Politique

Sommet Canada-UE: le bras de fer se poursuit entre St-Pierre Plamondon et Carney

«Ce n’est pas respectueux de ne pas donner une place au premier ministre du Québec dans un évènement au Québec dans le cadre duquel ce sont les intérêts du Québec qui sont négociés.»

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«Ce n’est pas respectueux»: le bras de fer se poursuit entre St-Pierre Plamondon et Carney

Le premier ministre du Québec Paul St-Pierre Plamondon entretient le flou quant à sa présence au sommet entre le Canada et l’Union européenne qui doit se tenir dans les prochains jours. Il a refusé de dire mercredi s’il prendra part à l’évènement diplomatique et demande à son homologue fédéral Mark Carney de «revenir sur sa décision» afin qu’on le laisse s’exprimer lors d’un discours.

«J’invite le premier ministre canadien à revenir sur sa décision. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. J’ai toujours indiqué que je voulais une réunion productive avec Ottawa. Mais j’ai aussi indiqué que je voulais une relation qui était dans le respect», a dit le premier ministre québécois à son arrivée à l’Assemblée nationale.

«Ce n’est pas respectueux de ne pas donner une place au premier ministre du Québec dans un évènement au Québec dans le cadre duquel ce sont les intérêts du Québec qui sont négociés. Je l’invite à revenir sur sa décision, ce qui me concerne, je suis très prévisible, je vais toujours défendre l’intérêt du Québec», a-t-il ajouté.

Pour sa part, M. Carney a rappelé mercredi que son invitation tient toujours pour participer au dîner à la table d’honneur, en compagnie de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Ce sommet vise à renforcer le partenariat politique entre le Canada et l’UE et en ce début de «processus formel», ce souper permet d’«établir des relations personnelles» et des «conversations informelles plus directes», a fait valoir M. Carney mercredi matin à l’intention de son homologue du Québec.

«J’espère qu’il va reconsidérer sa décision», a-t-il conclu.

M. St-Pierre Plamondon a toujours l’appui de Québec solidaire (QS) dans sa démarche. Mercredi, la co-porte-parole Ruba Ghazal a réitéré que le Québec «devait parler d’une seule voix» afin que M. Carney revienne sur sa décision.

«C’est important que nous soyons unis dans un contexte où Donald Trump cherche à nous intimider. En refusant au Québec de prendre la parole sur son propre territoire, Mark Carney contribue au sentiment de division que M. Trump cherche à alimenter, c’est dangereux», a-t-elle dit.

Doctrine Gérin-Lajoie

PSPP s’appuie sur la doctrine Gérin-Lajoie, selon laquelle le Québec peut défendre ses champs de compétence propres et ses intérêts sur la scène internationale.

De plus, le premier ministre a ajouté que son prédécesseur, Jean Charest, avait créé un «précédent important» dans les négociations de l’accord actuel de libre-échange avec l’Union européenne en prenant part aux discussions, parce qu’elles avaient «beaucoup d’impact sur nous».

En outre, il a fait valoir que la balance commerciale avec les pays de l’Union européenne était «très négative» et qu’il est donc vital que le Québec puisse être à la table pour «corriger le tir».

M. Carney a quant à lui tenu à préciser que quatre séances de consultation avaient eu lieu avec la délégation québécoise jusqu’à maintenant.

Mardi, la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a plaidé que le sommet était une réunion de «nature fédérale», organisée par le Canada, et que «la géopolitique est de compétence fédérale».

Précisons plutôt que le commerce extérieur est une compétence fédérale, mais le Québec peut exercer ses compétences à l’étranger (éducation, culture, etc.) en vertu de la doctrine Gérin-Lajoie.

De plus, pour mettre en œuvre des traités et accords internationaux signés par Ottawa, il faut que les provinces adoptent des législations, ce qui rend donc leur collaboration nécessaire.