Aucun parti politique, outre la CAQ, n’est vraiment satisfait du budget déposé par le ministre des Finances, mercredi. À gauche, au centre ou à droite, le ministre Eric Girard laisse tout le monde sur sa faim.
«On nous a dit qu’on allait nous servir un budget sobre et somme toute plate... c’est ce qu’on a eu [...] C’est un budget qui manque de vision», a lancé d’emblée le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard.
Notons qu’il avait déclaré avant que le budget ne soit dévoilé qu’il s’attendait à une «huitième déception» pour le huitième budget du ministre Girard.
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a également qualifié le budget de «plate», mais aussi de «pauvre» et de «paresseux».
«Plusieurs se demandent si c’est un budget», a-t-il dit.
Pour Québec solidaire (QS), le budget de la CAQ est une «pancarte électorale».
«Ce n’est pas un budget responsable [...] C’est de l’électoralisme primaire. Ce budget ne répond pas aux besoins des Québécois», a lancé Ruba Gazhal, porte-parole de QS.
Mais au bout du compte, le Parti québécois (PQ) rappelle qu’il y a beaucoup de ce qui s’est dit mercredi qui risque de s’évaporer.
«Ce budget va s’autodétruire dans les prochaines semaines parce qu’il est incohérent avec tout ce qu’annoncent de manière quotidienne les candidats à la direction de la CAQ, Bernard Drainville et Christine Fréchette», mentionne Pascal Paradis, député du PQ.
Le député péquiste a également critiqué la gestion des finances de la CAQ au cours des dernières années en soulignant que le gouvernement de François Legault était arrivé au pouvoir en 2018 avec un surplus de 2,6 milliards de dollars «qui a été transformé en quelques années en déficit de 13,6 milliards en 2024 et 11,4 milliards en 2025».
«Malgré le fait qu’on entende le ministre des Finances nous dire que ce n’est pas de sa faute, que c’est l’état de la situation mondiale, le pétrole, les guerres ailleurs dans le monde, la pandémie, etc., la réalité c’est qu’il a pris des décisions au cours de ces années de pouvoir qui ont coûté très cher [...] comme d’envoyer des chèques électoralistes […] ou faire des cadeaux fiscaux aux plus nantis sans effet pour Monsieur et Madame-tout-le monde à la maison», a-t-il réagi.
«On est déçu»
Le budget 2026-2027 de Québec agace aussi les syndicats, les associations économiques et les groupes de réflexion, qui espéraient des mesures plus musclées.
«C’est catastrophique la réalité des familles au Québec actuellement. Donc il y a vraiment un message qui ne passe pas et le problème quand le message ne passe pas, c’est qu’il n’y a pas d’écoute. Il n’y a pas de mesures structurantes, donc on injecte de l’argent des contribuables, mais encore une fois on n’a pas d’échéancier», déplore Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
François Vincent, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, juge que le budget présenté par Eric Girard est «sombre et sans goût».
«On reste dans le pire environnement fiscal pour les petites entreprises au pays. Ça prenait un virage plus grand que ça et on est déçu», a-t-il dit.
Julie White, présidente-directrice générale des Manufacturiers et exportateurs du Québec, soutient aussi que le budget n’est positif que pour les entreprises qui vont «relativement bien», mais qu’aucune solution n’a été amenée pour les entreprises qui souffrent encore de l’imposition des tarifs douaniers de Donald Trump.
«Le gouvernement respecte son plan de retour à l’équilibre, mais pour se faire, nous engage dans une diminution assez drastique. Ça veut dire des coupes à gauche à droite. C’est peut-être pas ce qu’on va voir demain matin, mais c’est quelque chose qui peut avoir des conséquences très nocives pour la population», soutient Guillaume Hébert, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.


