Santé

Environ 500 000 patients ont trouvé un médecin de famille ou un GMF «plus tôt que prévu»

Du nombre, 180 000 patients sont des personnes vulnérables.

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La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à la période des questions du 6 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à la période des questions du 6 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Dans la foulée de l’entente avec les médecins omnipraticiens, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a affirmé mercredi que 500 000 patients supplémentaires ont pu être pris en charge par un médecin de famille ou un groupe de médecine familiale, «et ce, plus tôt que prévu».

Du nombre, 180 000 patients sont des personnes vulnérables. Ces résultats excèdent les objectifs de prise en charge fixés dans le cadre de l’entente conclue avec les médecins, selon ce qui a été indiqué dans un communiqué diffusé mercredi et signé conjointement avec le Dr Marc-André Amyot, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Québec et la FMOQ n’ont pas immédiatement précisé quelle proportion des 500 000 Québécois inscrits a été prise en charge par un médecin de famille à proprement dit en comparaison avec un GMF.

Cependant, «l’inscription de 500 000 nouveaux patients démontre» l’engagement «réel» des médecins omnipraticiens «à améliorer l’accès aux soins de santé», selon le Dr Amyot.

«Malgré une pénurie de médecins de famille, des médecins de toutes les régions ont accepté de revoir l’organisation des soins de première ligne et, grâce au concours d’autres professionnels de la santé, ils offriront un meilleur accès à la population», a déclaré président de la FMOQ par écrit.

La ministre Bélanger, elle, convient qu’il «reste du travail à faire», mais «cette avancée est concrète et va faire une réelle différence pour des centaines de milliers de personnes».

«C’est le fruit d’un travail collectif important avec les médecins de famille, leurs équipes et l’ensemble des professionnels qui contribuent à la première ligne, partout au Québec.»

—  Extrait d’une déclaration écrite de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger

Des doutes subsistent

En point de presse mercredi, le chef parlementaire du Parti libéral, André Fortin, a dit douter que ces inscriptions, pour la plupart collectives, permettent aux patients d’obtenir un meilleur accès aux soins.

«C’était clair que les médecins inscriraient 500 000 patients pour obtenir de l’argent additionnel que le gouvernement leur donne», a-t-il déclaré.

«Mais, (...) est-ce que les patients vont avoir plus de services? (...) Est-ce qu’il va y avoir plus de rendez-vous disponibles? Est-ce que ça va être plus simple de voir un médecin?»

Le député Guillaume Cliche-Rivard, de Québec solidaire, déplore qu’«il faut quand même appeler au GAP pour avoir un rendez-vous, puis ce n’est même pas sûr qu’on va être envoyé à la clinique à laquelle on est inscrit».

Il s’explique mal pourquoi les médecins touchent l’incitatif de 75 millions $ avant même que l’on sache si les résultats sont concluants.

«Le chèque est déjà dans la malle. Comment se fait-il qu’on ne l’envoie pas l’année prochaine, après évaluation de combien de ces 500 000 là ont eu véritablement des rendez-vous dans le système?» a-t-il demandé.

«Moi, je connais peu de gens qui reçoivent un bonus avant même d’avoir effectué le travail.»

«Je ne pense pas qu’il y ait un médecin qui va avoir de la difficulté à payer son épicerie si on retient le versement de la prime jusqu’à ce qu’on valide si l’exercice a été rempli avec succès et avec les objectifs souhaités», a acquiescé Joël Arseneau, du Parti québécois.

«Une véritable prise en charge, bien ça, on pourra le vérifier dans l’avenir», a-t-il souligné.

Un demi-million de patients inscrits pour une prime de 2,5 %

Québec voulait atteindre l’objectif d’inscrire 500 000 patients sans médecin de famille d’ici l’été. C’est donc chose faite selon le gouvernement, mais le Collège des médecins (CMQ) avait dénoncé en avril dernier la méthode qui a été employée pour arriver à cette fin.

Le Dr Mauril Gaudreault, président du CMQ, déplorait que les membres de la FMOQ ont reçu pour mot d’ordre de prioriser les patients orphelins «purs» – ceux qui n’étaient inscrits nulle part – au détriment de patients déjà inscrits dans un GMF.

Selon le CMQ, ce modus operandi faisait en sorte que des patients vulnérables se font dépasser dans la liste d’attente pour être pris en charge par un médecin de famille.

Il faut savoir que l’atteinte de l’objectif de 500 000 patients avant l’échéance du 1er juillet permet déjà aux omnipraticiens de toucher une prime de rémunération de 2,5%.

«La prime associée à l’inscription individuelle des patients orphelins est supérieure à celle pour l’inscription d’un patient inscrit collectivement», avait indiqué le Dr Gaudreault en avril. «Le Collège est préoccupé qu’un biais financier restreigne l’accès aux soins pour les patients vulnérables.»

Le Dr Amyot assure pourtant aujourd’hui que les «améliorations» aux services de première ligne qui découlent de l’entente avec Québec et la FMOQ «toucheront particulièrement les milliers de patients vulnérables dont les besoins sont importants».

À propos de l’entente entre Québec et la FMOQ

L’entente entre le gouvernement et les médecins omnipraticiens avait été ratifiée en décembre dernier, au bout de négociations depuis environ deux ans et demi afin d’ajuster les conditions de travail des médecins de famille œuvrant au sein du réseau public.

Cette entente, d’une durée de cinq ans, doit permettre une prise en charge de la population, un changement majeur au mode de rémunération des médecins, ce qui n’a pas été fait depuis 50 ans et la mise en place d’indicateurs de performance.

Dans la foulée, le gouvernement avait laissé tomber son objectif d’affilier toute la population à un milieu de soins d’ici 2027 – d’où l’inscription volontaire de 500 000 nouveaux patients (dont 180 000 vulnérables) d’ici juin 2026.

Avec de l’information de La Presse canadienne