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Québec déclenche une enquête administrative en lien avec la mort de Nooran Rezayi

«Je m’attends à ce que tout le monde collabore afin que nous puissions obtenir toutes les réponses aux questions qui demeurent», a signalé le ministre Lafrenière.

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Une enquête en lien avec la mort de Nooran Rezayi: analyses et réactions Le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a déclenché lundi une enquête administrative en lien avec l’intervention policière qui a mené à la mort du jeune Nooran Rezayi, en septembre 2025.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a déclenché lundi une enquête administrative en lien avec l’intervention policière qui a mené à la mort du jeune Nooran Rezayi, en septembre 2025.

M. Lafrenière avait déjà annoncé son intention de poser ce geste en mars dernier, à la suite d’une demande écrite formulée en décembre dernier par la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier.

Sur les ondes de Noovo Info lundi, le collaborateur aux affaires policières et criminelles, Yannick Dion, mentionne que la mairesse veut s’assurer de la transparence de son corps de police.

L’enquête «portera sur le processus d’avis au Bureau des enquêtes indépendantes par le Service de police de l’agglomération de Longueuil», a-t-il ajouté.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) avait rabroué le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) pour avoir attendu trop longtemps – 1 heure et 36 minutes – avant de l’informer du décès de l’adolescent aux mains de ses policiers.

Dans un échange de lettres entre le BEI et le SPAL dévoilé par la mairesse de Longueuil, la directrice du BEI, Brigitte Bishop, avait également fait part de son mécontentement par rapport au fait que, pendant ce laps de temps, les policiers avaient interrogé des témoins et tenté de recueillir des images vidéo.

Pour sa défense, la police de Longueuil a affirmé que le délai et les actions des agents étaient raisonnables et justifiés compte tenu des circonstances.

Mort de Nooran Rezayi: un manque de transparence dans l’enquête déploré par la famille La famille de l'adolescent est toujours à la recherche de réponses.

Michel Bouchard a été mandaté pour mener l’enquête administrative et il disposera d’un maximum de six mois.

«Je m’attends à ce que tout le monde collabore afin que nous puissions obtenir toutes les réponses aux questions qui demeurent», a signalé le ministre Lafrenière.

En réaction au déclenchement de l’enquête administrative, Mme Fournier a indiqué avoir eu la confirmation du ministre «que le mandat permettra de répondre à l’ensemble des enjeux soulevés dans ma demande d’enquête de décembre dernier, notamment en ce qui concerne le respect des obligations légales et réglementaires du SPAL, le rôle de l’état-major ainsi que les causes, les circonstances et les conséquences des manquements allégués».

«La confiance du public envers les institutions exige des réponses claires, complètes et transparentes, a soutenu Mme Fournier dans une déclaration écrite. (...) L’enquêteur désigné par le ministre pourra compter sur l’entière collaboration de l’administration de la Ville de Longueuil, incluant celle du SPAL.»

Le BEI avait tout de même mené une enquête et il a remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Une enquête criminelle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait également été ouverte.

Selon Québec solidaire, l’enquête administrative «arrive trop tard dans cette tragédie».

«Nous espérons que tous collaboreront. Par ailleurs, la famille et la communauté longueuilloise attendent toujours les conclusions du DPCP à la suite de la remise du rapport d’enquête du BEI. Justice doit être faite pour Nooran», a déclaré le responsable solidaire en matière de sécurité publique, Andrés Fontecilla.

Le 21 septembre dernier, Nooran Rezayi, âgé de 15 ans, a été tué par des policiers de Longueuil, qui sont intervenus après un appel au 911 concernant un groupe de jeunes supposément armés dans un quartier résidentiel. Le BEI a déjà indiqué que la seule arme à feu saisie sur les lieux appartenait au policier qui a tiré sur l’adolescent. La police a saisi un bâton de baseball, un sac à dos et des cagoules, mais aucune arme blanche.

Des jeunes et leurs mères ont intenté une poursuite totalisant environ 1,9 million $ contre la Ville de Longueuil et les agents de son service de police impliqués dans l’intervention.

L’avocate de la famille de Nooran Rezayi, Virginie Dufresne-Lemire, affirme que ses clients attendent le résultat de cette enquête.

«S’il y a des manquements et il semble en avoir, que fait-on?» s’est-elle questionnée.

M. Dion rappelle que les policiers ont été déployés sur les lieux en raison d’une arme à feu et que le mandat premier d’un policier est d’assuré la sécurité et de protéger la vie des citoyens.

«Tant qu’il y a une menace active, il faut continuer nos démarches pour ne pas qu’il y ait une menace évolutive.»

À voir dans la vidéo.