La Coalition avenir Québec (CAQ) dirigée par la première ministre sortante, Christine Fréchette, a perdu le pouvoir aux mains du Parti québécois (PQ), lundi, selon Noovo-Crave.
Mme Fréchette a elle-même dû s’avouer vaincue dans sa circonscription de Trois-Rivières.
La débandade est généralisée pour la CAQ, alors que Noovo-Crave prévoyait une perte de 47 sièges pour le parti une heure après la fermeture des bureaux de vote.
Au moment d’écrire ces lignes, il était possible qu’aucun élu caquiste ne soit à l’Assemblée nationale après cette élection. La CAQ serait donc rayée de la carte, après que 90 de ses députés aient été élus en 2022.
DOSSIER | ÉLECTIONS QUÉBEC 2026
La cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, passe la fin de la soirée à Trois-Rivières. Le journaliste Étienne Fortin-Gauthier est sur le terrain pour Noovo Info. Suivez les développements en direct.
Christine Fréchette a rapidement concédé sa défaite. Voyez son discours dans la vidéo ci-dessous.
Les faits saillants
- 23h05 | La CAQ est en voie d’être rayée de la carte électorale
- 21h54 | La première ministre sortante, Christine Fréchette, doit s’avouer vaincue dans Trois-Rivières
- 21h33 | Christopher Skeete perd son siège dans Sainte-Rose
- 21h21 | Aucun candidat caquiste ne mène dans sa circonscription
- 21h10 | La candidate Geneviève Pettersen est défaite dans L’Assomption, l’ancienne circonscription de François Legault
- 21h09 | Le ministre sortant Jean-François Roberge est défait dans Chambly
- 21h06 | Le ministre sortant de la Justice, Simon Jolin-Barrette, défait dans Borduas
- 21h03 | La ministre sortante de l’Environnement, Pascale Déry, est défaite dans Repentigny
- 21h01 | Le ministre sortant des Finances, Eric Girard, est défait dans Groulx
- 20h37 | Le ministre sortant de l’Économie, Bernard Drainville, est défait dans Lévis
- 20h12 | La présidente sortante du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, est défaite dans Bertrand
Les luttes à surveiller pour la CAQ
La CAQ joue gros dans plusieurs régions: des ministres sortants comme Bernard Drainville, Simon Jolin-Barrette, Eric Girard et Ian Lafrenière ont perdu leur élection, tandis que d’autres caquistes sont dans des luttes serrées.
Mauricie: court règne pour Christine Fréchette?
Les élections du 5 octobre pourraient marquer la fin d’un court séjour de Christine Fréchette comme première ministre à l’Assemblée nationale.
«Avançons», dit le slogan de la CAQ. Christine Fréchette a tenté de symboliser un vent de changement après huit ans d’un gouvernement de François Legault, après avoir été élue cheffe du parti pour lui succéder.
Le parti a été officiellement renommé Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec. L’ex-ministre de l’Économie a été légèrement préférée à Paul St-Pierre Plamondon comme candidate préférée des répondants pour diriger la province dans un sondage Noovo-Crave-Nanos – une faveur aussi ressentie quant à ses capacités de naviguer les eaux troubles de la guerre commerciale entre le Canada et l’administration américaine du président Donald Trump.
Qu’à cela ne tienne, les projections de QC125 montrent que son adversaire péquiste dans la circonscription de Trois-Rivières, Jean Pellerin, serait favori pour l’emporter et ainsi succéder au ministre sortant du Travail, Jean Boulet, l’une des figures de proue du gouvernement de l’ère Legault à avoir annoncé son départ de la vie politique.
C’est dire qu’une défaite de la CAQ aux élections provinciales pourrait s’accompagner d’une défaite individuelle de sa cheffe dans sa propre circonscription, d’où elle est d’ailleurs originaire.
Fait à noter: en 17 scrutins depuis 1962, soit l’époque du premier ministre Jean Lesage, les députés élus dans Trois-Rivières étaient de la même allégeance que le parti porté au pouvoir à 14 reprises. Les trois exceptions: la victoire d’Yves Gabias pour l’Union nationale en 1962 (gouvernement libéral); celle de la libérale Danielle St-Amand en 2012 (gouvernement péquiste)...
Le PQ est en tête dans la plupart des sondages depuis le début de la campagne. Si son candidat Jean Pellerin dame le pion à la première ministre le 5 octobre, Trois-Rivières conserverait son statut de circonscription «baromètre» – un concept qui est toutefois remis en question par des experts en science politique.
