Manger du riz ou des fruits de mer expose davantage les habitants de Rouyn-Noranda à l’arsenic que les émissions de la fonderie Horne, selon une étude de biosurveillance financée par Glencore Canada, propriétaire de la fonderie.
Une étude de biosurveillance réalisée par la firme ontarienne Intrinsik Corp conclut que les niveaux d’arsenic chez les participants de Rouyn-Noranda sont «comparables ou inférieurs à ceux observés chez d’autres Canadiens».
La Fonderie Horne avait annoncé le lancement d’un programme volontaire de biosurveillance à l’arsenic pour ses employés et leurs proches, en février 2025.
De l’urine de 81 enfants et 164 adultes ont été analysés ainsi que des rognures d’ongles.
Mardi matin, le vice-président et toxicologue principal d’Intrinsik, Elliot Sigal, a présenté les résultats de l’étude commandée et payée par Glencore lors d’un breffage technique adressé aux médias.
«Les taux d’arsenic des participants étaient égaux ou inférieurs à la moyenne nationale canadienne» et «l’alimentation était le principal contributeur de l’exposition à l’arsenic, plus que la proximité de la fonderie», a indiqué M. Sigal.
«Nous ne sommes pas inquiétés par les niveaux d’arsenic dans l’air à Rouyn-Noranda et il y a des procédures que les gens peuvent faire pour réduire l’exposition aux contaminants dans l’environnement et cela inclue d’être conscient de la façon que l’on prépare du riz, et de rincer le riz délicatement avant de le cuisiner», a expliqué Elliot Sigal.
«Donc, selon vous, manger du riz est plus susceptible d’exposer une personne à l’arsenic que de vivre à côté d’une fonderie qui émet des taux d’arsenic 13,6 fois plus élevés que la norme provinciale?» a demandé La Presse Canadienne au vice-président de la firme payée par Glencore.
«Ce que notre étude montre est que l’alimentation cause une plus grande exposition que la fonderie et la forme de l’arsenic dans le riz est la même forme que laisserait s’échapper une fonderie», a ajouté Elliot Sigal.
Plus de risque de développer un cancer
L’étude payée et commandée par Glencore détonne avec les informations fournies dans les dernières années par la santé publique.
À l’été 2022, un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) révélait que, sur une période de 70 ans, un nombre excédant de citoyens de Rouyn-Noranda, entre 1 et 14, développeraient un cancer si l’entreprise Glencore ne diminuait pas la concentration d’arsenic dans l’air produit par la fonderie.
En 2022, les rejets d’arsenic de la fonderie s’établissaient à 73 nanogrammes (ng) par mètre cube (m3). La concentration moyenne d’arsenic dans l’air en 2025 mesurée par la fonderie a diminué pour s’établir à 40,9 ng/m3, selon les données enregistrées à la station légale Horne, dans le quartier Notre-Dame.
Malgré les améliorations, les rejets d’arsenic demeuraient, en 2025, 13,6 fois plus élevés que la norme provinciale.
Au moment d’écrire ces lignes lundi matin, la direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue n’avait pas réagi aux résultats de l’étude.

