Santé

Cyclosporose: l’ACIA ne s’inquiète pas de l’importation d’aliments contaminés en provenance des États-Unis

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Cette photo microscopique distribuée par la CDC montre un oocyste de Cyclospora dans un échantillon de selles fraîches. (CDC via AP) Cette photo microscopique distribuée par la CDC montre un oocyste de Cyclospora dans un échantillon de selles fraîches. (CDC via AP) (Melanie Moser)

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a indiqué qu’elle n’envisageait pas d’imposer des restrictions sur les importations de fruits et légumes frais en provenance des États-Unis, où des milliers de personnes ont été infectées par un parasite provoquant des diarrhées.

Les données publiées mardi par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis indiquent que, depuis mai, près de 7000 personnes dans plusieurs États auraient contracté la cyclosporose, une maladie gastro-intestinale provoquant une diarrhée aqueuse pendant six à sept semaines.

Plus de 1600 cas ont été confirmés et 5100 font actuellement l’objet d’une enquête.

La majeure partie des cas se concentre dans le Michigan, où les autorités sanitaires locales ont signalé plus de 3000 infections et ont suggéré que la laitue ou les légumes verts pourraient en être la source potentielle.

Toutefois, le département de la santé du Michigan a précisé qu’aucun producteur ou fournisseur de fruits et légumes n’avait été mis en cause dans cette épidémie touchant plusieurs États, et que d’autres aliments ne peuvent pas encore être écartés.

L’Agence de la santé publique du Canada a déclaré mardi qu’elle n’enquêtait sur aucune épidémie de cyclosporose dans le pays.

L’ACIA a indiqué que ses agents suivaient de près l’évolution de la situation au sud de la frontière et prendraient toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de la chaîne alimentaire.

L’agence fédérale chargée de la sécurité alimentaire a indiqué qu’elle effectue régulièrement des tests de dépistage du parasite Cyclospora dans le cadre de son programme de surveillance, qui cible les légumes-feuilles frais importés, entiers ou coupés – y compris les laitues et mélanges de salades en vrac ou préemballés – ainsi que les herbes aromatiques fraîches, comme la coriandre et le basilic, en plus des framboises et des mûres.

Cette surveillance est menée tout au long de l’année, a précisé l’agence fédérale, et elle est renforcée pendant les périodes de risque accru. On observe généralement une augmentation des cas de cyclosporose au printemps et en été, lorsque des fruits et légumes frais sont importés au Canada.

«Ces mesures peuvent inclure des contrôles ciblés à l’importation, des exigences supplémentaires en matière d’importation quand il le faut, une intensification des activités d’échantillonnage et d’analyse, ainsi que d’autres mesures préventives visant à réduire le risque avant que les produits n’entrent sur le marché canadien», a déclaré un porte-parole de l’ACIA dans un courriel adressé à La Presse Canadienne.

Ce qu’est la cyclosporose

La cyclosporose ne se transmet pas d’une personne à l’autre, car le parasite ne peut se répandre que par les selles. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, pour se propager, le parasite doit se trouver à l’extérieur du corps pendant environ une à deux semaines.

Lorsque les selles d’une personne infectée se retrouvent dans le réseau d’approvisionnement en eau utilisé pour l’irrigation des cultures ou dans le cadre de la transformation ou du conditionnement des aliments, elles peuvent contaminer ces derniers.

Les symptômes peuvent mettre quelques semaines à apparaître et comprennent généralement une diarrhée aqueuse, des ballonnements et des flatulences, des nausées, de la fatigue, des crampes d’estomac, une perte d’appétit, une perte de poids et une légère fièvre.

La plupart des personnes restent malades pendant six à sept semaines, et il arrive parfois que les symptômes disparaissent, puis réapparaissent.

S’en protéger

Mark Johnson, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada, a indiqué que le Cyclospora n’est généralement pas présent dans les aliments et n’est pas détecté dans l’eau potable au Canada, ce qui fait que la consommation de produits locaux constitue un moyen de réduire le risque de tomber malade.

Parmi les aliments importés au Canada qui ont déjà été associés à ce parasite, on trouve le basilic, la coriandre, les framboises, les mûres, le mesclun, les pois mange-tout et les mélanges de salades préemballés.

La Dre Susy Hota, chef du service des maladies infectieuses au Réseau universitaire de santé de Toronto, a recommandé de toujours laver les fruits frais, même s’ils sont étiquetés «prélavés», et en particulier s’ils sont restés emballés longtemps. «Cela semble être un terrain propice à la prolifération du parasite», a-t-elle expliqué.

«Cela ne garantit pas à 100 % que vous serez à l’abri de toute contamination alimentaire, car il arrive parfois que l’on ne parvienne pas à tout éliminer lors du lavage», a-t-elle ajouté.

La cuisson des fruits et légumes provenant de régions où le parasite est présent, telles que le Pérou, Cuba, l’Inde, le Népal, le Mexique, le Guatemala, l’Asie du Sud-Est et la République dominicaine, peut également contribuer à réduire le risque.

La maladie est diagnostiquée à l’aide d’un prélèvement de selles et traitée par un antibiotique délivré sur ordonnance. Les symptômes s’atténuent généralement dans les deux à trois jours suivant le début du traitement, mais les troubles intestinaux peuvent mettre plusieurs semaines à disparaître.

Les Canadiens qui pensent être atteints de la cyclosporose doivent contacter leur professionnel de santé.

Hannah Alberga

Hannah Alberga

Journaliste