Un mouvement citoyen québécois a lancé une pétition pour demander au gouvernement canadien d’adopter une loi interdisant aux enfants de moins de 16 ans de créer des comptes sur les réseaux sociaux.
Le groupe, Age Standard, précise qu’il réclame également «un mécanisme concret» pour garantir l’application de cette loi.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Nous sommes des parents qui avons conçu et analysé les systèmes avec lesquels nos propres enfants grandissent aujourd’hui», a fait savoir Jean-Sébastien Giroux, porte-parole du mouvement, PDG et cofondateur de Hologram. «Nous savons comment ces plateformes fonctionnent, pourquoi elles n’ont aucun intérêt à s’autoréguler et, surtout, nous savons qu’il existe une solution technique — une solution fiable et déjà déployée ailleurs.»
M. Giroux, accompagné de six autres parents issus des secteurs de la technologie et du capital-risque, propose qu’une interdiction soit appliquée «à l’aide d’une technologie d’estimation de l’âge gérée par des tiers indépendants, sur la base d’un modèle déjà en place dans plusieurs juridictions, dont l’Australie».
De plus, ils souhaitent que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) supervise sa mise en œuvre, et que les plateformes elles-mêmes n’y soient pas associées.
«Ce dont le Canada débat depuis deux ans, d’autres l’ont déjà mis en œuvre», a dit M. Giroux. «Notre rôle consiste désormais à veiller à ce que la législation à venir soit bien conçue dès le départ : non pas par les plateformes elles-mêmes, non pas comme un slogan politique, mais comme un mécanisme fonctionnel.»
Cette déclaration fait suite à la décision prise le 11 avril par le Parti libéral du Canada de fixer à 16 ans l’âge légal pour que les Canadiens puissent commencer à utiliser les réseaux sociaux.
«Age Standard souligne que le débat public s’est jusqu’à présent concentré sur le “quoi” (que devrions-nous légiférer ?), sans aborder le “comment” (par quel mécanisme technique ?). C’est précisément cette lacune que le mouvement vise à combler», a-t-on expliqué. Les parents soulignent que le Canada devrait suivre l’exemple de l’Australie, qui a adopté le 10 décembre 2025 une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans.
La loi a contraint les entreprises de réseaux sociaux à supprimer jusqu’à 4,7 millions de comptes.
De plus, dans une affaire, les tribunaux américains ont statué le mois dernier que les géants technologiques Meta, propriétaire d’Instagram et de Facebook, et YouTube étaient responsables de la dépendance aux réseaux sociaux.
Ils ont été condamnés à verser 6 millions de dollars américains à une victime après que celle-ci eut affirmé que ces plateformes lui avaient causé une dysmorphie corporelle, une dépression et des pensées suicidaires.
Les sept cosignataires d’Age Standard sont :
- Dan Robichaud, ancien responsable de l’innovation chez Intel et ancien PDG de PasswordBox ;
- Jean-Sébastien Giroux, PDG et cofondateur de Hologram et professeur à l’Université de Sherbrooke ;
- Olivier J. Bergeron, professeur de marketing numérique à HEC Montréal, ancien PDG de Click & Mortar et associé chez Tink ;
- Jean-François Gagné, PDG de Nera et ancien PDG et cofondateur d’Element AI ;
- Claudine Blondin Bronfman, philanthrope et cadre supérieure en marketing et gouvernance, coprésidente exécutive de la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman, présidente du conseil d’administration de C2 Montréal et administratrice de Claridge et Stingray ;
- Magaly Charbonneau, associée chez Inovia Capital ;
- Marc D. David, professeur de communication marketing à l’Université de Sherbrooke.

