Dès le début de sa mission à Paris, la première ministre Christine Fréchette a baissé les attentes. Elle ne garantit pas d’accord d’ici la fin de son voyage et refuse de réitérer les objectifs de son prédécesseur, François Legault, de doubler, voire de tripler, les échanges commerciaux avec la France.
«Je ne garantis pas d’annonce, mais je garantis qu’on va avancer», a affirmé la première ministre en mêlée de presse dimanche à la place du Québec à Paris, sous une pluie diluvienne.
Comment évalue-t-elle alors le succès ou l’échec de sa mission? «C’est avec l’avancement d’un certain nombre de partenariats, de projets, qu’on va pouvoir voir ça. Est-ce que ça va se conclure dès ces trois prochains jours, ou ce sera ultérieurement ? Je ne saurais le dire. Mais ce que je peux vous dire, c’est que chaque rencontre que l’on tient avec des Français, en sol québécois ou en sol français, ça contribue à resserrer nos partenariats et nos projets», a-t-elle expliqué.
Le prédécesseur de Christine Fréchette, François Legault, disait vouloir doubler, voire tripler, les échanges entre le Québec et la France. La nouvelle première ministre est restée plus prudente.
«Je ne veux pas me fixer de cible chiffrée à courte échéance. On veut rehausser nos relations commerciales, rehausser nos exportations, rehausser nos investissements de part et d’autre et travailler ensemble», a-t-elle affirmé.
Les droits de douane américains continuent de faire mal à l’économie québécoise et canadienne. Dans ce contexte, le gouvernement du Québec souhaite que les entreprises diversifient leur marché. Christine Fréchette croit que ce message a été entendu.
«Parce que nos exportations hors États-Unis au cours des derniers mois ont augmenté de 10 %. Donc, la France fait partie de ces augmentations-là, mais ce n’est pas encore suffisant», a soutenu la première ministre.
Or, le Québec reste encore très dépendant du marché américain. En 2025, les exportations de marchandises du Québec vers les États-Unis ont atteint 84,8 milliards $ (69,8 %). Pour la France, elles se sont élevées à 2,2 milliards $ (1,8 %).
Christine Fréchette veut notamment aborder la question de la défense durant sa mission. Avec l’Europe qui compte investir 800 milliards d’euros pour se réarmer, le gouvernement souhaite que le Québec tire son épingle du jeu et obtienne sa part de contrats en matière de défense.
«Je pense que sur le secteur de la défense, on a vraiment des intérêts partagés parce qu’on est un acteur fiable, un acteur stable, qui a une expertise reconnue, et la France est à la recherche de ce type de relations», a soutenu la première ministre.
Il s’agit de la deuxième mission à l’étranger pour Christine Fréchette. Elle s’est rendue à Washington il y a quelques semaines.
La première ministre est à Paris jusqu’au 20 mai.