Montérégie: les gros noms de la CAQ survivront-ils?
Comme sur la couronne Nord, les projections électorales pointent vers des défaites caquistes. Reste à voir comment le PQ et le PLQ se répartiront des gains potentiels dans cette région à la géographie particulière.
La Montérégie pourrait bien être l’une des régions où le recul de la CAQ sera le plus visible le soir du 5 octobre.
À l’ouest, près de Montréal et de la frontière ontarienne, les libéraux pourraient reprendre du terrain. À l’est, les projections de QC125 placent plutôt le PQ en tête dans chacune des 11 circonscriptions.
Il faudra voir si la notoriété des ministres sortants de la Rive-Sud de Montréal peut leur permettre de résister à la poussée péquiste.
Le ministre sortant de la Justice, Simon Jolin-Barrette (Borduas); le ministre sortant de la Langue française, Jean-François Roberge (Chambly); la présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy (Montarville); le vice-premier ministre sortant, Ian Lafrenière (Vachon)... Quatre noms associés de près aux huit années de gouvernement caquiste.
Leurs noms valent-ils encore quelque chose une fois les citoyens rendus dans les bureaux de vote? Ce sont quatre circonscriptions à la portée du PQ, selon les dernières projections.
C’est surtout vrai dans Vachon (Saint-Hubert), où la pente semble difficile à remonter pour M. Lafrenière, élu en 2018 lors de l’arrivée de la CAQ au pouvoir. L’ancien policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est à risque de ne pas faire mieux qu’une troisième place: les projections de QC125 donnaient le péquiste Stephan Fogaing vainqueur par une marge d’une quinzaine de points sur le caquiste et la candidate libérale Affine Lwalalika dans les jours précédant les élections.
Le pronostic n’est pas favorable non plus à M. Roberge à Chambly, où l’ancien ministre de l’Éducation joue son siège contre la péquiste Julie Guyot, projetée comme probable gagnante par QC125 (37% contre 29%).
Autre ministre caquiste de longue date, M. Jolin-Barrette (33%) tirait de l’arrière dans Borduas (Beloeil, Mont-Saint-Hilaire) à la fin de la semaine dans ces projections, derrière le péquiste Cedric Gagnon-Ducharme (37%).
On observait le même genre d’écart favorable au péquiste Jean-François Cloutier (33%) devant Mme Roy (27%) dans Montarville (Boucherville, Saint-Bruno-de-Montarville), dans les projections de la toute fin septembre.
Québec
En 2022, la CAQ avait raflé l’ensemble de la région de Québec, à l’exception des circonscriptions de Taschereau et Jean-Lesage, qui avaient été remportées par Québec solidaire (QS).
Les projections de QC125 prévoient désormais d’autres teintes de bleu dans la Capitale-Nationale, puisque le PQ et le PCQ risquent de mettre la main sur le gros des circonscriptions. QS pourrait de son côté conserver Taschereau et Jean-Lesage.
Marie-Josée Hélie, candidate conservatrice, pourrait l’emporter dans Montmorency en ravissant le siège au député sortant caquiste Jean-François Simard et à sa plus proche poursuivante dans les projections électorales de QC125, la péquiste Nathalie Gagnon.
Dans Louis-Hébert, qui comprend Saint-Augustin-de-Desmaures à l’entrée ouest de Québec, il était difficile de prévoir, dans les derniers jours avant l’élection, qui de la péquiste Chloé Fauchon ou du conservateur Marcos Archambault était le mieux placé pour obtenir ce siège laissé derrière par l’une des élues les plus importantes du gouvernement caquiste depuis 2018, l’ex-vice-première ministre Geneviève Guilbault.
Mme Guilbault a quitté la vie politique en janvier 2026 en assurant que son départ n’avait rien à voir avec le départ annoncé de François Legault ni des mauvais résultats de son parti dans les sondages à l’époque. «C’est une décision personnelle, familiale, qui est la nôtre», avait affirmé celle qui était alors ministre des Affaires municipales au sujet d’une décision mûrie depuis l’automne précédent.
Estrie
Dans Brome-Missisquoi, historiquement libérale depuis le début des années 2000, mais passée aux mains de la CAQ sous François Legault, semble mûre pour redevenir rouge, d’après les projections de QC125.
Frédéric Beauchemin s’y présente pour le PLQ, après avoir été élu dans Marguerite-Bourgeoys à Montréal en 2022. Devenu le porte-parole libéral de la région de l’Estrie en avril dernier, il lutte principalement contre le péquiste Patrick Melchior et rien n’est gagné.
