Santé

Retards dans les traitements de cancer et Dossier santé numérique: Bélanger se veut rassurante

«Santé Québec assure qu’il n’y aura pas d’enjeux pour les patients.»

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La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à droite, s’exprime aux côtés de la première ministre du Québec, Christine Fréchette, à l’hôpital Rosemont-Maisonneuve de Montréal, le jeudi 23 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à droite, s’exprime aux côtés de la première ministre du Québec, Christine Fréchette, à l’hôpital Rosemont-Maisonneuve de Montréal, le jeudi 23 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov (Christopher Katsarov)

Le gouvernement caquiste a tenté de se montrer rassurant, mercredi, concernant les retards dans les traitements de cancer en raison de l’implantation du Dossier santé numérique (DSN), le virage numérique mené à compter du 9 mai par Santé Québec d’abord dans deux CIUSSS, soit celui du Nord-de-l’Île-de-Montréal et de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Les médias de Québecor rapportaient mercredi les propos d’un médecin qui faisait état d’une baisse du nombre de patients suivis ou traités en raison du DSN à Drummondville.

Or, dans un breffage technique la semaine dernière, Santé Québec avait signalé une baisse des activités à prévoir pour quelques semaines, tout en ajoutant que les activités urgentes ou «importantes», comme l’oncologie ou l’urgence, ne subiraient pas de baisse.

Questionnée à savoir s’il y avait des retards dans les traitements, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a répondu que les médecins «vont continuer à travailler avec leur jugement clinique», sans préciser davantage.

«Ils vont continuer de faire le travail clinique, pour eux, c’est la priorité», a-t-elle assuré en mêlée de presse en évitant de s’aventurer à parler de retards.

«Santé Québec assure qu’il n’y aura pas d’enjeux pour les patients», a pour sa part affirmé la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, qui est aussi ministre de la Cybersécurité et du Numérique et qui surveille donc la mise en place du DSN.

«Le changement, c’est certain que ça provoque toujours des questions de la part de tout le monde, mais l’autre option, c’est le télécopieur, le papier et le crayon, donc j’ai confiance en Santé Québec pour bien gérer ce dossier.»

Des services maintenus, selon Santé Québec

Santé Québec a émis un communiqué afin de «rassurer la population», selon ses mots.

Les patients souffrant d’un cancer recevront leurs soins «dans les délais prévus selon sa condition», a tenu à préciser le Dr Christian Carrier, chef du Service d’hématologie et du Service d’oncologie médicale au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec

«Nous tenons à le préciser: aucun traitement de chimiothérapie ne sera annulé, et l’ensemble des services destinés aux cas urgents et oncologiques sera maintenu tout au long de la période de déploiement», a-t-il soutenu.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, avait expliqué qu’à partir du lundi 27 avril, les activités allaient baisser de 75 % par rapport au volume habituel, puis de 50 % à compter du 4 mai, pour deux semaines, avec une remontée à 75 % à compter du 18 mai et un retour à 100 % à compter du 25 mai, selon les recommandations du fournisseur du DSN, l’entreprise Epic.

Le DSN est un projet de numérisation ambitieux qui devrait coûter entre 1,5 milliard $ et 3 milliards $.

La mise en place des projets pilotes dans les deux CIUSSS coûtera au bas mot 400 millions $ et plus de 1000 personnes interviendront en soutien au cours de l’opération.

Le DSN est une solution qui vise à fusionner pas moins de 400 systèmes informatiques différents dans le réseau.

C’est un système qui permet aux professionnels du réseau de consulter et de mettre à jour le dossier médical numérique d’un patient avec toutes ses données en temps réel, à partir de sa prise en charge.

Santé Québec a souligné que la solution retenue avait été éprouvée. Elle est déjà en service dans 16 pays, elle s’étend à 2800 hôpitaux, 125 000 lits, 70 000 cliniques, 580 000 médecins, avec au total 317 millions d’usagers.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste