Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a accusé la première ministre sortante, Christine Fréchette, d’avoir caché un devis technique qui aurait dit que des travaux de réparation devront être refaits sur le pont Pierre-Laporte entrainant des fermetures partielles.
Lors d’un point de presse à Lévis, M. Duhaime a brandi un document de 25 pages, qui aurait été signé par deux ingénieurs le 3 mars dernier, qui indiquerait qu’une membrane posée en 2021 devra être réparée en raison de lacunes dans son étanchéité.
«Pourtant on nous avait dit quand on l’a fait il y a cinq ans qu’elle allait durer 15 à 20 ans minimum», a lancé le conservateur visiblement irrité.
«On apprend que les travaux vont obliger la fermeture partielle du pont en 2027 sur une période de plus de 20 semaines, dont au moins 24 nuits et deux week-ends complets», a-t-il expliqué.
Des «réparations mineures» déjà publiquement prévues, dit le MTMD
Noovo Info a demandé au ministère des Transports et de la Mobilité durable ce qui est attendu comme travaux sur le pont Pierre-Laporte.
Le porte-parole Nicolas Vigneault a répondu que «la membrane n’est pas à refaire entièrement» et que les «réparations mineures» qui sont «prévues sur la membrane pour certaines sections où il y a présence d’usure» seront faites dans le cadre de travaux d’asphaltage qui ont fait l’objet d’une annonce publique en printemps 2026.
«L’asphaltage du pont est prévu en 2027 et ce projet faisait partie des investissements routiers 2026-2028 annoncés au printemps dernier», a écrit M. Vigneault dans un courriel envoyé à Noovo Info. «D’ici la réalisation du projet de 2027, des interventions de rapiéçage ont été planifiées cette année pour assurer le confort de roulement des usagers.»
Le MTMD ajoute que les travaux prévus sur la membrane ne constituent pas une surprise. «Compte tenu de la forte sollicitation du pont Pierre-Laporte, il est normal que des réparations ponctuelles soient requises afin d’assurer le maintien de l’infrastructure en bon état», écrit le relationniste.
Quant aux entraves à la circulation, leur durée et leur ampleur seront annoncées au printemps prochain, dit le MTMD, «mais le Ministère peut déjà confirmer que l’envergure des entraves sera moindre qu’en 2021».
La réponse de Fréchette
Coïncidence ou non, Christine Fréchette était jeudi de passage à Drummondville pour rencontrer la direction de SOPREMA, l’entreprise qui derrière la pose de la membrane en question.
Elle a d’ailleurs reçu l’appui de la direction.
«C’est exceptionnel [...] C’est rare que des dirigeants d’entreprise surtout celles qui obtiennent des contrats avec le gouvernement aillent aller se mouiller publiquement et appuyer une première ministre en campagne électorale en plein milieu d’un point de presse», a lancé M. Duhaime.
Le chef du PCQ a mis au défi la première ministre de dévoiler ce qu’elle savait au sujet des travaux à venir. «Étiez-vous au courant de votre propre devis depuis 6 mois ? Si oui pourquoi vous ne l’avez pas rendu public ?», a-t-il dit.
Le conservateur exige aussi des réponses sur les coûts des travaux qui seront à refaire.
«Cette première ministre est une cachotière. Elle a commencé par cacher le logo de son parti, elle a continué en cachant le nom de son parti. On est rendu au jour 9 de la campagne et elle cache le bilan de son parti et aujourd’hui elle nous cache les études qui nous disent qu’on va devoir encore fermer le pont partiellement l’an prochain», a-t-il renchéri.
Questionnée à cet effet lors d’un point de presse à Saint-Eustache, la première ministre a indiqué ne rien savoir concernant les réparations qui devront être effectuées.
«Non, je n’étais pas au courant de ces travaux», a assuré Mme Fréchette. «C’est important de poser des actes pour entretenir le pont et nos infrastructures, cela a fait défaut pendant des années avec les gouvernements antérieurs [...] Je veux assurer l’entretien adéquat de nos infrastructures, mais également intervenir à court et moyen terme pour améliorer la mobilité dans la Capitale-Nationale, à Lévis et en Chaudière Appalaches», a-t-elle conclu.
M. Duhaime se trouvait à Lévis pour annoncer son plan concernant le 3e lien. Le PCQ propose la construction d’un pont à haubans de 2,15 kilomètres au sud de l’île d’Orléans, qui relierait le chemin Royal à la route 132.
Le coût du projet est estimé entre 2,7 et 3 milliards $.
Correction
Une précédente version de ce texte indiquait que la première ministre se trouvait dans la région de Québec vendredi. Mme Fréchette se trouvait plutôt à Saint-Eustache.

