Les partis d’opposition ont fortement réagi à la décision du gouvernement péquiste d’abolir le ministère de la Cybersécurité et du Numérique et de transférer ses quelque 2000 fonctionnaires au Conseil du trésor. Une réorganisation qui donne un avant-goût du travail qui attend le nouveau ministre de l’Efficacité gouvernementale, Sébastien D’Astous.
En entrevue avec Noovo Info, M. D’Astous promet un «dégraissage» de l’État avec notamment des abolitions de postes, du réaménagement d’employés et la fin de la paperasse «farfelue».
«L’objectif ce n’est pas de couper les services, c’est de s’assurer que le farfelu, l’exagération qui perdure depuis tant d’années, soit enlevé», a-t-il expliqué.
Il assure n’avoir aucune intention d’améliorer l’efficacité de l’État à coup de tronçonneuse à la Elon Musk. M. D’Astous veut plutôt s’attaquer aux structures et commencer par «de petites bouchées».
«À court terme, j’aimerais travailler sur les petites choses qui nous irritent depuis plusieurs années. Des choses que j’ai connues dans le monde municipal, qui font qu’on n’est plus efficace et qui écœurent tout le monde», a-t-il lancé.
«C’est sûr qu’il va y avoir des emplois qui vont être supprimés. On l’a annoncé durant la campagne électorale, qu’on voulait rapetisser la lourdeur de l’État. Mais mon rôle, ce n’est pas d’y aller de façon ambitieuse tous azimuts», souligne-t-il.
M. D’Astous dit être conscient du travail qui l’attend et croit pouvoir obtenir les appuis nécessaires à l’Assemblée nationale.
«Il n’y a personne qui peut être contre l’efficacité de l’État. Quand c’est bien amené, il n’y a personne qui peut être contre ça.»
— Sébastien D’Astous, ministre de l’Efficacité gouvernementale
Jacinthe-Ève Arel: une nomination controversée
La nomination de Jacinthe-Eve Arel au poste de chef de cabinet au ministère de Sébastien D’Astous a soulevé un vent de contestation la semaine dernière.
Le ministre de l’Efficacité gouvernementale dit être conscient des prises de position que Mme Arel a partagées sur ses réseaux sociaux par le passé, mais soutient qu’il n’a pas d’intérêt à fouiller dans le passé.
Il affirme être «très à l’aise» et «en grande confiance» avec son embauche.
«Je pense qu’elle va amener justement le petit côté, on va se le dire, un petit peu plus structuré de droite, avec une vision d’améliorer les choses», a-t-il lancé.
Candidate pour la CAQ en 2018, puis avec le PCQ en 2022, Mme Arel a également travaillé au sein du cabinet du ministre Simon Jolin-Barrette jusqu’en 2020. Depuis quelques années, elle travaillait notamment comme analyste politique dans les médias. Elle participait d’ailleurs chaque semaine à l’émission Les Débatteurs de Noovo.
«Je souhaite un État qui assume pleinement ses responsabilités et reconnaisse les limites de son intervention. Un État capable de retirer les obstacles qu’il a lui-même dressés, pour permettre aux entreprises d’investir et consacrer ses ressources à ses missions essentielles. C’est dans cet esprit que je rejoins le gouvernement du Parti québécois», a écrit Mme Arel sur sa page LinkedIn jeudi dernier.

