Ouverte à relancer l’industrie des gaz de schiste, la première ministre Christine Fréchette a indiqué vendredi qu’elle n’est pas encore prête toutefois à sortir le Québec d’une alliance environnementale internationale qu’il copréside.
Si le gouvernement caquiste autorise de nouveau des entreprises à forer et exploiter les gaz de schiste, il contreviendrait à titre de membre aux objectifs et à la mission de la Beyond Oil and Gas Alliance (BOGA), un regroupement d’États qui ont renoncé aux activités d’exploration en vue d’exploiter des gisements d’hydrocarbures.
Mme Fréchette avait annoncé durant la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) qu’elle réévaluait la possibilité d’exploiter les gaz de schiste, mais elle a assuré vendredi que le Québec n’en est pas encore à vouloir briser le pacte de la BOGA.
«On n’en est pas là encore», a-t-elle soutenu en mêlée de presse vendredi matin, en marge d’une activité bioalimentaire.
«J’ai annoncé une réflexion, une discussion, on n’est pas à la prise de décision et la mise en place de cette décision, on est bien avant ça.»
Elle devait passer la journée dans le Centre-du-Québec, une région agroalimentaire qui avait été au centre du débat et des activités des entreprises désireuses d’exploiter les gaz de schiste il y a 10 ans.
Mais la première ministre a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’aborder la question des gaz de schiste lors de cette visite.
«Ce n’est pas prévu», a-t-elle commenté.
Pas plus tard qu’en mars dernier, le Parti québécois a fait adopter par l’Assemblée nationale une motion contre l’exploitation des gaz de schiste, en pleine course à la direction de la CAQ, après la prise de position de Mme Fréchette. Même les élus caquistes qui appuyaient la candidature de celle qui allait devenir première ministre avaient voté en faveur.
Le débat sur les activités d’exploration, de fracturation hydraulique et l’exploitation des gaz de schiste avait donné lieu à de nombreuses mobilisations et manifestations dans la Vallée du Saint-Laurent, principalement en Montérégie et Centre-du-Québec, surtout au début de la décennie 2010.
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avait mené de nombreuses consultations.
La BOGA est une des seules organisations internationales que le Québec copréside, avec le Danemark d’ailleurs.
C’est le prédécesseur de Mme Fréchette, François Legault, qui avait annoncé avec fierté que le Québec se joignait à cette alliance, en novembre 2021, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Glasgow.
Le gouvernement avait ensuite adopté en 2022, avec l’appui des partis d’opposition, une loi mettant fin à la recherche d’hydrocarbures, à leur production et à l’exploitation de la saumure.
Il proposait aussi l’indemnisation à hauteur de 100 millions $ des entreprises qui avaient mené des activités de prospection. Mais les entreprises ont contesté en cour et réclament pas moins de 18 milliards $ en indemnisation.
Parmi les autres membres de la BOGA figurent la France, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, le Costa Rica, la Suède, le Groenland, le Pays de Galles, etc.

