Politique

À quoi s’attendre de la mission en France de Christine Fréchette?

Après Washington, la première ministre Christine Fréchette s’envolera pour Paris du 16 au 20 mai.

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La première ministre du Québec, Christine Frechette, sourit en se dirigeant vers son siège pour la séance de questions à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 12 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot La première ministre du Québec, Christine Frechette, sourit en se dirigeant vers son siège pour la séance de questions à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 12 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

La première ministre Christine Fréchette fait sa deuxième mission à l’étranger en France. À quoi faut-il s’attendre de ce genre de voyage ? Selon l’ex-ambassadeur du Canada en France, Stéphane Dion, elle doit être en mesure de faire des annonces concrètes qui bénéficieront au Québec.

«Donc c’est important que ça se soit bien préparé, qu’il y ait de belles annonces. Ce qu’on appelle dans le jargon “des livrables” sur le plan économique», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

L’ancien ministre fédéral souligne que ce genre de voyage a toujours un aspect politique, «surtout à la veille d’élections». Le prochain scrutin québécois aura lieu en octobre.

«On a travaillé très fort»

Après Washington, la première ministre Christine Fréchette s’envolera pour Paris du 16 au 20 mai. Même si elle vient juste d’être élue première ministre, Stéphane Dion croit qu’elle pourrait tout de même être en mesure de concrétiser des annonces préparées bien avant son arrivée.

«Tout ça a été bien travaillé dans les dernières années, tant à la délégation du Québec qu’à l’ambassade du Canada. On a beaucoup développé la possibilité d’obtenir des contrats, des investissements. On a travaillé très fort», a-t-il soutenu.

«Elle ne va pas partir de zéro. Tous les efforts qui ont été établis depuis des années et accélérés sous le premier ministre, Mark Carney, à mon avis, vont permettre à la première ministre de montrer que notre relation avec la France est sur la pente ascendante», ajoute l’ex-ambassadeur.

Selon lui, il y a un potentiel économique important pour le Québec qu’il faut développer, surtout en matière de défense. C’est d’ailleurs l’un des sujets que veut aborder la première ministre durant son voyage.

Avec l’Europe qui compte investir 800 milliards d’euros pour se réarmer, le gouvernement souhaite que le Québec tire son épingle du jeu et obtienne sa part de contrats en matière de défense.

«C’est essentiel de bien s’entendre avec les Français là-dessus, parce que la France est un exportateur d’armement», souligne Stéphane Dion.

Diversification des marchés

Le professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM Florian Mayneris souligne que, bien que la France soit un «partenaire très important pour le Québec», nous restons encore très dépendants des États-Unis économiquement.

En 2025, les exportations de marchandises du Québec vers les États-Unis ont atteint 84,8 milliards $ (69,8 %). Pour la France, elles se sont élevées à 2,2 milliards $ (1,8 %).

La mission à Paris de la première ministre survient d’ailleurs seulement quelques semaines après un voyage à Washington, où elle a notamment rencontré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, un membre influent du cabinet du président Donald Trump.

Rappelons que les droits de douane américains continuent de faire mal à l’économie québécoise et canadienne. Dans ce contexte, le gouvernement du Québec souhaite aider les entreprises à diversifier leur marché.

Florian Mayneris souligne qu’il n’est pas nécessairement simple pour des entreprises québécoises qui font affaire aux États-Unis de se réorienter vers d’autres marchés, comme l’Europe.

«Dans un certain nombre de secteurs, les ajustements pour pouvoir se repositionner sur le marché européen sont importants. Il y a quand même des différences en matière de goût des consommateurs. Du coup, il faut peut-être ajuster le design d’un certain nombre de produits. Il y a des normes qui peuvent être différentes aussi», explique le professeur en entrevue avec La Presse Canadienne.

Florian Mayneris croit que le secteur de l’aérospatiale peut être fertile. «Il y a une grappe d’entreprises qu’on essaye de booster ici au Québec. L’aérospatiale, c’est un secteur qui est important au sein de l’Union européenne avec Airbus, et en particulier en France», dit-il.

La professeur souligne que le secteur du tourisme ne doit pas être oublié. «En raison de la francophonie, les Français sont un public assez naturel pour le tourisme pour le Québec.»

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste