Radio-Canada a rapporté lundi matin que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) a été démantelé par le gouvernement St-Pierre Plamondon sans que l’Assemblée nationale ait donné son accord sur le projet. Les critiques ne se sont pas faites attendre: le solidaire Etienne Grandmont, responsable en matière d’intelligence artificielle et du numérique, estime que la manœuvre politique «bafoue les principes de reddition de compte».
«En mettant la charrue devant les bœufs, le gouvernement St-Pierre Plamondon commence bien mal le mandat de collaboration que lui a donné la population du Québec», a écrit M. Grandmont quelques heures après la diffusion du reportage de Radio-Canada.
Toujours selon le diffuseur public, plus de 2000 employés du MCN sont désormais sous la responsabilité du ministère de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor tous deux pilotés par Alain Therrien. Les six sous-ministres qui œuvraient au sein du ministère travaillent désormais au Conseil du trésor, tout comme les milliers de fonctionnaires qui se trouvaient au MCN.
M. Grandmont a lancé lundi un avertissement au gouvernement péquiste, «contre la tentation de supprimer des structures avec un simple objectif comptable». Selon le député de Taschereau, «sans expertise publique solide, l’État reste à la merci des consultants, des compagnies américaines et s’expose à de nouveaux dépassements de coûts».
Le gouvernement St-Pierre Plamondon doit éventuellement déposer un projet de loi dans lequel seront diffusés tous les détails du démantèlement du MCN.
«Mise au point» d’Alain Therrien
Alain Therrien s’est tourné vers la plateforme X afin de souligner que le processus en cours «n’a rien d’inédit». «La transition suit donc son cours, une étape à la fois, sans court-circuiter le processus officiel», a-t-il écrit.
Une fois la nouvelle structure mise en place, le projet de loi sera déposé. Le ministre assure que les oppositions seront consultées.
«Les sous-ministres du MCN vont donc continuer de travailler avec leurs équipes pendant cette transition. Il n’y aura pas de perte d’expertise. Dans une logique d’efficacité de l’État et d’optimisation des structures, ce rapatriement des responsabilités du MCN sous le Trésor nous semblait logique. Les changements qui nécessiteront une modification législative se préciseront avec un projet de loi, mais tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant ne nécessitait pas de projet de loi», précise-t-il.