Granby est aussi un bastion caquiste – et même adéquiste, l’ancêtre de la CAQ – depuis 2007, soit l’époque où la ville était dans la circonscription de Shefford, mais son député François Bonnardel, rouage important du parti sous François Legault en ayant dirigé plusieurs ministères, a annoncé son départ de la vie politique cet été.
Il revient maintenant à Claudine Leroux de succéder à M. Bonnardel mais, pour ce faire, cette candidate doit combler l’avance dont dispose son adversaire péquiste Jean-François Leroux dans la modélisation statistique basée sur l’agrégation de résultats de sondages électoraux.
À Mégantic, la bataille à prévoir est plutôt entre la péquiste Debbie Fennety et le conservateur Jimmy Gagnon. Ouvrir les bureaux de vote le jour de l’élection reviendra à jeter les dés, car les deux candidats ont des chances presque égales de l’emporter, le selon les probabilités statistiques calculées par QC125. Le député sortant de la CAQ, François Jacques, ne semble plus dans la course malgré ses victoires de 2018 et 2022.
Dans Richmond, autre territoire caquiste en date de 2018 avec André Bachand, le portrait est aussi excessivement serré, selon les projections de QC125. Quatre candidats pourraient récolter 20% des voix ou plus, d’après la plateforme: le péquiste Bernard Sévigny (23%), le libéral Hugo Fontaine (21%), le candidat successeur de M. Bachand, Guillaume Rousseau (21%), ainsi que le conservateur Dominic Bouffard (20%). Aussi bien parler d’une lutte à quatre.
Centre-du-Québec
Les luttes dans Nicolet–Bécancour, ainsi que dans les circonscriptions qui se partagent Drummondville, soit Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie et Drummond–Bois-Francs, s’annoncent tout aussi chaudement disputées.
Il faut noter que c’est la première fois depuis sa création, lors de la réforme en 2011 de la carte électorale, que la circonscription de Nicolet-Bécancour pourrait avoir un autre député que le caquiste Donald Martel, ce qui ajoute à toute l’incertitude qui entoure la bataille annoncée entre le conservateur Guillaume Langlois et le péquiste Jérôme Gagnon.
M. Martel n’a que très peu de chances de s’imposer dans son comté, selon les projections de QC125.
Chaudière-Appalaches
Un balayage conservateur dans Chaudière-Appalaches? Les projections de QC125 montraient que c’est possible. L’un de ces pressentis s’est rapidement concrétisé, lorsque le candidat-vedette caquiste Bernard Drainville a encaissé la défaite peu avant 21h.
Hormis le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches est l’autre région où le PCQ pourrait faire d’importants gains. Sans faire élire de député, le parti d’Éric Duhaime y avait récolté plus de 30% des voix lors du scrutin de 2022, de loin son meilleur résultat régional des élections.
Le PCQ serait en voie de convertir cette lancée en sièges à l’Assemblée nationale, selon les projections de QC125, qui établissent de solides probabilités de victoires conservatrices dans Beauce-Nord, Beauce-Sud, Bellechasse, Chutes-de-la-Chaudière et Lotbinière-Frontenac.
M. Duhaime pourrait même célébrer un balayage si son parti gagne Lévis et Côte-du-Sud, mais cela vient avec le défi de montrer la porte à Bernard Drainville, notamment.
Ce scénario est plausible, selon les divers sondages électoraux conduits depuis le début de la campagne électorale, même si le ministre sortant de l’Économie avait réussi son arrivée chez la CAQ avec une victoire par une marge de près de 28 points en 2022.
Cette fois, l’ancien péquiste pourrait encaisser un deuxième revers politique de suite, après que la CAQ lui a préféré Christine Fréchette dans la course à la succession du chef François Legault. Les projections de QC125 placent Karine Laflamme comme favorite pour damer le pion à l’ex-chroniqueur du 98,5 FM.
Outaouais
Après huit ans de gouvernement caquiste, aucun des sièges du parti de Christine Fréchette n’est à l’abri en Outaouais.
Hull avait basculé dans le giron de la CAQ en 2022 après des décennies de domination libérale. Les projections suggèrent toutefois que cette parenthèse pourrait être courte.
La députée sortante Suzanne Tremblay est reléguée dans le peloton des candidats qui ne sont tout simplement pas Sacha Cannon, candidat libéral. Une victoire par une marge de plus de 20 points de pourcentage est dans le domaine du possible pour celui qui est membre du PLQ depuis l’âge de 16 ans, selon les projections de QC125.
