«Go Live», «storyboard», «nightcart», «jokers», «in basket», etc. Selon une professionnelle de la santé, l’anglais serait omniprésent dans ses formations en vue du lancement du Dossier santé numérique (DSN).
Sous le couvert de l’anonymat, elle craint que ces termes demeurent ainsi et créent de la confusion parmi les travailleurs de la santé.
«Les ordres professionnels ne peuvent pas offrir des formations en anglais, mais Santé Québec nous propose une formation pleine d’anglais. Et il semble que plusieurs termes vont demeurer ainsi», a-t-elle dénoncé à Noovo Info.
Carole Duperré, de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), soutient que ces termes en anglais auront un impact sur l’efficacité du DSN et sur les services.
«Naviguer avec une nouvelle application c’est une chose, mais en plus avec des termes qu’on ne connait pas, pour le personnel soignant, ce sont des délais qu’on rajoute», a-t-elle expliqué.
«Ils n’ont pas le temps de faire des recherches. Ça ne fonctionnera pas, ça va retarder les services.»
De son côté, Santé Québec assure que, depuis les derniers jours, plusieurs termes en anglais ont été francisés dans les formations et soutient que la plateforme sera adaptée aux besoins des Québécois.
On réitère que la plateforme sera prête pour être déployée à compter du 9 mai, et ce, malgré les craintes des employés.
Pourquoi est-ce en anglais?
Il faut savoir que c’est Epic Systems, une entreprise américaine, qui a remporté l’appel d’offres pour mettre en place les dossiers numériques québécois.
Plusieurs se questionnent sur la question de sécurité des données personnelles des Québécois.

«Il peut y avoir problème, même si les données sont hébergées au Canada, parce que la compagnie est aux États-Unis», avance Martin Trudel, du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec.
Les données peuvent-elles se retrouver entre les mains des Américains? Santé Québec a voulu rassurer la population.
«Personne ne peut utiliser nos données. Notre contrat est très clair. Les données appartiennent à Santé Québec», a répliqué Erika Bially, vice-présidente technologies de l’information chez Santé Québec.
Mercredi, des travailleurs de la santé et des experts ont sonné l’alarme quant au déploiement du DSN. On croit que le tout sera chaotique.
Selon certains experts, le dossier a été géré de façon chaotique et pourrait impacter la livraison de soins de santé.
«Je ne pense pas qu’on est prêt. On utilise encore des FAX. J’ai peur que ça ajoute du travail pour les professionnels de la santé», a expliqué Samira Rahimi, de la Chaire de recherche du Canada en soins de santé numériques avancés à l’Université McGill.
«Le 9 mai, je ne pense pas qu’on va être prêt. Ça va surement être repoussé», a répliqué un médecin de la région de Montréal. Sous le couvert de l’anonymat, il martèle que les problèmes sont réels.
À voir dans la vidéo.

