Québec élargit l’accès aux aides pharmacologiques pour ceux et celles qui souhaitent arrêter de fumer.
La Régie de l’assurance maladie (RAMQ) a notamment apporté des modifications aux conditions de remboursement de la nicotine et de la varénicline, un médicament antitabagique. Les changements sont entrés en vigueur jeudi.
Ainsi, la durée maximale du traitement des ordonnances des diverses préparations de nicotine et du médicament varénicline est augmentée à 24 semaines, consécutives ou non, par année.
En ce qui concerne la nicotine, la quantité totale remboursable de gommes à mâcher ou de pastilles durant les 24 semaines est désormais d’un maximum de 1680 unités, toutes formes confondues.
La RAMQ a aussi pris la décision de retirer de la liste des médicaments les conditions maximales de remboursement du médicament Zyban.
Notons que bien que l’aide soit élargie, les produits ne sont pas nécessairement entièrement gratuits : les personnes couvertes par le régime public d’assurance médicaments restent soumises aux règles de franchise et de coassurance.
Selon des données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), malgré une diminution du tabagisme au cours des dernières décennies, près de 864 000 personnes âgées de 18 ans et plus fumaient la cigarette au Québec en 2024.
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Pour Kevin Girard, pharmacien-propriétaire Uniprix, cette décision du gouvernement du Québec facilitera vraiment le processus pour les gens qui souhaitent arrêter de fumer.
«Un patient qui décidait d’arrêter de fumer le 1er janvier, une fois que son traitement était terminé, ou s’il l’avait interrompu trop tôt, ça allait au 1er janvier de l’année d’après avant qu’il puisse ravoir un traitement couvert par le gouvernement», a-t-il expliqué.
M. Girard estime qu’un traitement pour le sevrage de la nicotine peut coûter au moins 200$ par mois. «Quelqu’un qui prendrait beaucoup de timbres, beaucoup de pastilles, ça peut monter assez vite», a-t-il ajouté.
Le pharmacien invite par ailleurs les gens qui souhaitent cesser de fumer à trouver de l’aide en pharmacie. «Le message derrière tout ça, c’est que si vous voulez arrêter de fumer, venez nous voir, on est sûrs de vous régler ça.»
La lutte contre le tabac au Québec
Le gouvernement du Québec intervient dans la lutte contre le tabagisme depuis 1995. La Loi sur le tabac a été adoptée en 1998.
C’est en 2000 que le gouvernement du Québec fait le choix d’inclure le financement des thérapies de sevrage de la nicotine dans les listes des médicaments couverts par le régime public d’assurance médicaments.
En 2001, Québec décrète une hausse des taxes sur le tabac dans le but d’augmenter les fonds consacrés à la lutte contre le tabagisme. D’autres hausses suivront.
La Loi sur le recouvrement du coût des soins de santé et des dommages-intérêts liés au tabac est adoptée en 2009 et stipule que le montant à payer par un consommateur pour acheter un ou plusieurs produits du tabac, autres que des cigarettes, doit être supérieur à 10$.
Depuis 2015, au Québec, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics intérieurs et les lieux de travail, de même que dans certains lieux extérieurs. Ces interdictions s’appliquent aussi au vapotage.
