Les chefs des partis politiques québécois se sont affrontés pour une deuxième fois en autant de soirs mercredi dans Le grand débat des chefs diffusé sur Noovo et Crave.
Le débat s’est décliné autour de cinq grands thèmes: le coût de la vie, les finances publiques et les infrastructures, l’avenir des jeunes, la santé et l’itinérance ainsi que la protection du français.
Pendant 90 minutes sur Noovo et sur Crave, Christine Fréchette (CAQ), Charles Milliard (PLQ), Paul St-Pierre Plamondon (PQ), Ruba Ghazal (QS) et Éric Duhaime (PCQ) ont échangé sur les grands enjeux qui préoccupent les Québécois.
Voici trois faits saillants du débat.
Le référendum
Le référendum a été débattu à plusieurs reprises lors de la soirée et Mme Fréchette s’en est d’ailleurs rapidement pris au chef du Parti québécois, le mettant au défi de tenir sa promesse d’organiser un référendum au cours des quatre premières années d’un mandat du PQ.
«Est-ce vraiment le moment d’ajouter à l’incertitude avec le référendum de Paul St-Pierre Plamondon? Moi, je m’occuperai de vos priorités. Lui, il s’occupera d’organiser un référendum», a-t-elle lancé dans son discours d’ouverture.
Un peu plus tard, lors d’un duel avec le chef du PLQ sur le coût de la vie, elle a ramené le débat autour du référendum, tentant de trouver un allier avec M. Milliard.
Charles Milliard, à lui rappeler qu’elle s’éloignait du sujet. «En ce moment même, tu es en train de discuter avec moi», a-t-il lancé. Il lui a également rappelé qu’elle a évité la question du référendum lors des trois premières semaines de la campagne électorale et qu’il comptait débattre sur le référendum avec le principal intéressé: Paul St-Pierre Plamondon.
Plus tard dans le débat, M. Milliard a d’ailleurs souligné au chef péquiste que «rien ne justifie» l’ouverture du débat sur la souveraineté, lançant une flèche à Mme Fréchette.
«On sait très bien que Mme Fréchette est souverainiste.»
— Charles Milliard, chef du PLQ
St-Pierre Plamondon s’est engagé à consacrer plus de 130 millions de dollars à l’organisation d’un référendum sur la souveraineté du Québec si son parti forme un gouvernement à l’issue des élections du 5 octobre. Il a toutefois précisé qu’il attendrait que le président américain Donald Trump quitte la Maison-Blanche en 2029 avant de déclencher ce référendum.
Le troisième lien
Les finances et les infrastructures sont des sujets très présents dans la campagne électorale, mais le troisième lien est toujours au centre du débat.
Charles Milliard s’est dit d’accord pour un projet de troisième lien autoroutier à Québec ce qui a soulevé une vague de critiques de la part du chef conservateur.
«Dans votre parti, vous savez que vous avez beaucoup de candidats qui sont contre. Comment on peut vous croire? Vous ne pouvez pas dire quand, vous ne pouvez pas dire le tracer et vous ne pouvez pas dire combien ça va couter», a lancé M. Duhaime.
«Je ne suis pas ingénieur. Je ne vais pas vous dire, il part où, puis il sort où. Ce que je veux vous dire, c’est qu’il y a une impulsion politique qui est positive de notre côté, mais on a des finances publiques à réparer», a répondu le chef libéral.
Il a également répliqué que le principal problème dans le projet de troisième lien c’est le promoteur.
Le débat sur le troisième lien a également été critiqué par QS, qui juge que la CAQ renouvelle avec un «ancien amour» chaque élection pour tenter de séduire la région de Québec, sans mener à bien le projet.
«Chaque campagne électorale, la CAQ redécouvre sa passion pour le troisième lien et après ça il y a une peine d’amour, il se sépare et après ça recommence.»
— Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS
En réponse à la critique de Mme Ghazal, la première ministre sortante s’est défendue en soulignant qu’il s’agit d’un projet «qui répond à un besoin».
«Ce n’est pas un projet de gnochon comme le chef du PQ l’a dit», a indiqué Mme Fréchette, lançant une flèche à son adversaire péquiste.
Le coût de la vie
Lors d’un duel, le chef conservateur et le chef péquiste se sont lancé des flèches «en tout respect». M. Plamondon a souligné la «créativité» du cadre financier très dépensier de M. Duhaime, qui de son côté s’est moqué de l’absence du leader péquiste à la présentation du cadre financier de son parti, mardi.
«Votre cadre financier ne tient pas la route, vous avez déposé un cadre, en fait vous n’étiez pas présent», a lancé M. Duhaime en énumérant plusieurs aspects du cadre financier du PQ qui ne fonctionne pas selon lui.
Concernant les baisses d’impôts, Mme Fréchette a indiqué être du même avis qu’Éric Duhaime: il faut augmenter le seuil du niveau imposable de revenu des Québécois à 35 000 $.
Mais pour le chef libéral, le «gaspillage de la CAQ» ne permettra pas d’augmenter le seuil de revenu non imposable.
«On dirait que vous magasinez chez Costco où ça vient en format géant ou en paquet de six», a lancé M. Milliard à Christine Fréchette, faisant référence notamment aux projets de la CAQ qui n’ont pas porté fruit, dont notamment Northvolt.