Une logique similaire pourrait s’appliquer dans Gatineau, détenue par la CAQ depuis 2018. David Logue tente d’y reprendre le siège pour le PLQ face au caquiste William Robertson, au péquiste Raphaël Déry, au conservateur Bertin Aboussou et à la solidaire Emmanuelle Tremblay.
Dans Chapleau, la bataille paraît plus serrée. Le député caquiste Mathieu Lévesque tente de conserver son siège face au libéral Michel Langevin et à la péquiste Meixia Maltais.
La circonscription la plus intéressante de toute la région est possiblement Papineau, vaste secteur rural à l’est de Gatineau.
Selon les projections, la caquiste Linda Gauthier (21%) pourrait sauver le siège laissé par le ministre sortant de la Culture, Mathieu Lacombe, un autre des ministres de l’ère Legault qui quitte la vie politique.
Laval
Les deux tiers de l’île Jésus sont caquistes depuis l’élection de 2022. Voilà qui devrait changer radicalement en 2026, en route vers un possible balayage libéral.
Si la CAQ veut une chance de remporter les élections provinciales, il faudrait potentiellement une bonne soirée à Laval, où le parti de Mme Fréchette détenait quatre sièges avant le scrutin. Ce n’est toutefois pas ce que laissait présager l’agrégation des résultats de sondages électoraux en fin de campagne.
Dans Sainte-Rose, Christopher Skeete semble en position périlleuse face à la candidate libérale Cécile Tremblay. QC125 projette 33% des voix en faveur de Mme Tremblay, contre 24% pour le ministre sortant des Relations internationales et de la Francophonie.
Dans Laval-des-Rapides, il y a aussi le cas de Céline Haytayan. Victorieuse en 2022, la députée a été l’une des dizaines d’élues à quitter le navire caquiste avant le déclenchement de la campagne électorale.
Le nouveau candidat caquiste Vincent Bolduc, à 20% des voix selon les projections de QC125, ne serait même pas dans la lutte. Un gain de Caroline De Guire dans cette circonscription bordée par la rivière des Prairies au sud (33%, ±7%) pourrait donc marquer un possible balayage libéral à Laval.
Lanaudière et Laurentides
Il y a quelques candidats vedettes en lice dans la couronne Nord de Montréal, mais cela pourrait ne pas suffire à prévenir un balayage péquiste.
Le ministre sortant des Finances, Eric Girard. L’autrice et chroniqueuse Geneviève Pettersen. La ministre sortante de l’Environnement et ex-journaliste Pascale Déry. De gros noms.
Pourtant, la CAQ, dominante sur la rive Nord de Montréal depuis l’ère Legault, est possiblement en proie à une rude chute après le départ du premier ministre et député de L’Assomption.
Mme Pettersen (28%) tirait de l’arrière par une marge d’environ 10 points au profit du péquiste Maxime Laporte (38%) selon les projections de probabilité de victoire de QC125 dans cette circonscription en date du 29 septembre.
Un scénario similaire est à prévoir tout juste un peu plus près de Montréal, à Repentigny (39% contre 29% selon les projections). Connue du public comme journaliste chez TVA dans les années 2000 et 2010, Mme Déry pourrait devoir céder son siège au péquiste Nicolas Girard.
Élue en 2022, Mme Déry a rempli plusieurs fonctions ministérielles, notamment à l’Enseignement supérieur, à l’Emploi et à l’Environnement. Son collègue Eric Girard a beaucoup moins bougé. Le ministre sortant des Finances tient les livres du Québec depuis son assermentation à ce poste en 2018.
M. Girard pourrait toutefois avoir signé son dernier budget provincial en 2026. La péquiste Marie-Claude Sarrazin est favorite pour l’emporter avec 32% des voix dans Groulx, qui couvre Boisbriand, Rosemère et Sainte-Thérèse.
Même une importante prime de notoriété de Girard à l’urne pourrait ne pas lui permettre de garder son siège. QC125 lui projette un appui de 25% dans les bureaux de vote, à sept points de la candidate du PQ.
Ailleurs au Québec
Potentiel balayage péquiste à prévoir au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans un effondrement apparent de la CAQ, au vu de l’agrégation des résultats de sondages électoraux.
Les libéraux espéraient peut-être une victoire de leur transfuge Pierre Dufour, mais il faudrait une bonne prime à l’urne pour permettre à l’ancien caquiste de battre le péquiste Stéphane Tremblay dans le coin de Val-d’Or.
Avec la collaboration de Guillaume Théroux pour Noovo Info
