé de se laver les mains à l’eau et au savon après avoir manipulé des coquillages crus et de porter des gants de protection si l’on souffre d’un système immunitaire affaibli et que l’on présente un risque accru d’infection.

Les autorités sanitaires fournissent également des consignes de cuisson pour les palourdes, les moules et les autres coquillages. Elles recommandent de jeter tous ceux dont la coquille est ouverte avant de les faire bouillir ou cuire à la vapeur.