Après avoir combattu un cancer du sein pendant cinq ans, Elvira Spremo, qui vit à Ottawa, n’avait pas l’impression que son combat était terminé. Elle était tellement accablée par une fatigue chronique qu’elle n’était plus que l’ombre d’elle-même.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«J’avais beaucoup de mal à reprendre le travail parce que j’étais fatiguée», a-t-elle expliqué à CTV News Toronto. «Et comme je ne pouvais pas expliquer ce qui m’arrivait, j’ai dû prolonger mon congé de maladie.»
Elle est tombée sur une publicité sur les réseaux sociaux pour une clinique de Toronto appelée Cancer Fatigue Services, qui a piqué sa curiosité. Après avoir pris contact, elle a rempli des questionnaires en ligne qui ont analysé ses symptômes.
«Ça a en fait montré que je souffrais vraiment d’une grande fatigue à différents niveaux.»
— Elvira Spremo
Après une recommandation médicale, la clinique a évalué l’état physique de Mme Spremo et a mis en place un programme d’exercices destiné à l’aider à retrouver force et énergie.
«J’étais un peu sceptique… mais je me suis engagée parce que je voulais tout faire pour sortir de ce désespoir causé par la fatigue chronique», a-t-elle dit. «Je voulais essayer parce que j’en avais assez d’être fatiguée.»
Au début, Mme Spremo admet que cela a été un défi.
«Je n’arrivais même pas à faire correctement un squat», a-t-elle expliqué. «J’avais mal.»
Elle a commencé par faire du vélo stationnaire à un rythme lent, puis est passée à un entraînement de haute intensité.
Aujourd’hui, un an plus tard, elle se sent à nouveau elle-même. La fatigue persistante a disparu, grâce aux divers programmes offerts par la clinique, qui sont pour la plupart couverts par l’Assurance-santé de l’Ontario.
Mme Spremo a également participé à un groupe de pairs animé par une travailleuse sociale, offert par la clinique, qui l’a aidée à apprendre à préserver son énergie.
«En fin de compte, cela reflétait vraiment ce qui m’arrivait», a soutenu Mme Spremo
Une clinique pour combler les lacunes en matière de traitement
Le Dr Scott Adams est le directeur général de Cancer Fatigue Services, la clinique que Mme Spremo a fréquentée près de la rue Yonge et de l’avenue Sheppard. Il a expliqué avoir lancé ce service pour venir en aide aux patients qui ne recevaient pas l’aide adéquate.
«J’ai passé ma carrière à voir des personnes vivant avec le cancer ou en rémission se faire ignorer chaque fois qu’elles parlaient de leur épuisement», a-t-il expliqué.
M. Adams a expliqué que lors de conférences, les gens s’adressaient à différents professionnels pour discuter de symptômes courants du cancer, comme l’oncologie psychosociale ou les préoccupations liées à la nutrition.
Mais il y avait un vide en ce qui concerne la fatigue liée au cancer.
«La fatigue était le seul sujet pour lequel il n’y avait jamais vraiment de place où s’adresser», a-t-il soutenu.
«Je pense que l’inaction est vraiment le résultat de sa complexité et de la façon dont notre système de santé est actuellement structuré.»
— Dr Scott Adams, directeur général de Cancer Fatigue Services
Il a expliqué que le temps limité dont dispose un patient avec un oncologue ne permet pas d’approfondir de manière significative tous les facteurs susceptibles de contribuer à la fatigue. Le patient est alors renvoyé vers son médecin de famille, qui est souvent incapable d’identifier le problème.
«Une partie de la solution consiste à s’assurer que nous évaluons la situation de manière exhaustive et que nous accordons aux gens le temps dont ils ont besoin pour assimiler l’information, afin qu’ils puissent avoir des conversations constructives à ce sujet et vraiment comprendre les défis auxquels ils sont confrontés», a déclaré M. Adams.
Une trousse d’outils nécessaire, mais qui n’existe pas
Lindsay Timm est directrice générale du Réseau canadien des survivants du cancer, qui compte parmi ses membres Cancer Fatigue Services.
Elle a affirmé que disposer de soins spécialisés pour un problème aussi courant et invalidant que la fatigue chez les patients atteints de cancer et les survivants change la donne, d’autant plus que ces derniers n’ont souvent pas beaucoup d’options pour des soins approfondis et prolongés. Cela peut laisser les survivants qui subissent encore les effets du cancer dans un sentiment de dépassement.
«En gros, c’est comme une mère oiseau qui pousse son petit hors du nid en lui disant : “Vole”», a-t-elle exprimé.
L’accent mis par la clinique sur l’exercice comme traitement de première intention est extrêmement bénéfique pour le bien-être général, a soutenu Mme Timm.
«Ils ne se précipitent pas pour prescrire des médicaments, car il s’agit souvent de somnifères qui créent une forte dépendance et sont durs pour l’organisme», a-t-elle indiqué.
«Ainsi, recourir à l’exercice comme intervention est une façon naturelle d’augmenter l’énergie.»
— Lindsay Timm, directrice générale du Réseau canadien des survivants du cancer
Bien qu’il existe des spécialistes que les patients atteints de cancer et les survivants peuvent consulter pour traiter des symptômes spécifiques liés à des aspects tels que la nutrition, l’œdème et les affections cutanées, Mme Timm a affirmé qu’ils ne se trouvent pas tous au même endroit. Cela signifie que les patients doivent effectuer toutes les recherches eux-mêmes.
Elle aimerait voir un répertoire des médecins qui traitent les survivants du cancer, afin qu’ils sachent où les diriger pour un traitement de réadaptation spécialisé continu.
«On leur accorde un peu de temps pour la réadaptation, mais après ça, c’est comme si on leur disait : “Débrouille-toi tout seul, mon garçon”», a-t-elle déclaré. «Ils ont besoin de cette boîte à outils de la part de leur médecin, mais ça n’existe pas.»

