Politique

Questions sur son leadership: Poilievre soutient que les députés devraient «se battre» pour les Canadiens

«Mon travail consiste à continuer de me battre pour les gens ordinaires...»

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Pierre Poilievre 16 août Pierre Poilievre le 16 août 2026 lors d'une conférence de presse à Vancouver.

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, exhorte ses députés à continuer de «se battre pour les emplois des Canadiens», alors que certains d’entre eux expriment en privé leurs inquiétudes quant à ses résultats dans les sondages, aux perspectives électorales actuelles du parti et à la sécurité de leur propre siège.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Mon travail consiste à continuer de me battre pour les gens ordinaires, pour des prix abordables et pour la sécurité dans les rues de notre pays, et c’est ce que je continuerai de faire», a déclaré M. Poilievre dimanche à Vancouver devant des journalistes, alors qu’il demandait au gouvernement fédéral de prolonger la suspension de la taxe fédérale sur l’essence jusqu’à la Fête du Canada de 2027.

Les commentaires du politicien font suite à une enquête menée par CTV News auprès de 17 députés conservateurs de partout au pays, à qui l’on a accordé l’anonymat pour s’exprimer en toute franchise sur son leadership et l’orientation du parti.

Tous les députés, sauf deux, se sont dits d’accord avec un récent sondage de Nanos Research, qui concluait qu’à l’heure actuelle, le premier ministre Mark Carney n’a « aucun rival évident » au sein du mouvement conservateur.

Bien que certains députés aient exprimé leur soutien, la majorité a fait part à CTV News de ses inquiétudes concernant les résultats de Poilievre dans les sondages et leurs propres chances électorales actuelles avec lui à la tête du parti.

Interrogé dimanche par CTV News sur ce qu’il dirait aux députés qui craignent de perdre leur siège, le chef conservateur n’a pas répondu directement, mais a soutenu qu’ils devraient se concentrer sur la lutte «pour un coût de la vie moins élevé» et sur le fait que Mark Carney «a manqué à ses promesses concernant les prix des produits d’épicerie».

Il a également été interrogé au sujet d’une chronique publiée samedi par Dan Robertson, ancien directeur des communications stratégiques de l’ancien premier ministre Stephen Harper, dans laquelle ce dernier concluait que même M. Harper ne pourrait pas remporter une course à la direction du Parti conservateur d’aujourd’hui.

Interrogé sur cette chronique et sur ce qui a changé au sein du parti, M. Poilievre a affirmé que les conservateurs d’aujourd’hui constituent «le parti qui défend les travailleurs de ce pays».

Pierre Poilievre confronté à des défis au sein du Parti conservateur

Depuis leur défaite aux élections fédérales de l’année dernière, alors qu’ils détenaient une solide avance sur Carney et les libéraux, Pierre Poilievre et les conservateurs ont dû faire face à des défis croissants.

En janvier, M. Poilievre a passé avec succès un test important pour son leadership, recueillant 87,4 % des voix lors d’un vote de confiance.

Mais depuis l’automne dernier, il a perdu quatre députés qui ont changé de camp pour rejoindre les libéraux: Chris d’Entremont, Michael Ma, Matt Jeneroux et Marilyn Gladu.

Deux autres – Larry Brock et Cathay Wagantall – ont annoncé qu’ils quittaient leurs fonctions plus tôt que prévu, tandis que Richard Martel s’apprête à être nommé au Sénat.

La circonscription québécoise de Martel, Chicoutimi—Le Fjord, fera l’objet d’une élection partielle le 31 août, et les observateurs politiques suivent de près cette course. Lors des élections fédérales de l’an dernier, les conservateurs avaient remporté la circonscription de justesse avec 34,1 % des voix, suivis par le Bloc québécois (31,2 %) et les libéraux (31,1 %).

Cet été, par ailleurs, M. Poilievre a semé la discorde au sein de son parti après avoir qualifié les membres de l’équipe de campagne de Caroline Elliott, candidate à la direction du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, de «lobbyistes libéraux venus de l’Est».

Mais samedi, dans un élan d’unité, il a été photographié en campagne aux côtés de Mme Elliott pour soutenir le candidat conservateur Stephen Curran, qui se présente à l’élection partielle de North Vancouver-Capilano.

«Un problème de confiance»

Les sondages continuent également de montrer que la popularité de Pierre Poilievre est nettement inférieure à celle de Carney. Selon les derniers chiffres de Nanos Research, 53,6 % des Canadiens préfèrent Carney comme premier ministre à Poilievre, qui n’obtient que 18 %.

Ce même sondage donne aux libéraux un appui de 45,6 %, contre 29,1 % pour les conservateurs.

La Chambre des communes doit reprendre ses travaux le 21 septembre, et plusieurs députés interrogés par CTV News affirment que la clé pour que le chef conserve l’appui de son caucus réside dans son niveau d’interaction avec les députés une fois que la Chambre aura repris ses travaux.

Dimitris Soudas, qui a occupé le poste de directeur des communications de Harper, affirme que même si Pierre Poilievre est confronté à un problème au sein de son caucus, «rien n’indique pour l’instant que ses adversaires disposent des voix nécessaires pour demander un vote de confiance».

«Voici mon analyse pour septembre: il revient avec un problème de confiance dont il souffre déjà. La question est désormais de savoir si ce problème de confiance va se cristalliser», a souligné M. Soudas.

L’ancien ministre conservateur James Moore, quant à lui, affirme que M. Poilievre a «le droit de diriger le parti», mais «cela s’accompagne de certaines réserves».

«Il doit maintenir la croissance du parti. Il doit conserver son avantage en matière de collecte de fonds. Il doit préserver un sentiment d’unité au sein du caucus et l’élaboration des politiques. Il doit maintenir un certain niveau de soutien dans l’opinion publique», a dit M. Moore.

Il ajoute que les conservateurs ont le temps pour eux.

«On peut comprendre que certaines personnes soient frustrées par la situation actuelle du parti», a précisé M. Moore. «Mais je pense que les membres du parti et du caucus devraient se détendre, reconnaître qu’il n’y aura pas d’élection au cours du prochain mois, ni au cours des trois prochains mois, ni probablement au cours des six, douze ou dix-huit prochains mois, et jouer la carte du long terme.»

Avec des informations de Jeremie Charron pour CTV News