Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon exhorte l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à livrer les conclusions de son enquête sur la chefferie libérale avant les prochaines élections en octobre.
«Je veux le résultat pour que l’exercice démocratique qui s’en vient soit éclairé et qu’on ne se retrouve pas aussi avec le problème de confiance qui a découlé d’enquêtes de l’UPAC qui finalement mène, on ne sait pas pourquoi, à pas grand-chose», a-t-il expliqué en point de presse mardi à l’Assemblée nationale.
«La Presse» rapportait mardi matin qu’après trois mois d’enquête, l’UPAC doute de l’authenticité des textos sur les «brownies». Ces messages ont contribué à une importante crise qui a secoué le Parti libéral du Québec (PLQ) et qui a ultimement mené à la démission du chef Pablo Rodriguez en décembre dernier.
Rappelons qu’en novembre, le «Journal de Montréal» a révélé des textos suggérant que des sommes d’argent – des «brownies» – auraient été versées pour inciter des membres à voter pour Pablo Rodriguez lors de la course à la chefferie. Les personnes à l’origine de ces textos ne sont pas nommées dans l’article.
À l’époque, le chef libéral avait remis en question la véracité de ces messages. Le PLQ avait aussi mis en demeure le «Journal de Montréal» pour qu’il révèle le nom des personnes impliquées et les numéros de téléphone associés aux textos. On voulait également que le média explique comment il a vérifié «l’authenticité et la véracité» de ces messages.
Toujours selon «La Presse», l’UPAC songe à demander l’identité de la source au «Journal de Montréal».
Sabotage?
Paul St-Pierre Plamondon s’est dit préoccupé par les fuites médiatiques.
«J’implore les acteurs et nos institutions à bien faire leur travail dans un environnement où on le sait, il peut y avoir des manœuvres pour tenter de saboter ces enquêtes-là. Je suis inquiet quand je vois du matériel couler dans les médias et je dis s’il vous plaît, faites bien votre travail et faites-le dans des délais où notre démocratie peut en tenir compte», a-t-il ajouté.
Le chef libéral, Charles Milliard, souhaite que la lumière soit faite «très rapidement» sur cette histoire.
«Je trouve ça un peu malaisant de précipiter ou de demander à des corps d’enquête de procéder pour que ça “fitte” avec mon agenda personnel», a-t-il affirmé.
Le chef parlementaire du PLQ, André Fortin, a affirmé qu’il fallait éviter de se «substituer aux enquêteurs de l’UPAC».
«Ils ont besoin de toute la latitude pour mener leurs enquêtes complètement indépendamment et sans aucune orientation politique», a-t-il dit.
Selon la cheffe parlementaire solidaire, Ruba Ghazal, il y a une «culture de corruption» au PLQ.
«Toutes ces enquêtes sur un seul parti politique, il faut que les Québécois sachent ce qui se passe», a-t-elle affirmé.
L’UPAC priorise l’enquête sur le PLQ
Interrogée par La Presse Canadienne, l’UPAC n’a pas confirmé les informations rapportées par «La Presse».
«Notre enquête concernant des allégations entourant le processus de la dernière course à la chefferie du Parti libéral du Québec est toujours en cours. Nous ne donnerons aucun détail sur celle-ci de façon à la protéger le plus possible», a expliqué le porte-parole Mathieu Galarneau par courriel.
«Concernant cette enquête, sachez que nous comprenons l’intérêt de la population pour ce dossier particulier, qu’il est priorisé par nos équipes d’enquête et que nous mettons les efforts nécessaires de façon à ce qu’il soit complété le plus rapidement possible», a-t-il ajouté.
Élections Québec a confirmé la semaine passée qu’elle enquête aussi sur la course à la chefferie de Pablo Rodriguez sans donner plus de détails.
Pour sa part, la Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale enquête sur la députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, et l’utilisation des ressources de son bureau de comté pour la course à la chefferie du PLQ.
Paul St-Pierre Plamondon demande aussi que ces deux enquêtes soient terminées d’ici octobre 2026.
