Des médecins britanniques affirment que les réseaux sociaux représentent un danger aussi redoutable que peut l’être le tabac et exhortent les autorités politiques à en faire plus afin de réduire l’exposition abusive aux écrans et aux réseaux sociaux.
L’Academy of Medical Royal Colleges, l’entité qui regroupe toutes les écoles et facultés de médecine au Royaume-Uni et en Irlande, a récemment publié une étude sur les enjeux reliés à l’utilisation des réseaux sociaux et des appareils technologiques.
«Ce sujet fait l’unanimité au sein de la profession médicale, au même titre que le tabagisme et le port de la ceinture de sécurité en voiture», indique-t-on en marge d’une consultation gouvernementale sur la protection des enfants en ligne.
«Peu de questions ont autant uni les cliniciens ces dernières années que l’impact que l’exposition sans limites à la technologie et aux appareils a actuellement sur la santé des enfants et des jeunes», ajoute le groupe d’expert, cité par le média Reuters.
Parmi les 132 médecins interrogés sur le sujet lors des derniers mois, plus de la moitié ont affirmé avoir été témoins d’un cas de préjudice par semaine qui serait lié aux technologies ou aux réseaux sociaux.
Un peu plus d’un tiers des experts signalent avoir été témoins du même phénomène sur de jeunes patients plusieurs fois par semaine. Parmi les dommages observés; traumatismes psychologiques liés à l’exposition à la violence en ligne ou encore blessures physiques causés par la reproduction d’acte de pornographie extrême.
«Les réseaux sociaux constituent un marché très lucratif, ce qui engendre un conflit structurel entre la rentabilité et le bien-être des enfants, un problème de santé publique déjà rencontré dans des secteurs tels que le tabac, l’alcool et les jeux d’argent», indique Tracy Daszkiewicz, présidente de la Santé publique britannique.
Lors d’une récente entrevue avec le média The Guardian, l’ex-secrétaire d’État britannique à la Santé et à la Protection sociale Wes Streeting avait lui aussi avancé que «les réseaux sociaux devraient être traités comme le tabac».
«Ils créent une forte dépendance et sont nocifs pour la santé [...] les géants de la technologie s’inspirent des stratégies des géants du tabac pour échapper à la réglementation», a lancé le politicien.
Tout comme le Canada, la Grande-Bretagne jongle avec l’idée de restreindre l’accès des enfants aux réseaux sociaux, en y incluant même une éventuelle interdiction pour les moins de 16 ans.
L’Australie est devenue le premier pays en décembre à adopter une loi imposant des limites d’âge pour les comptes sur les réseaux sociaux, et a instauré des amendes pour les entreprises qui ne s’y conforment pas.
Le ministre canadien de la Culture, Marc Miller, a indiqué que le gouvernement envisageait sérieusement une loi similaire.
On rapportait récemment qu’un mouvement citoyen né au Québec amassait les signatures dans une pétition exigeant que le gouvernement fédéral adopte rapidement une loi interdisant aux enfants de moins de 16 ans de créer des comptes sur les réseaux sociaux.
Avec de l’information de la Presse canadienne
