Près de 1000 personnes au Michigan ont reçu un diagnostic d’infection parasitaire pouvant entraîner plusieurs semaines de diarrhée aqueuse, ce qui en fait la plus importante éclosion de ce type dans l’histoire de l’État et l’une des plus importantes au pays depuis des années.
Aucun décès n’a été signalé et la source des infections à Cyclospora n’a pas encore été identifiée. Par ailleurs, des enquêtes sur des cas similaires sont en cours dans 28 autres États, notamment en Ohio, où des personnes vivant juste de l’autre côté de la frontière avec le Michigan tombent également malades.
Les autorités du Michigan ont annoncé pour la première fois cette éclosion la semaine dernière, alors qu’elles avaient recensé plus de 170 cas — tous dans le sud-est de l’État — depuis le 22 juin. Le Michigan ne recense habituellement qu’une cinquantaine de cas par année.
Mercredi, l’État a indiqué que ce nombre était passé à 992, dont environ 40 hospitalisations. Juste de l’autre côté de la frontière, le comté de Lucas, en Ohio, comptait 306 cas mercredi. Le nord-ouest de l’Ohio a enregistré plus de 500 cas.
Les flambées de cyclospora peuvent être difficiles à enquêter, et les sources d’intoxication alimentaire peuvent être difficiles à établir. Mais «il y a clairement une éclosion liée à ce parasite qui se produit en ce moment même», a affirmé la Dre Natasha Bagdasarian, directrice médicale en chef du Michigan à l’Associated Press mercredi.
Voici ce qu’il faut savoir sur la situation actuelle:
Qu’est-ce que la cyclospora?
La cyclospora est un parasite microscopique de forme sphérique qui provoque généralement une diarrhée aqueuse «accompagnée de selles fréquentes et parfois explosives», selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). La maladie, appelée cyclosporose, ne met généralement pas la vie en danger et est habituellement traitée à l’aide d’antibiotiques. Les épidémies ont tendance à se produire le plus souvent à la fin du printemps et en été.
Ce parasite, qui apprécie la chaleur, infecte les intestins et se propage par les matières fécales. Par le passé, des personnes ont été infectées après avoir consommé des fruits ou des légumes qui avaient été exposés à de l’eau d’irrigation contaminée par des matières fécales.
Elle est moins courante que plusieurs autres types de maladies d’origine alimentaire, notamment la salmonellose et l’infection à E. coli. Pendant des années, peu de flambées de cyclospora ont été signalées chaque année aux États-Unis. Mais leur nombre a commencé à augmenter il y a environ une décennie, avec une hausse particulièrement marquée en 2018 et 2019. Les experts attribuent ces augmentations au changement climatique et à une meilleure détection.
Comparaison avec les précédentes éclosions
On manque de données exhaustives sur les flambées de cyclospora. Toutefois, les renseignements disponibles indiquent que seul un petit nombre de flambées documentées au cours des 20 dernières années a dépassé les 1000 cas. Cette courte liste comprend une flambée de 1997 liée à des framboises du Guatemala qui a rendu malades plus de 1000 personnes aux États-Unis et au Canada, ainsi qu’une flambée de 2019 liée au basilic mexicain qui a rendu malades plus de 2400 personnes.
Plusieurs raisons expliquent pourquoi il est difficile de connaître le nombre exact de cas, selon Melanie Firestone, chercheuse spécialisée dans les maladies d’origine alimentaire à l’Université du Minnesota. Certains tests utilisés pour dépister les types d’intoxication alimentaire ne sont pas adaptés à la détection de la cyclospora, «il y a donc beaucoup de cas non signalés dans ce domaine», a-t-elle ajouté.
Autres défis: les techniciens ne parviennent pas à cultiver le parasite en laboratoire, ce qui rend difficile l’obtention de preuves à partir des produits contaminés. Il peut également être difficile de déterminer quel aliment les personnes malades avaient en commun, car il s’agit parfois d’un seul ingrédient présent dans plusieurs recettes — comme le basilic ou la coriandre.
De plus, il est possible que les distributeurs alimentaires acheminent des aliments contaminés tant vers les épiceries que vers les restaurants, ce qui rend difficile l’identification de la provenance exacte des aliments contaminés. Les enquêtes peuvent prendre des mois et, parfois, ne permettent jamais d’identifier clairement la source.
Quelle est la situation actuelle?
Les cas semblent augmenter de façon marquée dans le sud-est du Michigan et ses environs. Toutefois, cela n’est pas considéré comme une urgence sanitaire nationale.
Rien n’indique que le parasite ait évolué pour devenir plus contagieux, selon Dianna Blau, chef par intérim de la division des maladies parasitaires du CDC.
Des milliers de cas de cyclospora sont signalés chaque année aux États-Unis et on ne sait pas encore dans quelle mesure cette année sera atypique, a-t-elle ajouté. Cela dit, le nombre total de cas enregistrés jusqu’à présent est quatre fois plus élevé qu’à la même période l’année dernière, selon les données nationales actuelles du CDC, qui accusent un retard considérable par rapport à ce qui est rapporté par les États.
Le Michigan semble être le plus durement touché, mais le dynamisme dont fait preuve l’État dans l’enquête et la déclaration des cas pourrait être «l’une des raisons pour lesquelles cela semble être un problème propre au Michigan», a affirmé la Dre Natasha Bagdasarian.
Comment se protéger contre la cyclospora?
Les personnes souffrant de diarrhée qui ne disparaît pas d’elle-même en quelques jours devraient consulter un professionnel de la santé et discuter de la possibilité d’une infection à la cyclospora, indiquent les autorités.
La meilleure façon de prévenir l’infection par ce parasite est d’éviter les aliments ou l’eau qui pourraient avoir été contaminés.
Les fruits et légumes frais doivent être lavés soigneusement avant d’être consommés. Il faut toutefois savoir que la cyclospora peut vraiment adhérer à certains aliments; le lavage ne suffit donc pas toujours à éliminer le risque d’infection.
Alors que les autorités du Michigan enquêtent sur la source potentielle, elles recommandent aux consommateurs d’acheter des têtes de laitue entières plutôt que de la laitue prélavée et emballée ou des mélanges de salades, et d’enlever les deux ou trois feuilles extérieures avant de laver les feuilles restantes sous l’eau courante.
Elles conseillent également de cuire les légumes lorsque cela est possible.
